CONTRAT ET FACTEUR TEMPS
Les contrats cadres
L'organisation de relations d'affaires se
déroulant dans le temps se fait par des contrats qui en droit
français sont qualifiés de contrat-cadre. Le contrat cadre organise la succession des
engagements.
Les contrats à
tendance institutionnelle
La technique
contractuelle permet de créer des relations à longue durée qui sont à
mi-chemin entre le contrat classique et l'institution.
Cette tendance
institutionnelle se situe dans le cadre de relations contractuelles
multiples , dont l'exemple type est le contrat individuel de travail
mais
aussi les contrats syndiqués en matière de financement (euro-crédits)
ou les contrats de coopération (joint ventures).
La dimension apportée par la durée
et faisant intervenir le facteur temps se heurte à une application
dogmatique de la force obligatoire des contrats en droit français.
Toujours marquée par une vision moraliste de la parole donnée se
traduisant par une interprétation de la force obligatoire du contrat
comme le rendant intangible, le droit des contrats privés ne s'est
pas adapté à l'évolution du contrat, dans son aspect contrat
d'organisation. La sécurité juridique des relations économiques est
mal assurée par le refus de reconnaitre la nécessité d'une
adaptation en fonction de l'évolution économique. La pratique, avec
les clauses de changements de circonstances et de hardship,
démontre que la continuité et la stabilité de la relation économique
, comme la continuité des contrats de service public, requiert une
conception dynamique de la force obligatoire du contrat.
La bonne foi dans l'exécution du
contrat offre une technique d'adaptation mais l'évolution
restrictive de la jurisprudence ne semble pas aller dans le sens
d'un élargissement nécessaire de l'application de la bonne foi
Contrat et imprévisibilité
L'imprévisibilité dans le
cadre de la force majeure peut être une cause
d'exonération
Dans le cadre de la réparation
du préjudice elle peut être une cause de limitation de la
responsabilité;