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LES SOLUTIONS A LA CRISE

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Depuis 30 ans l’économie se dope, ce qui a permis aux économies occidentales mais aussi aux économies des pays émergents, d’afficher des performances artificielles.  Depuis trente ans, on berce d'illusions les salariés, les épargnants , les investisseurs et de façon générale les citoyens à grand coup de dopants. La crise est un très dur retour à la réalité .

La crise ayant tari la fourniture de dopants, les gouvernements recherchent des produits de substitution à ce dopage, sous forme de financements publics présentés en plans de sauvetage.

Ces solutions ne peuvent être que très limitées. Le financement par le marché a été développé parce que les finances publiques ne pouvaient financer les attentes des citoyens (accession sociale, équipements collectifs, infrastructures, etc.)  . Les finances publiques des pays occidentaux peuvent encore moins le faire maintenant. Il est évident que les pays occidentaux, et au premier plan les Etats-Unis, comptent sur l’achat de titres publics par les banques centrales des pays émergents et par les pays pétroliers. La confiance dans la signature même du Trésor américain ne résisterait pas à des emprunts massifs.

 Les propositions de solution à la crise ne peuvent, sous peine de verser dans les travers dénoncés, être plus agréables que ceux d'une crise de désintoxication. Les actions du gouvernement ne peuvent qu'être limités, et l'on voit les problèmes posés aux finances publiques par les plans de relance mis en place. Par ailleurs ces plans de relance peuvent avoir un effet sur l'emploi à un niveau micro-économique, ils ne vont pas résoudre les problèmes des victimes de la crise.  Les emplois potentiellement créés ne résoudront pas la détresse de ceux qui auront perdu le leur. L'augmentation des budgets pour l'enseignement et en particulier l'université et la recherche, qui remédient à un état alarmant en France, est indispensable, les dispositions du plan doivent être significativement augmentées, mais il ne faut pas leurrer les gens en prétendant que ceci résoudra les détresses des titulaires emplois qui seront perdus.


En ce qui concerne les "conquêtes sociales", ce que l'on appelle aussi les "acquis sociaux", la question posée est : conquête sur qui ? sur des entreprises qui disparaissent, soit par faillite, soit par délocalisation, soit par fusion transnationale ...et disparition une fois que la part de marché a été transférée. La crise démontre que la "conquête" est une victoire qui peut être Pyrrhique. La notion d'"acquis social" est un emprunt paradoxal et illusoire du droit du travail au droit de la propriété. Que vaut "l'acquis social " d'un travailleur qui devient chomeur, et à plus forte raison d'un demandeur d'emploi qui est toujours à la recherche de son premier emploi ?

Les solutions à la crise ne peuvent venir que d’une modification de société. Il faut renoncer au dogme que le progrès technique est un  générateur continue  de progrès économique.  Il faut reconnaître que de même que beaucoup  de ressources naturelles sont en voie d’épuisement , les ressources financières ont été  dissipées.

Il faut renoncer à l’idée que les techniques financières  peuvent satisfaire des impératifs contradictoires, comme des produits à haut rendement sans risques, l’innovation financière étant censée être la pierre philosophale qui permet de transformer des créances pourries en actifs AAA.

 

 

Il faut reconnaître que la mondialisation se situe aussi au niveau de l’offre de travail, avec  l’existence  en particulier dans les pays émergents d’une main d’œuvre à faible coût et avec d’énormes réserves de personnel qualifié , et le développement d’un capitalisme de production.

 

 

Dans la crise des subprimes les banquiers ont cédé à ce que l’on a qualifié d’avidité, mais il faut reconnaître que ce fut un moyen aux Etats-Unis d’accession sociale, en particulier pour les minorités. Les rêves de propriété des défavorisés , comme les rêves des entreprises  de profit grâce aux délocalisations , étaient alimentés par les rêves de commissions des banquiers.

 

 

Il faut accepter l’idée de réindustrialiser  les pays occidentaux, ce qui implique une certaine renonciation à des « conquêtes sociales »  face au cout du travail dans les pays émergents.

 

 

Cette réindustrialisation ne peut être que limitée, car certaines industries ne peuvent être recréées face à la puissance de l’industrie dans les pays asiatiques. Elle exige par ailleurs un retour à la recherche de qualité et une dose de solidarité nationale.

 

 

Il faut accepter l’idée que comme pour les ressources physiques, les générations actuelles ne peut s’approprier les ressources financières.

 

 

Il faut dans les pays occidentaux les valeurs non monétisées , retrouver le goût des produits du territoire,  du naturel et de l’artisanal  plutôt que de l’industriel, la sélection  du produit durable et de qualité plutôt que du consommable, des plaisirs que la nature dans un pays comme la France offre encore de façon gratuite.

 

 

Il faut par ailleurs adopter une législation faisant retrouver des principes au-delà des règles.

 

 

Il convient d’abord de rétablir par voie législative ce qui était un principe jurisprudentiel fondamental du  droit français  et interdire la fraude à la loi.

 

 

Diverses modifications législatives doivent par ailleurs être adoptées. Les dispositions les plus urgentes sont les suivantes

 

 

Assimilation de l’exigence d’une « valeur actionnariale »  et du détournement d’actif à  l’abus de biens sociaux pour les actionnaires et à la faute de gestion pour les dirigeants

Création d’une action de groupe dans tous les domaines, consommation , concurrence, droit économique et financier

Reconnaissance de l’intérêt à agir concernant les abus de biens sociaux et les fautes de gestion aux salariés et, pour les banques, aux client

Reconnaissance de l’intérêt à agir concernant les délits d’initiés aux épargnants

Obligation de sécurité en matière de produits financiers

Non déductibilité des pertes résultant d’opérations de dérivés spéculatives

Qualification des opérations sur produits dérivés spéculatives ayant causé des pertes comme fautes de gestion

Qualification comme faute civile et éventuellement pénale engageant la responsabilité des participants  pour les actions conjointes dans les opérations financières (banques conseils, auditeurs, analystes financiers, agences de notation financière, cabinet d’avocats conseils)

Responsabilité civile et éventuellement pénale pour les rédacteurs de documents (prospectus, notes d’informations, etc. )  en matière financière dérogeant notablement à  la présentation qui est faite dans la communication à l’occasion de l’opération financière

Responsabilité civile et pénale des agences de notation financière en cas de notations induisant en erreur le public.

 

 

 

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