Le fonctionnement des
marchés de capitaux
Les marchés de capitaux comprennent les marchés
de capitaux à court terme, le marché monétaire, et le marché de capitaux à moyen
et long terme le marché des actions et obligations, le
marché financier. A ces marchés viennent s'ajouter le
marché des produits dérivés.
Depuis une trentaine
d'années les marchés de capitaux ont été marqués par une abondance de
liquidités, alimentée par les chocs pétroliers , par le développement des
pays émergents accompagnés de la constitution de réserves importantes, par
l'augmentation du prix des matières premières.
Les marchés de capitaux ont
été globalisés, avec une libération des mouvements de capitaux de plus
large. Par ailleurs les marchés de capitaux ont été décloisonnés, mais avec
une différence quant à la régulation des différents marchés, certains étant
soumis à des normes renforcées alors que des zones de non régulation étaient
organisées et se développaient de façon exponentielle. Il ne pouvait qu'en
résulter des turbulences.
Le fonctionnement des
divers marchés a été par ailleurs perturbé et faussé. Les marchés d'actions
ont perdu leur rôle de financement de l'entreprise en particulier par des
exigences irréalistes de rémunération des capitaux propres. Ceci a concouru
à une évolution où les entreprises ont limité le recours aux fonds propres,
ce qui les a naturellement fragilisé. L'abondance des liquidités
internationales a conduit les banques a cherché à développer des techniques
de plus en plus complexes qui prétendaient cumuler les rendements élevés
correspondant à un niveau élevé des risques et l'absence de risques.
Pour attirer les liquidités
les opérateurs de marché ont cherché les techniques de dopage. Les
bulles se sont succédées, en utilisant le virtuel, d'abord avec des
entreprises virtuelles, les dot.coms, puis avec la finance virtuelle, fondée
en fait sur des paris.
La crise financière issue
des subprimes a démontré que l'évolution vers le développement des marchés
de crédit s'est traduit par une déresponsabilisation des banques , avec des
pratiques choquantes, telles le développement d'activités particulièrement
rentables consistant pour les banques à se faire payer pour faire sortir de
leurs bilans des risques qu'elles ne voulaient pas conserver, à des
investisseurs qui n'étaient pas en mesure de réaliser les risques qui leur
étaient transférés.
La rénovation du
fonctionnement des marchés de capitaux doit passer par une analyse de la
place de la dette dans la structure financière des entreprises, de la
rémunération de la dette et des capitaux et de la répartition de la création
de valeur entre la dette et les capitaux. Il convient de définir les
normes de structuration de bilan et la place des différents capitaux.
La rénovation du
fonctionnement des capitaux exige par ailleurs l'examen critique de
l'information sur les risques et de leur gestion, et plus généralement des
méthodes d'analyse et de prévision des marchés. La crise a démontré l'aspect
illusoire et dangereux d'une croyance excessive dans l'économie
quantitative, de la nécessité de prendre en compte l'aspect humain des
marchés et les limites structurelles de la prévision.