lexinter.net  

LES DANGERS DE LA TITRISATION

VIE PRATIQUE ET DROIT      ENTREPRISE ET DROIT       TRAVAIL ET DROIT        

RECHERCHE JURIDIQUE   DICTIONNAIRE JURIDIQUE

 

---

 


 

DROIT AERIEN

DROIT ALIMENTAIRE

DROIT CIVIL

DROIT CONSTITUTIONNEL

DROIT D'AUTEUR

DROIT DE L A CONCURRENCE

DROIT DE LA CONSOMMATION

DROIT DE LA CONSTRUCTION

DROIT DE LA DISTRIBUTION

DROIT DE LA FAMILLE

DROIT DE LA PRESSE

DROIT DE LA PUBLICITE

DROIT DE LA REGULATION

DROIT DE LA RESPONSABILITE

DROIT DE LA SANTE

DROIT DE L'AUDIOVISUEL

DROIT DE L'INFORMATIQUE

DROIT DE L'INTERNET

DROIT DE LA PROPRIETE

DROIT DES CONTRATS

DROIT DES ENTREPRISES

DROIT DES MARCHES

DROIT DES MARCHES FINANCIERS

DROIT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES

DROIT DES OBLIGATIONS

DROIT DES SOCIETES

DROIT DES TRANSPORTS

DROIT DU COMMERCE

DROIT DU CREDIT

DROIT DU MARCHE DE L'ART

DROIT DU MARCHE BOURSIER

DROIT DU MARCHE IMMOBILIER

DROIT DU SPORT

DROIT DU TOURISME

DROIT DU TRAVAIL

DROIT ECONOMIQUE

DROIT EUROPEEN

DROIT FISCAL

DROIT IMMOBILIER

DROIT INTERNATIONAL PRIVE

DROIT JUDICIAIRE PRIVE

DROIT PENAL

DROIT PUBLIC

DROIT SOCIAL

 

TITRISATION    TITRISATION ET RISQUE DE CREDIT

 

Les dangers de la titrisation

La titrisation est le vecteur de marchéisation des crédits qui est censée améliorer l'efficicience du système financier par la dissémination du risque.

Le transfert et la dissémination des risques

La titrisation en sortant des actifs à risque du bilan a pour objet de leur permettre de transférer le risque de crédit aux marchés. L'opérateur bancaire ou financier qui cède les risques n'a pas ainsi besoin de constituer des fonds propres en fonction du volume des crédits ainsi accordés. Les exigences prudentielles qui sont destinées à créer un mécanisme stabilisateur de l'expansion du crédit ne s'appliquent pas aux acheteurs des titres, et elles n'ont plus lieu de s'appliquer aux opérateurs régulés dès lors qu'ils ont cédé les crédits.

La titrisation permet donc une stratégie de contournement des exigences prudentielles. Elle s'inscrit dans le cadre de la désintermédiation et de la marchéisation depuis le début des années soixante dix et plus encore des années quatre-vingt.

La dissémination du risque ne s'accompagne pas d'une traçabilité de ce risque. Par le financement des fonds d'investissement et des entreprises qui achètent les titres, les banques retrouvent le risque, mais démultiplié et de façon opaque. Les investisseurs tels que les hedge funds qui s'endettent avec un très fort effet de levier et un capital faible ne prennent pas véritablement le risque, puisque c'est la banque qui a financé l'acquisition des titres qui va en fait supporter l'essentiel du risque.

La séparation origination des crédits - risque de crédit

La titrisation fait passer d'un modèle qualifé de originate to hold à un modèle originate to distribute.

L'originateur des crédits, qui en sera le cédant, fait l'analyse des risques et éventuellement leur suivi mais il ne supporte pas ces risques. Par ailleurs ces risques sont ensuite restructurés de façon à fournir des produits à haut rendement. Non seulement l'originateur n'est pas incité à la prudence, mais tant pour la génération des commissions que dans le cadre de crédits à haut rendement et donc à risque élevés, il est incité à fabriquer des produits reposant sur des crédits de plus en plus risqués.  L'activité de structuration de crédit, de fabrication de CDOs ne peut se développer qu'en augmentant l'octroi des crédits, et donc en réduisant les exigences à l'égard des emprunteurs pour augmenter le volume de titrisation.

Les opérateurs qui suivent dans la chaine de titrisation, les agences de notation et les rehausseurs de crédit, se faisant fort de  confirmer la transformation  des crédits risqués, mais donc à haut rendement, en produits répondant à ce que l'on appelle l'aversion au risque, la concurrence et l'idée suivant laquelle il faut répondre à l'attente de rentabilité des détenteurs de liquidité ne pouvait que conduire à la politique de crédit laxiste qui a été celle non seulement concernant le marché hypothécaire mais aussi le marché des encours de cartes de crédit, les obligations des entreprises et des collectivités locales, etc.

Compte tenu de l'abondance des liquidités, il y a par ailleurs une pression à l'augmentation de la production des instruments financiers qui passe nécessairement par l'abaissement des exigences de crédit à l'égard des emprunteurs. Les institutions financières sont incitées à augmenter au maximum l'offre de crédit.

Il est clair que plus l'ingénierie financière est censée transformer des actifs sous-jacents subprime en titres AAA, plus elle est rémunératrice. L'alchimiste ne cherche pas à améliorer le titrage de l'or, il prétend transformer le métal vil en or.

Par ailleurs les banques ont agi contrairement à la philosophie même de la titrisation en prêtant pour l'acquisition des titres, et ce avec des effets de leviers considérable

Les banques ont été victimes de l'illusion transformée en croyance dogmatique de l'efficacité du mécanisme de transfert des risques. Les banques n'ont pas véritablement amélioré la gestion de leurs bilans. Les règles prudentielles et comptables ne sont pas optimisées elles sont contournées.

Le risque de liquidité

Le mécanisme de la titrisation repose sur la garantie que les actifs détenus par le véhicule sont censés conférer aux porteurs des titres émis par ce véhicule. La prime de risque est fonction de la qualité des actifs, et non la qualité intrinsèque de l'entreprise cédante. Une entreprise en mauvaise santé financière, un particulier à faibles revenus, peut par la titrisation se faire financer.

La protection des investisseurs est limitée à la sûreté que constituent les actifs sous-jacents. La probabilité  significative que l'emprunteur soit défaillant est à la base des vertus attribuées à la titrisation.  La titrisation favorise une stratégie de recherche du rendement, ce qui veut dire d'octroi de prêt à des emprunteurs présentant des risques de plus en plus fragiles.

La philosophie même de la titrisation est l'octroi de crédits à des emprunteurs fragiles, à faible qualité de crédit . La liquidité dépend donc principalement de la possibilité de céder sur les marchés les titres émis.

Le piège de liquidité en cas de retournement du marché est donc inhérent à la titrisation. La liquidité des actifs résultant de la titrisation passe par les marchés de capitaux, et dépend de la capacité et de la volonté des investisseurs sur ces marchés d'intervenir pour fournir de la liquidité au moment où le besoin s'en fait sentir.

L'intermédiation de marché par le bais de la titrisation rend les banques dépendantes d'une source de liquidités sur laquelle elles ne peuvent agir et qu'elles ne peuvent contrôler. C'est pour cela que les banques centrales ont été obligées de fournir des liquidités considérables aux banques, face au risque systémique ainsi créé.

 

 

 


RECHERCHE 

[Accueil]
[AFFACTURAGE]
[CONVENTION DE CREDIT]
[DROIT BANCAIRE]
[EFFETS DE COMMERCE]
[CREDIT DOCUMENTAIRE]
[GARANTIES DU CREDIT]
[CREDIT ET RESPONSABILITE]
[FINANCEMENTS D'ACTIFS]
[TITRISATION]
[FINANCEMENT DES ENTREPRISES]
[FINANCEMENT DES COLLECTIVITES LOCALES]
[CREDIT INTERENTREPRISES]
[DROIT DE L'INGENIERIE FINANCIERE]
[CREDIT INTERENTRPERISE]
[OPERATION DE CREDIT]

<       >

[FONDS COMMUNS DE CREANCES]
[TITRISATION ET RISQUE DE CREDIT]
[LA LOGIQUE DE LA TITRISATION]
[LES MECANISMES DE LA TITRISATION]
[SECURITIZATION]
[LES PRODUITS DE TITRISATION]
[TITRISATION ET IMMOBILIER AMERICAIN]
[LES DANGERS DE LA TITRISATION]
[SPECIAL INVESTMENT VEHICLES]
[LES ACTEURS DE LA TITRISATION]