J.O n° 281 du 5 décembre 2006 page 18283
texte n° 44
Décrets, arrêtés, circulaires
Textes généraux
Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur
et de la recherche
Enseignement supérieur et recherche
Circulaire du 4 décembre 2006 concernant la
réglementation relative à la lutte contre le tabagisme
NOR: MENS0603026C
Paris, le 4 décembre 2006.
La ministre de la défense, le ministre de l'emploi, de la
cohésion sociale et du logement, le ministre de l'économie, des
finances et de l'industrie, le ministre de l'éducation
nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, le
garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre des
transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, le
ministre de la santé et des solidarités, le ministre de
l'agriculture et de la pêche, le ministre de la culture et de la
communication, le ministre de la jeunesse, des sports et de la
vie associative, le ministre délégué à l'enseignement supérieur
et à la recherche à Mesdames et Messieurs les présidents et les
directeurs des établissements d'enseignement supérieur1. Champ
d'application
Afin de répondre à la nécessité de respecter l'enjeu de santé
publique visant à protéger la santé des non-fumeurs et des
fumeurs, le décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006, fixant les
conditions d'application de l'interdiction de fumer dans les
lieux affectés à un usage collectif, a renforcé les limitations
à la consommation de tabac dans les lieux publics et collectifs
prévues par le code de la santé publique. Dans ce contexte, il
est apparu indispensable que l'ensemble des établissements
d'enseignement soient soumis à la même réglementation.
Depuis la loi dite Evin du 10 janvier 1991 et le décret
d'application du 29 mai 1992 (1), il est interdit de fumer «
dans tous les lieux fermés et couverts affectés à un usage
collectif ou qui constituent des lieux de travail » sauf dans
les emplacements réservés expressément aux fumeurs.
Les locaux de votre établissement entrent dans le champ
d'application de ces dispositions qui concernent les personnels
comme les étudiants.
Le décret du 15 novembre 2006 précité modifie le code de la
santé publique et renforce cette interdiction.
Aussi, à compter du 1er février 2007, l'interdiction de fumer
concerne tous les lieux fermés et couverts de votre
établissement.
Il n'est plus possible de prévoir un emplacement réservé aux
fumeurs à l'intérieur des locaux de l'établissement mais il
n'est pas interdit de fumer dans les espaces découverts.
En effet, l'article R. 3511-2 précise que des emplacements mis à
la disposition des fumeurs dans les lieux précités « ne peuvent
être aménagés au sein des établissements d'enseignement publics
et privés, des centres de formation des apprentis, des
établissements destinés à ou régulièrement utilisés pour
l'accueil, la formation, l'hébergement ou la pratique sportive
des mineurs et des établissements de santé ».
2. Signalisation
Conformément aux dispositions de l'article R. 3511-6 du code
précité, il vous appartient de rappeler le principe de
l'interdiction de fumer par une signalétique apparente, à
l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement, précisant que
les locaux de l'établissement sont entièrement non-fumeurs.
Une signalétique, fixée par arrêté du ministre de la santé, sera
téléchargeable à compter du 15 décembre 2006 sur le site
www.tabac.gouv.fr.
Il vous appartiendra de veiller à la mise en oeuvre de cette
nouvelle réglementation et d'en assurer l'information la plus
large, pour une bonne compréhension de cette mesure, auprès des
personnels et étudiants de votre établissement.
3. Mesures pour l'information et l'accompagnement
L'application de ces dispositions dans les établissements
d'enseignement supérieur revêt une importance particulière
lorsque l'on sait que 65 % des étudiants ont commencé à fumer
entre 14 et 18 ans et que la moitié d'entre eux deviennent des
fumeurs réguliers au cours de leurs études supérieures. Ces
dispositions visent à inciter les étudiants fumeurs à réduire
leur consommation de tabac, voire à l'arrêter. Elle a également
pour objectif de protéger les non-fumeurs du tabagisme passif.
Certains établissements comme les universités, grâce à leur
service de médecine préventive et de promotion de la santé,
jouent déjà un rôle actif dans cette lutte contre le tabagisme
par la mise en oeuvre d'actions qui peuvent être généralisées à
tous les établissements.
Ainsi, il apparaît que les campagnes d'information et de
communication ont un impact certain dans la compréhension des
mesures de lutte et donc dans la perception du risque tabagique.
Vous êtes invités à les conduire en liaison avec les
représentants des mutuelles et des associations étudiantes qui
peuvent relayer plus facilement un discours de prévention auprès
du public jeune.
L'efficacité de ces campagnes, compte tenu de la mobilité des
étudiants, nécessite qu'elles soient ciblées, bien visibles et
qu'elles aient une périodicité régulière (au moins une fois par
an). Elles doivent être organisées sur l'ensemble des
différentes implantations de l'établissement.
Le site web et le journal de l'établissement sont également de
bons vecteurs de ces informations.
Compte tenu du puissant potentiel addictif du tabac, il est
également recommandé de mener des actions d'accompagnement au
sevrage pour les étudiants qui le souhaitent. Ainsi, les
services de médecine préventive ou leur équivalent peuvent
proposer des consultations d'aide à l'arrêt du tabac et une
prise en charge diététique et psychologique. Les personnels
médicaux peuvent recevoir une formation à cet effet. Il est
également envisageable de conclure des conventions avec des
institutions médicales locales pour permettre l'accès à un suivi
adapté et personnalisé.
La réussite de ce grand enjeu de santé publique dans
l'enseignement supérieur nécessite que l'ensemble des acteurs
s'implique dans sa mise en oeuvre.
Le ministre délégué
à l'enseignement supérieur
et à la recherche,
François Goulard
La ministre de la défense,
Michèle Alliot-Marie
Le ministre de l'emploi,
de la cohésion sociale et du logement,
Jean-Louis Borloo
Le ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie,
Thierry Breton
Le ministre de l'éducation nationale,
de l'enseignement supérieur
et de la recherche,
Gilles de Robien
Le garde des sceaux, ministre de la justice,
Pascal Clément
Le ministre des transports, de l'équipement,
du tourisme et de la mer,
Dominique Perben
Le ministre de la santé et des solidarités,
Xavier Bertrand
Le ministre de l'agriculture et de la pêche,
Dominique Bussereau
Le ministre de la culture
et de la communication,
Renaud Donnedieu de Vabres
Le ministre de la jeunesse, des sports
et de la vie associative,
Jean-François Lamour
(1) La loi et le décret ont depuis été codifiés dans le code de
la santé publique (articles L. 3511-7 et R. 3511-1 et suivants).
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