La
titrisation
Le
développement des techniques de titrisation
Ces techniques se
sont d'abord développées aux Etats
Unis, il s'agit de la "securitization" des créances immobilières dans
les années 1970. La titrisation permet le refinancement des crédits
hypothécaires.
La titrisation fait partie des
techniques de gestion de bilan dans
la catégorie des techniques de gestion d'actif. Elle a pour objet
et pour conséquence de transférer le risque du détenteur des créances
aux marchés financiers.
Les
risques de
crédit qui étaient réservés aux banques avant la
déréglementation peuvent ainsi être transférés à des
investisseurs qui choisissent d'être exposés à ce risque.
Dans la seconde moitié des années 70 s'était développé l'euphorie des
pétrodollars et les experts financiers considéraient qu'il y avait un
problème de surliquidité.
La politique de prêt a été
particulièrement ouverte et il en est résulté en fait un surendettement
des pays en voie de développement. Les défauts de paiement constatés
ont posé le problème de la comptabilisation des créances dans les
bilans des banques américaines. C'est alors que se sont développé
des techniques de transfert des actifs et d'amélioration de ces actifs
dans le cadre en particulier de titrisation.
Par ailleurs
aux Etats Unis à partir des années 1970, la titrisation s'est
développée pour relancer le
financement de
l'immobilier résidentiel, . Les premiers acteurs furent
l'agence fédérale "Governmental National Mortgage Association"
ou "Ginnie Mae" , la Federal National Mortgage Association (FNMA)
ou " Fannie Mae" et la "Home Loan " ou "Freddie Mac". Ces agences
fédérales (government sponsored agencies ) étaient chargées de l'acquisition de créances
hypothécaires auprès d'établissements ayant octroyé des crédits
hypothécaires.
La titrisation
s'est développée également en Angleterre et en France où elle a
été introduite dans le disposition législatif par la loi du 23
décembre 1988 sous la forme des
fonds communs de
créances (FCC). .
La titrisation
s'est développée sur la base de la confiance accordée à
l'évaluation des risques faites par les
agences de notation financière
qui accordaient des notes très solides aux titres issus des
montages, en particulier sur la base des notes qu'elles
accordaient aux rehausseurs
de crédit.
Le marché de la
titrisation
La titrisation
est le vecteur de marchéisation des crédits qui est censée
améliorer l'efficicience du système financier par la
dissémination du risque.
Le
développement de la titrisation a été particulièrement rapide.
L'encours des MBS/CMO et des
ABS obligataires a atteint 10.000
Milliards$ aux Etats Unis à la fin 2007. Il s'agit d'une
multiplication par trois en dix ans. Le marché de la titrisation
représente 40 du marché obligataire, alors que celui des
obligations émises par les entreprises représente 5.800
Milliards $ et celui du Trésor américain 4.500 milliards$
En Europe les
émissions d'ABS ont atteint 100 Milliards€ contre 238
Milliards € aux Etats Unis sur la même période
Une part
importante des acheteurs de produits de titrisation a été
constituée par les hedge funds,
à la recherche de rendements élevés, ainsi que les banques
d'investissement.
La
nature de la titrisation
La titrisation
est une création relevant de l'ingénierie
financière et de la gestion
de bilan.
Elle a pour but
de sortir du bilan des actifs financiers comportant un
risque .
La titrisation correspond à la
securitization . Elle consiste à faire un pool
d'actifs financiers et à émettre des titres représentatifs
de ces actifs. Elle est une technique de financement
des entreprises par les marchés
financiers.
Elle repose sur la
cession de créances ou d'actifs
financiers détenus par l'entreprise cédante. Elle est
accompagnée du recours à diverses techniques destinées à assurer
la valorisation sur le marché secondaire, avec un recours massif
à des techniques qualifiées de rehaussement de crédit ,
assurance monoligne ou CDS en particulier, et l'utilisation de
la notation.
La titrisation
est en fait la privatisation de la création de monnaie.
Celle-ci, en dehors de la monnaie métallique, est en fait créée
par les prêts consentis par les institutions privées. Les
banques créent de la monnaie en consentant des crédits, ces
prêts sont pour une bonne partie transférés en dehors du système
bancaire. La titrisation permet de mobiliser les liquidités
présentes sur les marchés internationaux de capitaux.
La crise a
démontré que ces marchés n'assuraient pas la liquidité
nécessaire en cas de retournement des marchés des sous-jacents.
Le marché avait
été utilisé comme critère de valorisation des actifs sur la base
de cette hypothèse de liquidité. C'est la règle marked to market.
Lorsque le postulat de liquidité est démenti, tout naturellement
cette règle comptable inhérente à la présentation du marché
faite aux investisseurs a un effet procyclique.
Par le biais
des dérivés qui ont accompagné la titrisation, le marché s'est
gonflé de façon astronomique. Ill est clair que tous les actifs
mondiaux ne sont pas suffisants pour faire face à un défaut
massif des dérivés. Les investisseurs devront faire face au fait
que la protection que les dérivés étaient censé leur offrir est
sans valeur.
Les
fonds communs de créances
En France elle a fait l'objet de la loi du 23
décembre 1988, avec son décret d'application du 9 mars 1989, codifiée
aux articles L.
214-43 et s. du Code monétaire et financier, avec en
particulier comme objet d'améliorer les ratios de fonds propre des
établissements de crédit dans le cadre de la désintermédiation du
crédit..
Les mécanismes de
la titrisation
La
logique de la titrisation
La
titrisation et le risque de crédit
Les dangers de la
titrisation
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