MARCHE FINANCIER
REGULATION DES MARCHES FINANCIERS
REGULATION
FINANCIERE ET CRISE FINANCIERE
DEREGLEMENTATION BANCAIRE ET INNOVATION FINANCIERE
CRISE DES SUBPRIMES ET CRISE DES MARCHES FINANCIERS
CRISES DES
MARCHES FINANCIERS
DERAPAGES ET DERIVES FINANCIERES
La météo financière provoque le
dérèglement climatique sur les marchés financiers
La crise financière et
la régulation
La crise financière est due
à une régulation financière aux logiques incohérentes et contradictoires qui
a multiplié les errements en excluant de son champ les marchés les plus
risqués qui se développaient comme espaces de non régulation en
contournement de la régulation mise en place.
La "dérégulation" des
années 1980 a opéré un décloisonnement des marchés financiers mais la
régulation ultérieure a accentué les différences de régulation entre les
marchés financiers.
Les accords de Bâle avaient
pour objet de mettre en place des régulations prudentielles pour l'activité
des banques en permettant de mieux contrôler les risques. Par la titrisation
les banques ont prétendu éliminer ce risque , en le disséminant dans les
marchés financiers non régulés auprès d'opérateurs non régulés.
Les banques ont
repris le risque en finançant les opérateurs non régulés et les opérations
non régulées avec de très forts effets de levier à plusieurs niveaux. Le
risque, devenu trop complexe pour une véritable évaluation, et qui avait
perdu toute traçabilité, s'est reconcentré et réintégré dans l'activité des
banques. Le régulateur a laisser masquer ces risques en permettant les SIV,
qui sont basés sur les mêmes techniques de déconsolidation que celles
utilisées dans le scandale Enron.
C'est l'exercice de la
régulation des taux par la Federal Reserve qui a détourné des marchés
financiers les liquidités en faveur des marchés du crédit où étaient
fabriqués des produits à haut rendement à partir de crédits à risque
conditionnés en produits prétendument à risques maitrisés,
allant du AAA à l'"equity". Le régulateur boursier américain,
la SEC, a institutionnalisé ce qui est en fait une fixation des prix sur les
marchés secondaires , à savoir la notation. Le législateur américain a
écarté toute régulation des produits dérivés en même temps que les exigences
sur les marchés boursiers étaient renforcés. Il y avait là une véritable
diversion organisée des liquidités vers les marchés de crédit pour
favoriser le champ d'action des banques d'investissement, des brokers, des
cabinets d'avocats et des cabinets d'audit d'une part, des hedge funds et
private equity funds.
La modification des normes
comptables était faite parce que toute l'activité de LBO, et généralement de
fusion acquisition était favorisée par l'enregistrement à la valeur de
marché. La valeur de marché, par les modèles mathématiques et grâce au
panurgisme des marchés , amenait des survalorisations qui légitimaient des
fusions dont les seules réussites provenaient de l'euphorie boursière, la
moitié d'entre elles étant des échecs souvent ruineux. L'utilisation de la
valeur des marchés avaient pour but de donner une validation à des
valorisations des actifs financiers autrement impossibles à évaluer, le
marché entérinant les notations des agences de notation et les analyses des
analystes financiers.
Les différents marchés,
pourtant décloisonnés, avaient des niveaux d'information complètement
différents. Les marchés d'actions et les marchés de la dette avaient des
informations qui amenaient des valorisations souvent contradictoires. Il en
est ainsi lorsque des entreprises surendettées avaient leur dette largement
décotée alors que la capitalisation boursière était importante. La notation
favorable de titres émis avec rehaussement de crédit était présentée comme
une amélioration de la situation financière de la société, alors qu'elle ne
faisait que traduire l'application des techniques à des titres très décotés
démontrant l'aggravation de la situation des actionnaires. Ceci permettait
aux marchés du crédit de s'enrichir aux dépens des marchés d'actions,
en trompant les actionnaires, grâce à l'intervention des assureurs
monolignes et des agences de notation.
Le problème du
développement de la bulle n'est pas un défaut d'information des régulateurs
et des gouvernements. Il y avait une volonté commune, consciente et
délibérée, de pousser les particuliers et les entreprises à l'endettement.
Les Banques centrales non seulement avaient repéré la bulle, mais elles
poussaient à son développement.
Le développement de
l'endettement des particuliers et des entreprises grâce aux marchés
internationaux du crédit ne produisaient pas de tensions inflationnistes aux
Etats Unis ni en Europe. L'effet richesse, résultant de la politique laxiste
du crédit permettaient d'éviter les tensions sociales résultant des
délocalisations, qui bien entendu évitaient toutes revendications salariales
hantises des banquiers centraux. Le crédit laxiste aux Etats Unis, en
Angleterre et en Espagne en particulier, alimentait la consommation, les
activités dans le BTP et l'immobilier, là encore sans tension
inflationniste. Le crédit subprime aux Etats Unis et en Grande Bretagne
permettait l'accession sociale à la propriété, et en particulier celle des
minorités, sans recours aux financements publics. Le développement de
l'"innovation financière" , faisait la fortune de Wall Street et de la City.
Les opérations de fusion acquisition , en particulier en LBS se
développaient, leurs échecs, comme celles de toutes les opérations à trop
fort endettement, ne faisaient que générer des opérations de
restructurations, alimentant en "produits à haut rendement" l'ingénierie
financière qui prétendait avoir développé l'alchimie de la transformation de
"créances pourries", qu'il s'agisse de junk bonds ou de subprime, en
"valeurs à haut rendement rehaussées et à stratégie d'effet de levier".
Sauf à supposer une
incompétence et un autisme total, les régulateurs et les gouvernements ne
pouvaient pas éviter de constater les signes révélateurs d'une bulle , ne
serait ce qu'en constant l'importance totalement démesurée de ces marchés
dont le volume avait atteint dix fois le PIB mondial.
En revanche il parait
certain que les régulateurs et les gouvernements ont sacrifité au dogme de
la modernité et qu'ils ont laissé des apprentis sorciers développer des
"produits de destruction massive. Les formules mathématique, de modèles
stochatiques et de logiciels probabilistes, l'auréole du Prix Nobel
d'Economie sacralisant les économistes quantitatifs ont fait
croire que l'économie était une science exacte. Les banquiers, les
régulateurs et les gouvernements, refusant tout esprit critique et de mesure
ont cru aux martingales.
Les régulateurs et
les gouvernements ont donc laissé les banquiers développer des marchés de
produits dérivés qui sont des gigantesques casinos .
Lorsque les parieurs ont
commencé à faire sauter la banque, les régulateurs et les gouvernements ont
commencé à réaliser qu'il s'agissait de Jurassic Finance. Ils ont commencé à
comprendre que l'assurance monoligne pouvait être considérée comme une
gigantesque escroquerie à l'assurance, comme un Ponzi Scheme, que la
notation financière consistait à donner des valeurs fictives à la monnaie
privée imprimée par les banques avec les "special vehicles" comme hommes de
paille.