A LES RIGIDITES DE LA POLITIQUE SALARIALE
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A.- LES RIGIDITÉS DE LA POLITIQUE SALARIALE Les coûts salariaux sont aujourd'hui un frein à la modernisation des grandes entreprises publiques. Par ailleurs, leurs directions n'ont pas toujours, dans la période récente, conduit en ce domaine une politique susceptible de permettre aux groupes de s'insérer dans des conditions satisfaisantes dans la compétition européenne. Un relatif handicap concurrentiel : les exemples de France Télécom et d'EDF - Ainsi, France Télécom a indéniablement été handicapée par la rigidité de sa masse salariale. Si le poids des charges de personnel rapporté au chiffre d'affaires a diminué de manière significative entre 1999 et 2001, passant de 27,13 % à 22,03 %, cela a tenu beaucoup plus à la très forte croissance de l'activité (de 38 % depuis 2000) qu'à une réelle maîtrise des effectifs. Les effectifs de la maison mère du groupe, France Télécom SA, ont certes diminué de 4 % par an depuis 1998, sous l'effet conjugué de départs en retraite très fortement encouragés avec le congé de fin de carrière 50 et de la maîtrise des recrutement. Mais dans le même temps, de nombreux groupes européens réduisaient massivement leurs effectifs, dans des proportions allant de 22 % pour KPN et British Telecom en 2000 et 2001 à plus d'un tiers d'ici 2005 pour Deutsche Telekom. Il est à craindre que le problème des sureffectifs ne se pose à l'avenir avec acuité. Il appartiendra dès lors à la nouvelle direction de saisir l'opportunité des nombreux départs à la retraite des prochaines années (120 000 d'ici 2015), et d'encourager, comme elle s'y est engagée, les transferts volontaires de fonctionnaires vers la fonction publique de l'Etat. - La situation d'EDF suscite la même inquiétude. Le tableau ci-après permet d'apprécier le poids relatif de ses charges de personnel par rapport à ses principaux concurrents. Il convient de remarquer que les coûts salariaux totaux englobent les traitements et les charges sociales, y compris le coût annuel du système de retraites. A cet égard, la part des charges de pensions dans ces coûts est beaucoup plus élevée pour EDF que pour ses homologues européens. Il faut en outre souligner que les activités des concurrents ne sont pas toujours limitées à l'électricité, laquelle est un secteur relativement peu intensif en main d' œuvre. COÛTS SALARIAUX COMPARÉS DES PRINCIPALES SOCIÉTÉS DU SECTEUR DE L'ÉLECTRICITÉ EN EUROPE EN 2001 (en pourcentage)
Les coûts salariaux d'EDF se situent dans le haut de la fourchette des sociétés européennes. Cette situation est évidente concernant le poids des charges salariales dans le chiffre d'affaires, supérieure à 20 %, contre environ 10 % pour les sociétés les plus performantes (Endesa, E.On et Electrabel). En outre, la différence est plus marquée, s'agissant du rapport des coûts salariaux aux résultats opérationnels (77 % pour EDF contre 50 % pour Enel et 32 % pour Endesa). Le poids élevé des charges sociales liées aux retraites est certes compensé par des salaires nets relativement maîtrisés, mais le groupe devra veiller à ce que les compensations salariales 51 ne ralentissent pas l'entreprise dans l'effort de productivité indispensable à sa survie dans un marché ouvert. · Une situation extrêmement préoccupante : La Poste La question des charges de personnel revêt une dimension extrêmement importante pour d'autres entreprises publiques appelées à brève échéance à s'insérer dans la concurrence. L'exemple de La Poste est à cet égard éloquent. Ses charges de personnel représentent 65 % de son chiffre d'affaires, contre des ratios de l'ordre de 35 % pour ses homologues, la poste néerlandaise TNT Post et la poste allemande Deutsche Post. Ainsi, les coûts salariaux grèvent 87,5 % de la valeur ajoutée de l'entreprise publique française. Ce handicap concurrentiel est la conséquence d'un manque manifeste de rigueur dans la politique salariale menée par La Poste dans la période récente. En effet, ses effectifs ont évolué sans qu'il soit réellement tenu compte des deux mutations majeures qui ont affecté le secteur postal dans son ensemble : l'apparition de gains de productivité potentiels extrêmement élevés, en particulier par l'automatisation des tâches de tri postal et du traitement des chèques postaux et le passage d'un statut d'administration publique gérant un monopole à celui d'une entreprise intégrée dans la compétition internationale. Tirant les conséquences de ces évolutions, l'ensemble des opérateurs postaux européens ont réduit leur masse salariale de 15 à 25 % (- 100 000 emplois dans l'Allemagne réunifiée, - 30 000 emplois en Italie, - 30 000 emplois au Royaume-Uni, - 6 000 emplois sur 32 000 en Autriche), alors que La Poste gardait des effectifs pratiquement stables, comme l'illustre le tableau ci-après. ÉVOLUTION
DES EFFECTIFS DE LA POSTE DEPUIS 1995
De surcroît, l'application de la réduction du temps de travail52, malgré les efforts de La Poste pour réaliser la réforme à effectifs constants53, a entraîné une création nette de 14 000 emplois (équivalents agents année). |
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