La définition de
"subprime"
Les
crédits
dits Subprime
sont des crédits accordés à des emprunteurs présentant un risque de
défaillance supérieur au risque normal , celui qui correspond au "prime
rate" et à la notation comme investment grade.
Il n'y
a pas de définition précise d'un emprunteur subprime mais on considère
généralement qu'il s'agit d'emprunteurs qui présentent un risque trop
élevé dans le système de score de crédit FICO (un
score de crédit entre 500 et 620 , les scores allant de 300 à 850,
723 étant le score moyen, le score median étant de 678). Un prime borrower , tel que celui ci est défini par Fannie Mae, a
un bon score de crédit, ne supporte pas des charges de
crédit supérieures à 75% et ne finançe pas plus de 90% de la
valeur de son bien immobilier.
Ces
crédits subprime sont principalement des crédits
hypothécaires, mais aussi des crédits par cartes ou des crédits pour
l'achat d'automobiles. Les crédits hypothécaires sont des crédits à taux
variables.
Le développement des subprime
Le marché immobilier
américain se situant en période de boom immobilier, les
établissements de crédit ont
accordé des prêts sur la base de la valeur des actifs immobiliers
hypothéqués à des emprunteurs dont les revenus étaient faibles par
rapport aux échéances des prêts, d'autant plus qu'en raison du risque de
crédit élevé les taux d'intérêt étaient très élevés (jusqu'à dix ou
douze pour cents en taux variable).
L'octroi de crédit à ces emprunteurs
subprime est encouragé par
les autorités américaines. Le Community Reinvestment Act de
1977 , dont la mise en oeuvre est suivie par la
FFIEC fait obligation aux
établissements de crédit dépositaires de prêter à des personnes à
revenus modestes ayant des scores de crédit insuffisants. Il s'agit de
satisfaire les demandes de crédit dans les zones à revenus modérés ou
faibles. Certains établissements de crédit se sont spécialisés dans les
prêts subprime. La réglementation financière était laxiste parce
que la politique laxiste de crédit immobilier permettait en fait aux
autorités américaines de ne pas mettre en place un financement public de
l'accession sociale à la propriété. Entre 1994 et 2003 neuf millions
d'américains sont devenus propriétaires de leur résidence principale, et
la moitié d'entre eux sont issus des minorités ethniques.
La politique laxiste de
crédit a pendant un temps amplifié la hausse des prix de l'immobilier.
Elle a nourri l'optimisme des ménages et ainsi alimenté la consommation.
et alimenté ainsi l'emploi, donnant l'impression d'un dynamisme de
l'économie. Elle a dérapé avec la création de la bulle immobilière qui
entrainait une disparition des normes caractérisée par le slogan d'une
grande banque américaine qui faisait la promotion de ses prêts avec le
slogan "qualifié dès la naissance" ("qualified at birth") , ce qui
traduisait par ailleurs la politique de prêt "no doc".
C'était les prêts aux NINJA (no jobs, no income)
La baisse des taux
d'intérêt sur les emprunts d'Etat entrainait une baisse des taux
hypothécaires : les taux proposés aux ménages américains ont diminué
de 9,4% à 6,7% en moyenne entre 2001 et 2006, alors que les taux des
prêts hypothécaires sont restés stables lorsque les taux d'intérêt
sur les emprunts d'état ont augmenté en 2005 et 2006 . La politique
monétaire n'avait donc pas d'effet stabilisateur, elle ne servait
que d'accélérateur.
Le
développement des subprimes s'est amplifié de façon considérable
avec le
développement du marché des titres des crédits subprimes.
L'assouplissement des critères d'attribution est lié à l'essor de la
titrisation. La hausse des prix des
logements garantissait l'endettement de l'emprunteur, la hausse du
prix venant d'un financement de plus en plus aisé, avec un prix qui
validait un crédit...fondé sur ce prix.
Il
convient de souligner que le moteur de l'économie en particulier aux
Etats Unis est la consommation, et celle-ci a été particulièrement
favorisée par le développement des subprimes. Ces dernières
années 1.500 milliards de dollars avaient été empruntés sur la valeur
des logements déjà acquis, et la majeure partie avait été dépensée dans
les produits de consommation. En créant un boom
immobilier la politique de prêt, a créé un
effet de richesse qui a été le moteur de la consommation aux Etats
Unis depuis 2000.
Les analyses des économistes indiquent qu'à un dollars d'augmentation de
l'effet de richesse correspond une augmentation de la consommation de
cinq dollars, démontrant l'effet multiplicateur considérable.
La
politique laxiste de crédit permettait par ailleurs aux entreprises de
réduire les demandes d'augmentations salariales, ce qui par ailleurs
permettait d'éviter des tensions inflationnistes.
Le marché des subprime
Les prêts
subprime ont
été utilisés pour créer des produits financiers dans le cadre des
montages dits adossés à des actifs (
asset backed securities ). Ces montages transfèrent le risque
et donnent lieu à des mortgage backed securities (MBS) et
des collateralized debt obligations
(CDO)
Compte tenu de la garantie
qu'étaient supposés fournir les actifs immobiliers, ces produits étaient
présentés comme offrant à la fois des taux élevés de rentabilité et un
niveau de risque faible. Ils ont été offerts à des détenteurs de
liquidités.
A
partir de 2001 le marché des subprime a changé de dimension et de
nature. Entre
2001 et 2006 le marché subprime est passé de 94 à 685 Milliards $.
Les emprunteurs subprime qui ne représentaient que 9% des
emprunteurs immobiliers en 2000 est passé à 20% en 2006.
Les
caractéristiques des prêts ont par ailleurs énormément évolué, avec une
très forte augmentation des emprunts à taux variables (qui passent de 1%
à 13%), alors que les emprunts à taux fixes tombent de 41% à 26%, et par
ailleurs des prêts hybrides, avec les premières années un taux fixe, et
ensuite un taux variable, et les prêts ballons, avec le remboursement
d'une part importante du prêt à la dernière échéance.
Le montant moyen
des crédits accordés aux emprunteurs subprime a sensiblement
augmenté pour représenter 90% du montant moyen des crédits accordés
aux emprunteurs prime.