INFRACTIONS
CONTRE LES BIENS
DEFINITION DU CHANTAGE
Le chantage est une forme
d'extorsion. Le chantage consiste dans le
fait d’extorquer de l’argent à une personne, par la menace de révéler un
fait réel ou imaginaire entachant son honorabilité. Pour toute autre menace,
on parle simplement d'un délit d'extorsion.
Le chantage est défini par
l'article 312-10 du Code Pénal comme le fait d'obtenir, en menaçant de
révéler ou d'imputer des faits de nature à porter atteinte à l'honneur ou à
la considération, soit une signature, un engagement ou une renonciation,
soit la révélation d'un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d'un
bien quelconque.
Dans le chantage comme dans
l'extorsion la remise est contrainte. La
différence avec l'extorsion tient au moyen utilisé ; dans l'extorsion, la
pression exercées consiste en une violence ou menace de violence, alors que
dans le chantage elle consiste dans une menace de révéler certains faits.
L'infraction met en jeu
trois intérêts qui sont protégés par la loi pénale :
- la liberté (qui est mise
en cause par la menace),
- l'honneur et la
réputation ( avec la menace de révélation d'un acte infamant, vrai ou faux)
et
- la propriété (par
l'exigence d'une somme d'argent).
Il s'agit d'un délit
composé, qui est un délit formel constitué par le simple fait de la
menace, indépendamment du point de savoir si le dommage patrimonial s'est ou
non produit.
Le délit prévu par l'article 400, alinéa 2, du
Code pénal résulte de la menace, écrite ou verbale, faite de mauvaise
foi, de révélations ou d'imputations diffamatoires, pour extorquer ou
tenter d'extorquer soit la remise de fonds ou valeurs, soit la signature
ou la remise d'écrit, d'acte, de titre, de pièce quelconque contenant ou
opérant obligation, disposition ou décharge. Tel est la cas de la menace
de révéler une infraction fiscale laquelle est étrangère à un litige
entre particuliers Cass. crim.
13 mars 1990
CONDITIONS DU CHANTAGE
Le moyen
la menace
Le menace peut être écrite
ou verbale. Elle doit être certaine. Elle peut être adressée à la victime ou
à un tiers.
une révélation ou une
imputation
Le chantage porte sur des
faits non connus (ou peu connus ou oubliés Cass. crim. 8 février
1994). La révélation peut consister à confirmer un fait peu connu ou douteux
(Cass. crim. 25 janvier 1968). L'existence de la révélation doit exercer une
pression (Cass. 22 avril 1975). Il importe peu que les faits soient exacts
ou non .
un fait de nature à
porter atteinte à l'honneur ou à la considération
Les imputations doivent
mettre en cause l'honneur ou la considération de la personne menacée.
Le but poursuivi
Le but est l'obtention
d'une signature, un engagement ou une renonciation, soit la révélation d'un
secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d'un bien quelconque.
L'intention
chantage et intention
L'intention est la volonté
ou la conscience d'utiliser des menaces illégitimes pour obtenir une remise
indue (Cass. crim. 25 octobre 1973)
menace de plainte et
chantge
La menace de recourir aux
voies légales pour obtenir le paiement d'une dette ne constitue pas un
chantage (Cass. crim. 12 mars 1985, 13 mars 1990) . C'est l'abus qui est une
infraction. Cet abus est constitué lorsque la créance n'existe pas, n'existe
plus ou est disproportionnée par rapport à ce qui est demandé ou lorsque les
faits dont la révélation est menacée sont étrangers à la créance.
PEINES
Le chantage est puni
de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende.
Circonstances aggravantes
Lorsque l'auteur du
chantage a mis sa menace à exécution, la peine est portée à sept ans
d'emprisonnement et à 100000 euros d'amende.
Tentative
La tentative de chantage
est punie des mêmes peines que le chantage
Chantage ne donnant pas
lieu à poursuite
Les dispositions de l'article 311-12
sont applicables au chantage