L'analyse classique des effets
du contrat est encore profondément marquée par une conception du
contrat qui reflète la nature des processus contractuels dans
laquelle se situait les rédacteurs du Code civil.
Le contrat est encore
considéré comme un lien entre deux parties dont la volonté s'est
rencontrée librement sur un contenu contractuel bien défini, et
qui est transcrit intégralement et fidèlement transcrit dans un
document signé par les parties qui reflète une volonté libre et
éclairée.
Il ya un un clivage net entre
les parties d'une part et les tiers d'autre part. Le contrat
fait la loi entre les parties et n'a pas d'effet à l'égard des
tiers . La stipulation pour autrui étend quelque peu ces effets.
Le contrat a profondément
évolué avec un cercle contractuel qui s'élargit et dont les
limites se diffusent, une volonté qui est limitée et un contenu
contractuel qui devient de plus en plus imprécis et contestable.
Les contrats à plusieurs
parties se sont développés. Les relations contractuelles à
plusieurs parties se sont par ailleurs multipliées, avec des
groupes de contrats, des chaines de contrats et des faisceaux de
contrats. Des ensembles contractuels se forment formant des
ensembles économiquement intégrés à des degrés divers.
La volonté dans la plupart des
contrats de la vie courante des consommateurs mais aussi des
entreprises est limitée, se réduit en fait à la volonté
d'obtenir une prestation alors que les documents prétendument
contractuels se multiplient sans que le consentement du
cocontractant puisse être considéré comme libre alors que ceux
qui éclairent et déterminent son consentement sont souvent au
contraire qualifiés de non contractuels.