TITRISATION
La logique de
la titrisation de crédit
La
logique de la titrisation de crédit est de créer un pool d'actifs
"granulaires", avec comme hypothèse une évolution individualisée
de chaque actif, sans corrélation.
Cette
agrégation des actifs se fait par le biais d'un véhicule
spécifique ou "conduit".
Le
risque concernant ces actifs est éventuellement structuré,
avec des tranches
Le
niveau de risque des titres, éventuellement avec une
individualisation pour chaque tranche, est censé être défini,
avec éventuellement l'utilisation de techniques de rehaussement
de crédit.
Le
risque est ensuite disséminé par le biais de la vente des titres
sur les marchés.
La
titrisation permet aux originateurs des économies en capital en
transférant tous les risques aux investisseurs.
L'originateur
du crédit, qui est soit une banque d'investissement soit, dans
le cas des crédits immobiliers américains un établissement
non régulé (dans 50% des cas) est rémunéré par des commissions
d'origination.
Le
monteur de l'émission des titres est lui aussi rémunéré par des
commission.
Traitement comptable
Les
risques associés à la
dette qui est transférée sur les produits de titrisation
disparaissent des comptes de celui qui a consentit le crédit sans qu'en général
ils apparaissent ailleurs. La titrisation a pour but
d'alléger le risque de crédit en faisant sortir les créances titrisées
de l'actif et d'améliorer les ratios de solvabilité. Le financement
n'est pas inscrit au passif, ce qui améliore le ratio dettes/fonds
propres
Pour la
déconsolidation des créances il faut qu'il y ai perte de contrôle
ou cession parfaite des actifs et pas de possibilité de rachat.
Les risques n'apparaissent pas
dans les comptes du monteur de l'opération. La non-consolidation
du véhicule de titrisation requiert que le véhicule soit une entité
parfaitement distincte avec une activité statutairement dédiée à la
titrisation.
Les
investisseurs sont généralement des entités qui ne sont soumis à
aucune obligation comptable et d'information financière.
En
tout état de cause la comptabilité est inadaptée à l'information
sur les risques. L'information sur les risques de
l'investisseur est censée être assurée par la notation. Compte
tenu en particulier de la notation des titres, le risque ne se
traduit qu'indirectement par la décote éventuel des titres
Effet de levier
Les
investisseurs dans les produits de titrisation le font avec un
apport très réduit de capital, et financent l'acquisition des
titres par endettement de façon à utiliser l'effet de levier
pour augmenter la rentabilité. Des effets de levier de 30 ont
couramment été utilisés.
Par
le biais des prêts accordés aux investisseurs les banques ont en
fait repris le risque qu'ils avaient voulu et prétendu éliminer
de leur bilan. La notation est censée assurer la limitation des
risques au niveau des exigences prudentielles.
L'originateur
du crédit n'en supportant pas les risques, et étant rémunéré à
la commission, il est évident que l'incitation est à la quantité
plus qu'à la qualité.
La
philosophie de l'investisseur est une philosophie de pari en
fonction du niveau de risque que le produit financier présente,
compte tenu de sa notation.
Notation des titres
L'agence de notation donne des notations en ayant participé à
l'élaboration du titre, ce qui la met en position de conflits
d'intérêts.
Le
rôle des
agences de notation dans la titrisation est fondamental,
elles sont une partie essentielle du processus avec les
rehausseurs de crédit.
Il
convient de souligner que la titrisation est par définition, et
depuis l'origine, associée à des risques que les banques
ne voulaient pas conserver dans leur bilan. Elle est née comme
technique de defeasance. L'utilisation des techniques de
titrisation est structurellement destinée à permettre l'octroi
de crédit à des entreprises ou des particuliers qui dans les
conditions standards de credit rating de la banque ne répondrait
pas aux exigences ou à sortir du bilan des crédits qui ne
répondent plus à ces exigences.
Marché des titres
La titrisation est censée conférer à des prêts à long
terme le caractère de produits financiers à court terme, par le
biais des cessions de titres sur le marché.
Elle
aboutit donc à transformer des créances à long terme en produits
financiers à court terme, cette transformation analogue à
l'intermédiation étant faite par des établissements qui ne sont
en aucune manière régulés comme les banques