L’usage des
mathématiques en finance qui s’est développé
dans les années 1960-1970 a donné une apparence de rigueur scientifique à
l'évaluation des produits dérivés et à la prétention d'une maitrise des
risques par les produits dérivés, comme de leur utilisation.
Cette utilisation des mathématiques s’est très
largement amplifiée dans les années 80-90 en étant accompagnée par ailleurs
de l’usage de l’informatique avec un développement de logiciels. Les
banques ont fortement recruté dans les universités , avec par ailleurs un
afflux de mathématiciens et d'informaticiens de l'ancien bloc venus de
l'ancien bloc soviétique après la chute du Mur de Berlin.
La théorie financière récente concernant en
particulier les produits dérivés s’est développée sur la base d’une
imprévisibilité des cours boursiers et d’une mesure des risques fondée sur
les historiques. L’incertitude des marchés est analysée comme résultant de
phénomènes purement aléatoires.
L’évaluation des produits dérivés a été faite avec des formules
mathématiques fondée sur le traitement des dérivés comme des actifs
redondants.
Merton
(1973) puis Black et Scholes (1973) ont mis en équation la valorisation des
contrats d’option .
Les formules de Merton-Black-Scholes sont
présentées comme permettant une « juste» évaluation des prix,
indépendamment des préférences, ou des anticipations des agents.
Le prix est déterminé sans connaître les
paramètres de la fonction d’utilité de l’investisseur. L’idée
est que l’on peut déterminer de manière univoque et précise le prix des
actifs et que les outils mathématiques permettent une parfaite gestion des
risques.
L'évaluation des risques est basée sur la
performance passée de l'émetteur, alors même que les normes comptables et
d'information financière passent d'une vision historique à un calcul
d'anticipation.
Se considérant science exacte l’économie quantitative veut
ignorer les aspects comportementaux comme les risques opérationnels. L’évaluation
des produits dérivés est considérée comme une discipline purement
mathématique. Les mathématiques financières veulent ignorer la finance
comportementale, les analyses sociologiques ou psychologiques et la
neuroéconomie.