C LES EFFETS SUR LES ENTREPRISES PUBLIQUES
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LES EFFETS SUR LES ENTREPRISES PUBLIQUES Globalement, l'ouverture des
marchés n'a eu d'incidence négative ni sur l'emploi ni sur la qualité
des services. La Commission européenne estime ainsi que la libéralisation
des industries de réseaux a permis la création de près d'un million
d'emplois. Mais elle a incontestablement
mis les opérateurs historiques, qui exerçaient un monopole, dans une
situation beaucoup plus exigeante. En effet, leurs ressources étaient vouées
à se réduire en raison d'inéluctables pertes de marché, tandis que
leurs charges, qu'elles soient liées aux frais salariaux ou aux
obligations de service public, restaient au mieux stables, et plus souvent
croissantes. L'exemple de France Télécom
permet de cerner l'ampleur de ce choc concurrentiel. Ses pertes de parts
de marché ont été extrêmement rapides, dépassant notamment 1 %
par mois au premier semestre 2000 sur la téléphonie longue distance puis
2,3 % par mois au premier semestre 2002 sur la téléphonie locale. Les conséquences financières
ont été très lourdes. Entre 1997 et 2001, l'excédent brut
d'exploitation de l'activité traditionnelle a ainsi diminué de 7 à 5
milliards d'euros, la perte en termes de liquidités opérationnelles
annuelles représentant un montant de l'ordre de 3 milliards d'euros.
Certains opérateurs sont
d'autant plus durement exposés au choc de la concurrence qu'ils évoluent
dans un marché saturé. Ainsi, en raison de la décrue croissante de
l'intensité énergétique de la croissance, le taux annuel de progression
de la consommation d'électricité en France ne devrait pas dépasser 1 %
entre 1998 et 2010 et 0,1 à 1 % d'ici 2020, contre 8 %
entre 1973 et 1998. EDF devra par conséquent partager un marché
qui ne progresse pas. La situation de La Poste est beaucoup plus inquiétante
encore, l'activité courrier étant vouée à un ralentissement marqué
estimé à 5 % par le groupe d'ici 2007. Il faut noter que ses
concurrents, comme la poste néerlandaise TNT Group, anticipent pour
leur part une réduction de 20 % du marché dans les cinq
prochaines années ! M. Jean-Paul Bailly, président
de La Poste, le rappelait devant la commission 13 :
« La Poste va
connaître une ouverture à la concurrence sur un marché qui sera stable
ou en récession, ce qui pose la problématique de manière un peu différente.
Cette activité qui très probablement décroîtra dans les années à
venir sous le double effet de la substitution technologique et de
l'ouverture du marché sera à conduire sur un métier qui enregistre un
retard de compétitivité et de modernisation ». Les charges d'exploitation,
pour leur part, sont restées stables ou ont augmenté. D'une part, les charges de
personnels sont affectées d'une importante rigidité qui sera examinée
dans la seconde partie du présent rapport. D'autre part, le caractère
intensément capitalistique des activités ouvertes à la concurrence
impose un effort soutenu d'investissement qui ne peut être réduit sans
risquer de rendre obsolète des infrastructures indispensables à la prospérité
et à la sécurité du pays ou de compromettre la qualité du service
public. Ainsi France Télécom a-t-elle dû maintenir après l'ouverture
à la concurrence un niveau d'investissement sur les activités de téléphonie
fixe en France supérieur à 2 milliards d'euros, soit 40 % environ
des liquidités générées par ce segment. De même, EDF doit consentir
des investissements considérables pour maintenir la qualité de son
appareil industriel sur son activité principale (les dotations aux
amortissements représentent 27 % du chiffre d'affaires de l'activité
de production du groupe) en même temps qu'elle doit couvrir par des
provisions annuelles de l'ordre de 1,7 milliard d'euros les charges
futures de « déconstruction » des centrales nucléaires et de
fin de cycle des combustibles nucléaires. La pression liée aux pertes
de marchés a été en outre exacerbée par le mouvement de concentration
industrielle amorcé à l'échelle européenne, voire mondiale, qui a
contraint les entreprises publiques françaises à une extension de leur
champ d'action sous peine d'être marginalisées. Les industries électriques
européennes ont ainsi été le théâtre d'un mouvement de consolidation
qui s'est brutalement accéléré en 2000 et 2001 : les opérations
de fusions et acquisitions qui étaient d'un milliard d'euros entre 1995
et 1997, sont montées à 3,5 milliards d'euros en 1998 et 1999,
avant d'atteindre 15,6 milliards d'euros en 2000 puis 42,7 milliards d'euros
en 2001. Comme l'a rappelé M. François Roussely, président d'EDF 14,
« la constitution d'une Europe de l'énergie étant à l'
œuvre il était
essentiel qu'EDF, premier électricien mondial, y participe ».
Le défi était d'autant plus exigeant que les montants investis par ses
concurrents européens étaient extrêmement élevés. Par exemple, entre
2000 et 2002, E.On, RWE et Enel ont consacré à leurs acquisitions
respectivement 25, 22,5 et 11 milliards d'euros. De même, le secteur des télécommunications
a été en 1999 et 2000 la proie d'une concentration
extraordinairement dynamique, sur la base de valorisations prenant
rapidement la forme d'une véritable bulle spéculative. >>>>>II UN EFFORT D'AJUSTEMENT REEL MAIS INSUFFISANT
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