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 SOMMAIRE ] AVANT PROPOS ] [ INTRODUCTION ] PREMIERE PARTIE DU MONOPOLE A LA CONCURRENCE ] DEUXIEME PARTIE UNE GOUVERNANCE INADAPTEE ] TROISIEME PARTIE UN ETAT OMNIPRESENT MAIS SANS STRATEGIE ] QUATRIEME PARTIE DONNER AUX ENTREPRISES PUBLIQUES LES MOYENS DE LEUR MODERNISATION ] CONCLUSION PROPOSITIONS DE LA COMMISSION ] EXAMEN DU RAPPORT ] EXPLICATIONS DE VOTE ] NOTES ]

INTRODUCTION

Le 29 janvier dernier, l'Assemblée nationale décidait la création d'une commission d'enquête sur la gestion des entreprises publiques afin d'améliorer le système de prise de décision.

Cette initiative motivée par une dégradation financière sans précédent de certaines grandes entreprises publiques, faisait suite au dépôt, le 18 décembre 2002, d'une proposition de résolution de MM. Jacques Barrot, Patrick Ollier et Pierre Méhaignerie.

La commission a eu pour objectif essentiel d'évaluer précisément la situation financière des entreprises publiques, d'analyser les causes des difficultés actuelles et de proposer les voies d'une nouvelle gouvernance. Elle a veillé à ne pas porter tort aux entreprises concernées, dont certaines sont cotées. Mais elle s'est fait un devoir d'identifier les erreurs de gestion qui ont pu être commises.

La commission a tenu 27 auditions, toutes ouvertes à la presse. Elle a focalisé son attention sur les entreprises dont la situation a connu la dégradation la plus forte, en l'occurrence France Télécom et, à un moindre degré, EDF. Elle a ainsi été conduite à entendre leurs Présidents actuels et passés ainsi que tous les acteurs des décisions qu'elles avaient été amenées à prendre : membres des conseils d'administration et des divers comités spécialisés, directeurs financiers ou responsables de filiales opérant à l'étranger, commissaires du gouvernement, représentants de la direction du Trésor.

Les auditions du ministre des finances ainsi que de deux de ses prédécesseurs et des présidents d'autres entreprises publiques (SNCF, France Télévisions, La Poste), d'experts, du commissaire européen chargé de la concurrence lui ont permis de compléter sa réflexion sur les deux axes de la gouvernance des entreprises publiques : leur fonctionnement interne et les relations qu'elles entretiennent avec l'Etat.

Il est ainsi apparu que le modèle français des entreprises publiques hérité de la guerre et de la Libération ne répondait plus aux nouvelles exigences internationales et européennes. L'ouverture à la concurrence n'est pas seulement une exigence de la construction européenne, elle est surtout une condition de la modernisation et donc de la pérennité du secteur public. Longtemps protégées par le monopole, les entreprises publiques françaises doivent s'engager à rechercher tous les moyens de la compétitivité et à se lancer à la conquête de marchés extérieurs pour compenser leurs inévitables pertes de marché à l'intérieur de l'Hexagone.

Pendant quelques années, les politiques d'acquisitions de France Télécom et d'EDF ont été menées sans que les moyens humains, techniques, financiers aient été adaptés en conséquence, sans que des règles de prise de décision aient été précisées, sans que les contre-pouvoirs ou les contrôles internes aient pu s'exercer. Même si l'éclatement de la bulle Internet et le retournement voire l'effondrement de la conjoncture dans certains pays notamment ceux d'Amérique du Sud expliquent pour partie les difficultés rencontrées par ces entreprises, les résultats désastreux de plusieurs opérations s'expliquent aussi par les carences et les dérives de leur management.

Il est également indéniable que le contrôle de l'Etat - la tutelle comme on l'appelle encore aujourd'hui - n'échappe pas aux maux qui affectent si souvent l'action publique : il est lourd, déresponsabilisant et souvent inefficace. Instauré dans les années 1950 et depuis constamment enrichi sans jamais être remis en question, il s'est révélé largement inadapté à la nouvelle dimension internationale des entreprises publiques.

Cette situation conduit inéluctablement à s'interroger sur l'avenir du « périmètre public ». Sans vouloir trancher cette question, votre Rapporteur ne peut que rappeler certains faits incontournables.

Pour les entreprises publiques comme pour toutes les entreprises, le marché intérieur est désormais le marché européen. La présence sur le marché européen, la pénétration des marchés mondiaux exigent des financements qui excèdent la capacité des Etats. La construction d'une stratégie internationale, qui conditionne l'avenir des entreprises publiques françaises, implique un effort de transparence dans la gestion et de modernisation dans la gouvernance.

La forme juridique des entreprises ne peut donc qu'évoluer. Cette évolution est par ailleurs la clé de l'accès aux financements privés ainsi qu'aux marchés extérieurs.

Le contrôle de l'Etat doit lui aussi être profondément transformé parce qu'il handicape les entreprises, qu'il s'agisse des processus très lourds et enchevêtrés des autorisations et approbations ou des aléas budgétaires qui affectent les dividendes qu'elles versent ou les subventions et dotations qu'elles peuvent recevoir.

L'existence des missions de service public, dont personne ne conteste la nécessité et la légitimité, ne saurait dispenser les entreprises publiques d'un indispensable « aggiornamento ». Ces missions devront être clairement identifiées et financièrement compensées. Certaines d'entre elles peuvent d'ores et déjà être exercées par des entreprises privées, dans le cadre de concessions ou d'affermages. D'autres le seront demain dans le cadre de l'ouverture à la concurrence. Tout se conjugue donc, même dans ce domaine, pour exiger un effort croissant de productivité.

Pour le reste, tout ce qui contribue à faire des entreprises publiques des entreprises comme les autres - statut, gouvernance, relations avec l'Etat - permet de répondre aux critiques qui ne peuvent qu'aller croissant, dans un marché ouvert, sur les « avantages indus » réservés au secteur public par l'Etat. Faire des entreprises publiques des entreprises comme les autres, c'est aussi leur donner les moyens de la compétitivité et donc de la pérennité. C'est enfin donner une perspective à un secteur qui jouera demain comme hier un rôle majeur au service de l'économie française et de la cohésion nationale.

Votre Rapporteur tient à rendre hommage tant aux directions des entreprises qu'au ministère des finances, qui ont répondu avec diligence et précision à ses demandes d'explications et lui ont fourni tous les documents de nature à éclairer sa réflexion et nourrir les propositions de la commission.

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Le rapport expose tout d'abord le nouveau contexte international et communautaire auquel les entreprises publiques françaises ont dû et doivent encore s'adapter. (Première partie)

Il analyse leurs difficultés financières dues en grande partie à une croissance externe mal maîtrisée par le management interne. (Deuxième partie)

Il présente les relations que l'Etat entretient avec elles, en décrivant notamment les obstacles que constituent, pour la compétitivité des entreprises, certains des contrôles actuels. (Troisième partie)

Enfin, il définit les moyens susceptibles d'améliorer à l'avenir la gouvernance et la performance des entreprises publiques. (Quatrième partie)

>>>>PREMIERE PARTIE DU MONOPOLE A LA CONCURRENCE

 

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