La titrisation et la crise financière
La titrisation est au coeur de la crise
financière.
Le mécanisme de la titrisation est
associée dès le départ à l'endettement excessif et aux prêts "pourris". Il
fut un moyen de defeasance permettant de sortir du bilan des banques
américaines les créances non performantes sur les PVD résultant des prêts
faits sur la base en particulier des petrodollars.
Le mécanisme de titrisation est destiné à
transférer au marché des risques que les banques ne veulent pas ou ne
veulent plus conserver. Les créances , transformées en actif financiers,
sont souvent reconditionnées par des mécanismes de rehaussement de crédit.
Ces mécanismes de rehaussement de crédit sont souvent fondées sur les
garanties données par des établissements qualifiés d'assurance monoligne.
L'investisseur a pour fonder son
appréciation du risque les notes émises par les agences de notation
financière. Les assureurs monolignes ont en fait "loué" leur AAA dans
les financements de collectivités locales et se sont diversifiés dans les
produits structurés.
Aux Etats Unis la politique laxiste de
prêt aux particuliers, que ce soit dans le crédit immobilier ou dans le
crédit à la consommation, s'est fondée sur l'utilisation des techniques de
titrisation . En ce qui concerne le crédit immobilier les créances
hypothécaires étaient vendus sur la base des garanties que constituaient le
bien immobilier . . Les taux initiaux étaient faibles, la documentation
requise faible sinon inexistante, l'apport personnel réduit sinon nul. La
logique était de refinancements successifs.
Le postulat était que le marché immobilier
ne pouvait que monter La crise immobilière de 1990 avait démenti
le postulat similaire qui avait été fait concernant l'immobilier de bureaux
mais comme la crise n'avait pas vraiment affecté l'immobilier de logement il
est clair que la leçon n'avait pas été tirée. La leçon de la crise des
Savings & Loans a de même ignorée, puisque d'ailleurs les autorités
américaines étaient venues à la rescousse. La politique laxiste de crédit
a été fortement encouragée par les autorités américaines, en particulier par
la politique de refinancement de Freddie Mac et de Fannie Mae, car elle
mettait le financement de ce que l'on peut qualifier de "logement social" à
la charge des marchés. Par ailleurs elle créait un effet de richesse qui ,
dans une économie dépendant à 75% de la consommation, a été le moteur de
l'expansion américaine au début du XXIème siècle. Enfin il est clair qu'elle
était à la base de l'énorme profitabilité des banques américaines, qui ont
représenté en 2007 40% des profits du secteur privé alors qu'elle ne
représente que 15% de la valeur ajoutée et 5% des salaires.