Les
statuts sont le contrat qui lient les associés d'une société. Il
convient de souligner que l'essentiel du régime applicable à la société
résulte des textes légaux. Ceux ci sont les dispositions du code
civil, qui constituent le droit commun des sociétés, et pour les sociétés
commerciales les dispositions du Code du commerce. En dehors de la SAS la
marge d'autonomie laissée aux associés est en effet restreinte et
essentiellement limitée à des options prévues par la loi.
Les
statuts vont en fait traduire le choix de la forme de la société., qui est
déterminant pour la responsabilité des associés, les modes de gestion et de
décision et les pouvoirs des dirigeants.
Ils vont contenir l'indication
du siège social, de la dénomination sociale, du capital social et de l'objet social, qui est
généralement assorti de formules de style déterminant un objet social
étendu.
Les statuts peuvent contenir
une clause d'agrément pour soumettre la cession des actions ou des parts
sociales à l'agrément préalable de la société
Les statuts doivent être
signés par tous les associés. Ils doivent être déposés au centre des impôts
dans le délai d'un mois à partir de la signature par les associés.
En annexe des statuts peuvent
être joints la liste des engagements accomplis pour le compte de la société
par les fondateurs et qui sont repris par la société.
Pour les sociétés déjà créées
les statuts de la société peuvent être obtenues au RCS.
Chambre commerciale 9 juin 2004
(Bull. n° 122)
Aux termes de l'article 1836, alinéa 2 du Code
civil, les engagements d'un associé ne peuvent être augmentés sans le
consentement de celui-ci.
Dans cette espèce, les statuts d'une SCI
prévoyaient, d'un côté, que le bénéfice de l'exercice serait intégralement
acquis à la date de clôture de l'exercice et réparti entre les associés
proportionnellement au nombre de leurs parts sociales, sous forme d'inscription
en compte courant, de l'autre, que les pertes, s'il en existait, seraient
supportées également, immédiatement et intégralement et seraient réparties entre
eux. Se prévalant de ces dispositions la SCI avait poursuivi l'un de ses
associés, en paiement du montant du solde négatif de son compte courant, sur
lequel avait été inscrite, pendant plusieurs années, la quote-part des pertes de
la société lui revenant. L'associé s'était opposé à ce paiement en invoquant le
fait qu'il n'avait pas voté les dispositions en cause et que ce mode de
répartition des pertes aboutissait à augmenter ses engagements sans son
consentement.
La chambre commerciale a considéré par cet
arrêt qu'un tel procédé n'était pas contraire à l'article 1836, alinéa 2 du Code
civil, lequel ne règle que les conditions auxquelles doivent satisfaire les
décisions modificatives des statuts, mais non celles relatives aux décisions
prises conformément à ces derniers.