CRISES FINANCIERES
CRISE
DES SUBPRIMES ET CRISE DES MARCHES FINANCIERS
CHRONOLOGIE DE LA CRISE DES SUBPRIMES ET DE LA CRISE FINANCIERE
AGENCES DE
NOTATION ET CRISE DES SUBPRIMES
JUNK BONDS TITRISATION
CRISE DES SUBPRIMES
La crise financière qui
est associée aux subprimes, et dont les manifestations sont devenues
publiques en août 2007, est une crise qui touche l'essence même du
système bancaire et financier, tel qu'il s'est développé depuis les
années 1980. Elle ne peut être réduite aux crédits hypothécaires
accordés aux emprunteurs américains dits
subprimes.
La crise financière
remet en question la titrisation et de façon plus générale le rôle de
l'innovation financière dans le fonctionnement des marchés financiers.
La crise montre les dangers de la dissémination des risques en dehors du
domaine de contrôle prudentiel et de supervision bancaire, sans
traçabilité. Elle met à jour les insuffisances de l'évaluation des
risques posés par les instruments financiers toujours plus complexes..
Elle démontre l'aspect trompeur d'un transfert de risques au marché en
sortant du bilan des banques des crédits en émettant des titres dont les
banques vont financer l'acquisition par les investisseurs avec de très
forts effets de levier. Elle souligne de façon dramatique les dangers de
la création de marchés au volume colossal dont la maitrise par des
modèles stochastiques, des formules mathématiques et l'utilisation de
l'informatique est illusoire face à la complexité des marchés, générant
des risques systémiques.
La crise financière
démontre les dangers à croire que l'ingénierie financière peut créer des
placements pour satisfaire les clients des banques en fonction
d'une exigence de rentabilité et non en fonction des possibilités des
débiteurs. Après la chute des valeurs boursières à partir de 2000, les
intermédiaires ont prétendu trouver la martingale pour créer des
produits financiers en conciliant rentabilité élevée et risque réduit.
La crise a pris par
surprise les régulateurs et les experts. En avril 2007 les experts du
FMI notaient " en dépit de la volatilité récente sur les marchés
financiers, la croissance mondiale devrait rester vigoureuse en 2007 et
en 2008". En décembre 2006 la Banque de France était d'un optimisme
débordant : "les marchés financiers se calent aujourd'hui sur un
"scénario parfait" d'atterrissage en douceur de l'économie américaine et
mondiale , avec une inflation stable et maitrisée, une croissance
ralentie mais soutenue, proche du potentiel"
Depuis la récession de
2001 et la croissance molle de 2003 à 2005 dans les pays développés, la
croissance économique aux Etats Unis était fondée sur un pétrole bon
marché, favorisant les transports maritimes dans le cadre de la
mondialisation de l'économie et des délocalisations des productions, sur
le boom du marché immobilier et sur le développement des opérations à
effets de levier. La production dans des pays à coûts salariaux faibles
permettait des importations bon marché.
L'effet
de richesse résultant de l'augmentation des prix de l'immobilier et
la titrisation des crédits à la consommation , comme l'utilisation de
financements hypothécaires pour l'endettement à la consommation, rendait
euphorique le consommateur américain, alors que la consommation des
ménages compte pour 75% du PIB américain. Le prix de l'immobilier
augmente fortement aux Etats Unis, mais aussi en France, au Royaume Uni
et en Espagne
Le développement aux
Etats Unis d'un crédit plus que laxiste reposait sur les techniques
d'adossement des crédits à des actifs censés garantir le remboursement
de crédits faits à des emprunteurs dont les revenus ne justifiaient pas
l'octroi du crédit. Le surendettement que ce soit des particuliers ou
des entreprises est favorisée comme facteur de croissance.
L'hypothèse est d'une dynamique constante avec l'anticipation des
augmentations des valeurs et des profits futurs alimentant des
refinancements constants.
L'expansion des crédits
n'a pas de frein et de mécanismes d'équilibre puisque ce sont les
marchés non réglementés qui fournissent les liquidités. A partir de 2002
la masse monétaire dans les pays développés est en forte augmentation. A
partir de mi-2006 les réserves de change explosent, en particulier
celles de la Chine, mais aussi celles de la Russie, de l'Algérie, etc.
Les stratégies
long/short equity voient le développement du levier à partir de 2005.
Les LBO se font avec un fort effet de levier.
Le risque de liquidité
était totalement ignoré, probablement sur la base de l'idée que les
investisseurs sur les marchés n'avaient pas de préoccupations de
liquidité ou que celles ci seraient satisfaites par le marché des
titres.
Les
marchés financiers font fonctionner la liquidité avec la formation des
prix. Lorsque les produits sont très liquides, généralement parce qu'ils
sont les plus répandus et les plus connus, les cotations des actions et
des obligations publiques et privées fournissent des cotations en temps
réel . Pour les produits plus complexes, les transactions sont moins
fréquentes et moins nombreuses.
La
crise a démontré que les problèmes de liquidité avaient été ignorés,
alors même que l'innovation financière faisait de la liquidité une
nécessité fondamentale.
La
titrisation transforme des crédits à long terme en investissements à
court terme en comptant sur le fonctionnement des marchés concernant ces
produits pour les rendre liquides.
En cas
de crise de liquidité le système de formation des prix s'effondre. La
valorisation mark to market non seulement amplifie les
dévalorisations, c'est ce qui est qualifié d'aspect pro-cyclique
de ce principe comptable, mais devient impossible.
Avec la
crise du subprime les opérateurs sur les marchés se sont rendus compte
qu'ils n'avaient pas une information fiable sur les sous-jacents et sur
les risques, et que l'évaluation des risques présentés par les titres
complexes qu'ils avaient achetés ou vendus sous évaluait ces risques et
la protection que la notation et les rehausseurs de crédit étaient
censés fournir. La mesure des risques et les techniques de protection
contre les risques se sont révélées grossièrement insuffisantes compte
tenu de la complexité des produits et des volumes des transactions.
La
crise de liquidité contrairement à ce qui est souvent affirmé parait
devoir remettre en cause l'intérêt de la titrisation face aux risques.
Réduire
la crise à des comportements qualifiés de peu responsables dans
l'attribution des crédits ne répond pas aux problèmes fondamentaux.
Il
s'agit d'abord de ce qui a été appelé l'illusion du contrôle . Il s'agit
de l'inadéquation des modèles. C'est le cas des modèles Merton-Black-Scholès
qui prétend faire une juste évaluation des valorisations des options sur
la base d'un modèle stochastique. Le risque est assimilé à l'incertitude
. Les modèles n'ont fait l'objet d'aucune vérification sur des durées
suffisantes et dans des conditions correspondant à la complexité des
marchés.
Par
ailleurs les systèmes d'incitation ont manifestement des effets pervers
et ont encouragé les prises de risque excessives. La structure des
rémunérations dans l'industrie financière favorise la prise de risques
et sa sous estimation, en particulier en ce qui concerne les nouveaux
produits financiers
Enfin
la marchéisation des crédits en fait prétendait assurer la liquidité des
titres sans coût, négligeant le prix de la liquidité. Les techniques de
protection contre les risques de crédit étaient non seulement
déficientes, elles n'avaient aucune efficacité contre les risques de
liquidité
De
façon générale constate que l'ingénierie financière a prétendu que la
finance pouvait fournir des techniques de protection avec un faible
sacrifice sur le rendement financier, en se fondant en particulier sur
le postulat que l'économie était une science exacte.
Subprimes
et CDO