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LIBERTE DE CIRCULATION DES MARCHANDISES

 

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LES LIBERTES DE CIRCULATION


 

Liberté de circulation des marchandises
 

La libre circulation des marchandises représente une des libertés du marché unique de l'Union européenne, elle constitue un des principes fondamentaux sur lesquels la Communauté a été fondée (article 9)  Initialement, la liberté de circulation des marchandises a été conçue dans le cadre d'une union douanière entre les États membres avec suppression des droits de douane, des restrictions quantitatives aux échanges et des mesures équivalentes, et établissement autour de la Communauté d'un tarif extérieur commun. E nsuite, l'accent a été mis sur l'élimination de tous les obstacles entravant encore la libre circulation, de façon à réaliser le marché intérieur défini comme un espace sans frontières internes où les marchandises (entre autres) circulent aussi librement que sur un marché national.

 Depuis janvier 1993, les contrôles concernant la circulation des marchandises au sein du marché intérieur ont été supprimés, et l'Union forme désormais un seul territoire sans frontières.
La suppression des tarifs douaniers est destinée à  favoriser  les échanges intracommunautaires qui représentent une grande partie du total des importations ou exportations des États membres.

Les articles 28 et 29 du traité instituant la Communauté européenne interdisent les restrictions à l'importation et à l'exportation entre tous les États membres. Toutefois, en cas de risque pour la santé publique ou l'environnement, les États membres peuvent restreindre la libre circulation des marchandises.

Interdiction des taxes d'effet équivalant à des droits de douane: articles 23 §1 et 25 (9 § 1 et 12) CE

En l'absence de définition dans le traité, la jurisprudence a dû définir la notion. La Cour de justice considère comme taxe d'effet équivalent "tout droit, quelle que soit son appellation ou sa technique qui, frappant le produit importé à l'exclusion du produit national similaire, a pour résultat, en altérant son prix, d'avoir sur la libre circulation des marchandises la même incidence restrictive qu'un droit de douane". La Cour ne s'attache donc pas à la nature ou à la forme de la taxe mais uniquement à son effet (CJCE 2 et 3/62 du 14/12/62 et 232/78 du 25/09/79).

Interdiction des mesures d'effet équivalant à des restrictions quantitatives: article 28 (30) CE

a. La notion de mesure équivalant à une restriction quantitative est beaucoup moins circonscrite que celle de taxe d'effet équivalent. La Cour de Justice l'a donc définie de manière très large. Dans l'arrêt Dassonville, elle a considéré comme mesure équivalente "toute réglementation commerciale des Etats membres susceptible d'entraver, directement ou indirectement, actuellement ou potentiellement, le commerce communautaire" (CJCE 8/74 du 11/07/74).

b. Il s'agit en général de mesures qui frappent de manière exclusive les produits importés. Mais, dans l'arrêt Cassis de Dijon (CJCE 120/78 du 20/02/79), la Cour a jugé qu'il pouvait y avoir mesure d'effet équivalent même sans discrimination entre produits importés et produits nationaux. En particulier, imposer aux produits des autres États membres les règles techniques de l'État d'importation revient à établir une mesure équivalente car on pénalise les produits importés en les contraignant à une adaptation coûteuse. L'absence d'harmonisation communautaire des réglementations ne saurait justifier cette attitude qui revient à entraver la liberté de circulation, ce qui conduit la Cour à poser le principe que "tout produit légalement fabriqué et commercialisé dans un État membre, conformément à la réglementation et aux procédés de fabrication loyaux et traditionnels de ce pays, doit être admis sur le marché de tout autre État membre". C'est le principe de la reconnaissance mutuelle par les États de leurs réglementations respectives tant qu'il n'y a pas harmonisation.

c. Pour éviter l'apparition d'entraves nouvelles, une directive de 1983 (remplacée actuellement par la directive 98/34 du 22 juin 1998) à obligé les États membres à informer la Commission de tous leurs projets de règles techniques. Les organismes nationaux de normalisation doivent de leur côté transmettre leurs programmes et projets de normes.

Dérogations à l'interdiction des mesures d'effet équivalant à des restrictions quantitatives

L'article 30 (36) CE permet aux États membres de prendre des mesures d'effet équivalant à des restrictions quantitatives lorsqu'elles sont justifiées par un intérêt général non économique: moralité publique, ordre public, sécurité publique, protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux, préservation des végétaux, protection des trésors nationaux et protection de la propriété industrielle et commerciale.

La Cour de justice contrôle évidemment l'utilisation de cette possibilité de dérogation. S'agissant d'une exception à un principe, la dérogation est d'interprétation stricte. Elle ne peut s'appuyer que sur les justifications limitativement énumérées par l'article 30. Elle n'est plus justifiée lorsqu'une réglementation communautaire a été prise dans le même domaine. Les mesures doivent enfin être en rapport direct avec l'intérêt général qu'il s'agit de protéger et ne pas excéder le niveau nécessaire (principe de proportionnalité).

La Cour de justice a reconnu (dans le même arrêt Cassis de Dijon précité) qu'en dehors des cas prévus par l'article 30 les États pouvaient déroger à l'interdiction des mesures d'effet équivalent sur la base d'" exigences impératives": notamment efficacité des contrôles fiscaux, loyauté des transactions commerciales et défense des consommateurs.

Pour faciliter le contrôle de ces mesures nationales dérogatoires, une procédure d'information mutuelle a été organisée (décision du Parlement et du Conseil du 13 décembre 1995). Elle prévoit que les Etats doivent notifier toute mesure de ce genre à la Commission.

L'harmonisation des dispositions nationales

L'adoption d'une réglementation communautaire permet de lever les entraves créées par les dispositions nationales en rendant celles-ci inapplicables lorsqu'elles sont contraires. C'est même le seul moyen d'agir lorsque les dispositions nationales sont justifiées par le recours à l'article 30 ou à la notion d'exigence impérative. Depuis le milieu des années 60 la Communauté y a consacré des efforts considérables: plus de 250 directives sur les sujets les plus divers. Cette harmonisation s'est faite en général au prix de grandes difficultés car les directives incorporaient toutes les spécifications techniques et requéraient l'unanimité du Conseil [art. 94 (100) CE].

Le marquage CE
 

Certaines directives imposent le marquage CE qui doit être apposé sur certains produits grâce auquel les entreprises justifient l'attestation de conformité à des exigences notamment de sécurité, de santé définies par ces textes européens. Ainsi ce marquage obligatoire pour certains produits permet leur libre circulation sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne. L'apposition du marquage CE concerne de nombreux produits sur tous les secteurs d'activité.

 

Elimination des obstacles subsistants

Le marché intérieur des marchandises est appelé à évoluer à la suite de toute une série de mesures juridiques visant à éliminer les obstacles subsistants dans ce domaine qu'ont adopté les Etats membres le 23 juin 2008. Les systèmes existants de surveillance du marché pour les produits industriels seront renforcés et alignés sur les contrôles à l'importation. Ces mesures renforceront le rôle et la crédibilité du marquage CE. Ainsi, ce paquet de mesures permettra aux entreprises de vendre plus facilement leurs produits dans d'autres Etats membres par une plus grande fluidité des échanges commerciaux. La suppression de nombreuses entraves techniques facilitera la commercialisation des marchandises dans d'autres Etats membres. Enfin, des points de contacts produits seront mis en place dans tous les Etats membres et fourniront des informations sur les règles techniques nationales afin que les PME puissent disposer de renseignements fiables et précis sur la législation en vigueur dans l'Etat membre où elles projettent de commercialiser leurs produits.

 



Champ d'application de la liberté de circulation des marchandises
Définition de la marchandise
Définition du territoire douanier
La Politique commerciale commune

Mise en œuvre de la liberté de circulation des marchandises
Interdiction des droits de douane et des taxes d'effet équivalent
Interdiction des restrictions quantitatives et des mesures d'effet équivalent
Aménagement des monopoles
Prévention des atteintes à la liberté de circulation des marchandises

 


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