Cour de
Cassation
Chambre commerciale
| Audience
publique du 1 octobre 2002 |
Rejet |
N° de pourvoi : 00-13189
Publié au bulletin
Président : M. TRICOT conseiller
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION,
CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCIERE ET ECONOMIQUE, a rendu l'arrêt
suivant :
Sur le moyen unique :
Attendu, selon l'arrêt
confirmatif déféré (Versailles, 13 janvier 2000), qu'en mars
1989, M. X... s'est engagé solidairement envers la Banque
nationale de Paris, devenue la BNP Paribas (la banque), à
garantir le remboursement de toutes sommes dues ou à devoir par
la société Pro-collectivités (la société) à la banque à
concurrence d'un certain montant et a affecté un portefeuille de
titres en garantie de son engagement ; que quatre mois après
l'engagement de M. X..., la société a été mise en redressement
judiciaire ; que la banque ayant assigné la caution en paiement,
celle-ci a invoqué l'erreur sur la solvabilité du débiteur
principal ;
Attendu que la banque
reproche à l'arrêt d'avoir annulé la constitution de gage
souscrite en mars 1989 par M. X... à son profit et d'avoir rejeté
l'intégralité de ses demandes, alors, selon le moyen, qu'il
appartient à la caution qui désire faire de la solvabilité du débiteur
la condition déterminante de son engagement d'introduire cette
condition dans le champ contractuel en l'indiquant expressément
dans l'acte de cautionnement ; qu'en déclarant que le caractère
viable de la société était une condition déterminante de
l'engagement de M. X..., sans rechercher si ce dernier avait fait
entrer cette condition dans le champ contractuel en l'indiquant
expressément dans l'acte de cautionnement, la cour d'appel a privé
sa décision de base légale au regard des articles 1110 et 2011
du Code civil ;
Mais attendu qu'après
avoir relevé, par motifs propres et adoptés, que M. X..., tiers
à la société, avait entendu prendre le risque d'aider une société
présentée comme en difficulté mais non de s'engager pour une
société en situation déjà irrémédiablement compromise, et
que la banque, qui était en relation d'affaires avec cette société
depuis 1984, ne pouvait ignorer cette situation, l'arrêt retient,
dans l'exercice de son pouvoir souverain, que le caractère viable
de l'entreprise était une condition déterminante de l'engagement
de la caution ; qu'ainsi, ayant fait ressortir que la caution
avait fait de la solvabilité du débiteur principal la condition
tacite de sa garantie, la cour d'appel a légalement justifié sa
décision ; que le moyen n'est pas fondé ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi ;
Condamne la BNP Paribas
aux dépens ;
Vu l'article 700 du
nouveau Code de procédure civile, condamne la BNP Paribas à
payer à M. X... la somme de 1 800 euros ;
rejette la demande de la
BNP Paribas ;
Ainsi fait et jugé par
la Cour de Cassation, Chambre commerciale, financière et économique,
et prononcé par M. le conseiller doyen faisant fonctions de président
en l'audience publique du premier octobre deux mille deux.
Décision attaquée : cour d'appel de Versailles (16e chambre
civile) 2000-01-13
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