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LA PARTICIPATION DE L'ETAT AU PLAN DE SAUVETAGE D'ALSTOM ET LE DROIT EUROPEEN

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La participation de l'Etat et le droit européen

La participation de l'état au plan de sauvetage est primordiale dans le plan :

les banques apportent 625 millions d'euros de concours bancaires tandis que l'Etat apporte pour 2,475 milliards de cautions nouvelles et souscrit pour 300 millions d'euros d'actions ainsi que 200 millions d'euros de prêts subordonnés.

Le Gouvernement a  indiqué avoir jugé nécessaire de faciliter le processus de négociation de cet accord de financement, et de prévoir une participation de l’Etat à sa réalisation "compte tenu de la place d’Alstom dans l’économie, des enjeux industriels et sociaux pour l’entreprise, ses clients et ses sous-traitants, et des savoirs faire technologiques uniques développés par Alstom en France comme dans de nombreux pays européens". Il avait  annoncé que  la participation de l’Etat à cet accord de financement fera très rapidement l’objet d’une notification à la Commission Européenne dans le cadre des lignes directrices sur les aides à la restructuration.

En commentant cet accord, Francis Mer a notamment déclaré : « Ce n’est ni une nationalisation de pertes, ni de l’interventionnisme industriel. C’est avant tout le grand succès d’une négociation impliquant des efforts très importants d’Alstom et de tous ses créanciers, pour permettre à cette grande entreprise de repartir sur des bases saines. L’Etat a facilité ce résultat historique en réunissant l’entreprise et plus de 30 banques de tous pays sous son égide, et l’accompagnera en faisant un geste financier pour aider à la restructuration de l’entreprise».

Le PdG d'Alstom  Patrick Kron avait  déclaré au Monde que " l'Etat siégera naturellement au conseil d'administration, avec un ou deux représentants. Il a indiqué qu'il était là pour accompagner le redressement d' Asltom et qu'il ne franchirait en aucun cas la minorité de blocage. Il sortira lorsque le rétablissement du groupe sera constaté", 

 

"Nous n'avons pas de raisons de penser que l'intervention de l'Etat est en contradiction avec quelque règle européenne que ce soit et nous pensons que cet accompagnement d'une restructuration industrielle crédible, sur une durée, est compatible avec les règles européennes", avait dit le président Patrick Kron au cours d'une conférence de presse.

"Nous présentons un plan de restructuration industrielle viable et les conditions dans lesquelles nous mettrons en oeuvre celui-ci ne conduisent pas à des distorsions de concurrence, il vise à mettre Alstom dans un position de maintien durable de sa compétitivité",

La Commission européenne avait rapidement exprimé ses doutes quant au fait que des investisseurs privés pourraient souscrire "dans des conditions normales de marché" à des mesures identiques de soutien

"Nous exigeons de la compagnie qu'elle réduise sa présence sur le marché et restreigne au strict minimum l'élément d'aide d'Etat", avait  rappelé  Tilman Lueder, porte-parole du commissaire européen à la concurrence Mario Monti. Outre d'"importantes" cessions d'actifs, une entreprise comme Alstom doit aussi "contribuer elle-même aux efforts de restructuration", a-t-il ajouté. Selon le droit européen, le plan soumis à Bruxelles devra, pour franchir l'obstacle, viser à assurer la viabilité du groupe à long terme "dans un délai raisonnable".

La participation de l'état est présentée par les banques comme la pierre angulaire de la construction financière du plan de sauvetage. De façon symétrique elle est présentée par la Commission européenne comme la pierre d'achoppement potentiel du plan

La Commission avait estimé que le plan comportait des mesures « irréversibles » qu'elle ne pouvait avaliser sans une enquête « formelle » et avait invité Bercy à revoir sa copie avec la menace d'une « injonction » qui lui interdirait de libérer les aides prévues. « La seule issue » pour venir rapidement au secours d'Alstom est de recourir à des mesures « transitoires » comme un prêt à court terme, plutôt qu'aux mesures « permanentes » prévues par le plan français, comme une augmentation de capital et un prêt à long terme, avait expliqué M. Tilman Lueder, porte-parole de la Commission. 

Du côté français on soulignait que l’Allemagne a aidé  son groupe de travaux publics Holzmann. 

Le 17 septembre 2003 l a Commission européenne a ouvert  une enquête approfondie sur le  paquet d'aides du  gouvernement français au  groupe Alstom. La Commission européenne a constaté " que les conditions sont remplies pour adopter une injonction de suspension visant la mise en exécution et ou le paiement d'une participation de l'Etat aux fonds propres d'Alstom ainsi qu'un prêt subordonné" . La Commission a  déclaré cependant vouloir continuer ces discussions avec la France et ainsi donner une dernière chance au dialogue avant de délivrer cette injonction.  La Commission a habilité le Commissaire Monti, en accord avec le Président de la Commission Européenne, à adopter et mettre en exécution l'injonction de suspension au plus tard le 22 septembre 2003, sauf si les autorités françaises s'engagent publiquement à ne pas mettre en exécution des mesures qui impliqueront automatiquement et de manière irréversible une participation de l'Etat aux fonds propres du groupe Alstom sans approbation préalable de la Commission selon les règles en matière d'aides d'Etat.

En parallèle à l'ouverture de la procédure formelle d'examen, la Commission  a indiqué examiner les mesures alternatives que la France serait susceptible de proposer pour éviter la décision d'enjoindre la France de suspendre une participation aux fonds propres du groupe Alstom via suscription de capital, des obligations remboursables en actions (ORAs) ou via d'autres moyens structurels et inconditionnels - et de mettre en exécution un prêt subordonné à ce groupe.  Le collège a habilite M Monti, en accord avec le Président, à adopter une injonction de suspension, sauf si les autorités françaises s'engagent publiquement à ne pas mettre en exécution des mesures qui impliqueront automatiquement et de manière irréversible une participation de l'Etat aux fonds propres du groupe Alstom sans approbation préalable de la Commission selon les règles en matière d'aides d'Etat.

Le Commissaire Monti a déclaré  rester  confiant qu'on arrivera à une solution qui puisse assurer l'intégrité du marché unique sans distorsions de la concurrence condition nécessaire pour une industrie européenne saine et pour un emploi durable.

L'enquête sur les mesures d'aides d'Etat

L'enquête de la Commission porte sur les mesures suivantes:

-  la facilité de trésorerre de 300 millions d'euros que ll'Etat a mis à la disposition d'Alstom 
-  la  contre garantie de 65% sur la ligne syndiquée de cautions de 3,5 milliards d'euros que l''Etat a mis à la disposition d'Alstom 
L'enquête portera aussi sur l'engagement de l'Etat :

- à souscrire de manière irréversible soit la moitié d'une augmentation de capital à hauteur de 600 millions d'euros soit le même montant via des ORAst

- à financer jusqu'à 300 millions d'euros de prêts subordonnés à durée déterminée.

En cas du maintien du calendrier prévu, la Commission  a estimé qu'elle n'aurait  pas le temps nécessaire pour présenter ses observations sur ces mesures projetées. Ainsi, si nécessaire, la Commission  a déclaré qu'elle s'assurerait du respect du droit communautaire et garantirait l'efficacité de son enquête en suspendant l'exécution des deux dernières mesures mentionnées.

A ce stade, la participation de l'Etat est évaluée à 3,175 milliards d'euros, sur un paquet d'un montant total de 7,1 milliards financés par ailleurs pour la différence par des banques privées.


Cinq scénarios  sont évoqués 

  1. un compromis sur les modalités techniques de la prise de participation de l'Etat,
  2. l'abandon par les banques de la participation de l'état au plan. Dans ce cas il est allégué que les banques prendraient un risque de soutien abusif
  3. un chevalier blanc industriel : le nom d'Areva avait été évoqué, et récusé pour cause de privatisation à venir, celui de Siemens aussi et récusé pour cause de droit de la concurrence mais on peut imaginer que l'exception dite de "l'entreprise défaillante" soit utilisée, comme pour Moulinex/SEB, afin de justifier la concentration entre les deux entreprises
  4. la nationalisation d'Alstom, qui ne parait pas de nature à résoudre fondamentalement les problèmes de droit européen
  5. le dépôt de bilan

Les banques convoquées aujourd'hui à 18heures pour un nouveau plan

Communiqué du Ministère de l'Economie et des Finances sur la Participation de l'Etat à l'accord de financement conclu par le Groupe Alstom avec l'ensemble de ses banques

 

 

Lignes directrices communautaires pour les aides d'état au sauvetage et à la restructuration d'entreprises en difficultés

 

L'intervention de l'Etat et les aides publiques

Site de la Commission Européenne sur les aides d'état

Jurisprudence sur les aides d'état

Décisions de la Commission en matière d'aides accordées par les états

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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