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LES GRANDES COMPAGNIES ET LE DEVELOPPEMENT DES SOCIETES PAR ACTIONS
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La société anonyme est apparue à la suite des Grandes Découvertes.  Les entreprises maritimes ont donné lieu a la création d’associations en commandite.  L’exploitation commerciale des routes maritimes ouvertes par les grands navigateurs de la fin du XVème et du XVI ème siècles a donné naissance à une création de la pratique, les grandes compagnies.  Il s’agit de compagnies à charte, privilégiées.  Ce sont des édits royaux qui leur donnent naissance. Les grandes compagnies créées pour le commerce colonial se sont vues conférer un privilège exceptionnel qui correspond aux risques exceptionnels. Ce privilège est la disposition qui figurera dans leur statut  que ceux auxquels est confiée la gestion ne soient pas responsables sur leurs biens personnels des engagements pris par la société.  Les premières à bénéficier de ce privilège sont la Compagnie des Indes orientales et la Compagnie des Indes occidentales en 1664. Cette disposition avait été jugée nécessaire pour trouver des personnes prêtes à assumer la direction d’entreprises aussi hasardeuses en courant des risques « sur leurs personnes et sur leurs biens ». L’ordonnance de 1673 , dans son article 8 du titre IV, avait consacré  le principe selon lequel le commanditaire n’était responsable que dans les limites de son apport. Ce principe dérivait probablement d’une assimilation entre le commanditaire et le prêteur, le prêteur participant aux aléas de l’entreprise. Le système permettait à des personnes que leur état éloignait du négoce de faire fructifier leurs capitaux sans acquérir pour autant la qualité de commerçant. Le commerce pouvait ainsi bénéficier de ces capitaux d’un commanditaire qui restait « anonyme ».   La création des  grandes  compagnies se sont créées comme premières sociétés par actions  au moment où le système était déjà bien établi .  Le développement des sociétés par actions est parti des commandites.  Le pouvoir va limiter les risques de l’actionnaire au montant de son apport, qu’il aura déjà bien du mal à lui faire fournir. Les actionnaires,  n’auraient pas accepté de courir de courir des risques que ne supporteraient pas les administrateurs-directeurs des affaires que l’on met très clairement à l’abri des poursuites des créanciers . La règle est d’ailleurs indispensable au marché des actions qui s’est presque immédiatement instauré.

Le développement des sociétés de capitaux  se fait avec une intervention marquée de la puissance publique. Cette intervention de la puissance publique n’est pas propre à la France. La  fondation de la Compagnie hollandaise des Indes orientales en 1602 a joué un rôle déterminant dans l’histoire des sociétés par actions. C’est la puissance publique qui avait pris les choses en main puisque la Compagnie était étroitement contrôlée par les Etats généraux et par les filles commerçantes, surtout Amsterdam, qui se partagent la nomination des directeurs.  En France l’absolutisme monarchique sera à l’origine de l’intervention de l’Etat pour le développement des sociétés de capitaux.  Dans le courant de pensée mercantiliste, le roi intervient dans la fondation des sociétés en leur accordant une aide financière sous forme de prise de prise de participation ou d’avances. Le roi leur accorde des privilèges : monopole d’exploitation, droits régaliens, etc. L’édit royal sert de charte de fondation et fixe les statuts de la société en même temps qu’il lui accorde des privilèges.

L’intervention publique s’accompagne du développement du contrôle. En Angleterres les sociétés par actions s’étaient multipliées à la fin du XVIIème, avec en conséquence une spéculation effrénée. A la suite du scandale de la Compagnie des Mers du Sud, avec la bulle des mers du Sud entre 1711 et 1720 qui a éclaté causant une crise boursière  qui constitue un des premiers krachs de l’histoire le gouvernement britannique, par ailleurs fortement compromis dans l’affaire, prit le bubble act de 1720 (act passed in 1719 and intended « for restraining several extravagant and unwarrantable practices therein mentioned  »). Les sociétés par actions furent interdites sauf autorisations exceptionnelles par charte : ce seront les charted ou incorporated compagnies.

Les excès de la spéculation qui toucha la France à la suite de l’expérience de Law amena un sévère réglementation de la bourse des valeurs, par arrêt du Conseil du 24 septembre 1724. Le contrôle de l’Etat sur les sociétés par actions se traduisit en France essentiellement par celui du marché des actions, car les sociétés de capitaux se réduisaient  alors essentiellement aux grandes compagnies.  Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle  se sont développées des sociétés fondées par des particuliers, sans l’aide et donc sans contrôle du pouvoir monarchique. La spéculation s’est ainsi réveillée, alimentée par la réapparition dans les années 1780 des actions au porteur et par le développement de quelques grosses sociétés.  Ceci posa le problème du contrôle des sociétés, d’autant plus que le pouvoir s’est inquiété des dangers politiques de la puissance financière de certaines sociétés, comme la Caisse d’Escompte. (qui avait lancé une politique d’emprunts publics à l’époque ou l’armée et l’industrie se modernisaient). Les actions de la Caisse d’Escompte, cotées en bourse, avaient chuté en novembre 1783 de 5000 à 3000 livres, laissant supposer que la banqueroute étaient imminente.  La Caisse d’Escompte fut accusée d’avoir soutenu le gouvernement monarchique.

La Convention (décrets des 24 août 1793 et 26-29 germinal an UU supprima les sociétés par actions,   ce qui  visait la Caisse d’Escompte et la Compagnie d’Assurance sur la vie, mais affectait en particulier les compagnies minières. Les sociétés par actions  sont rétablies par la loi du 30 brumaire an IV.

 

 



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