|
Les clauses essentielles
OBJETLa détermination de l'objet du contrat est une
clause essentielle dans les droits de "civil law" et dont l'importance
est souvent paradoxalement sous estimée. Dans le style de rédaction
traditionnelle dans les pays de droit roomano-germanique, l'objet du contrat est
exprimé en des clauses présentant de façon bilatérale les obligations des
parties. Il en est autrement dans le style de
rédaction anglais ou américain, où l'objet fait place à des
définitions successives des obligations des parties exprimées sous forme de
descriptions factuelles des situations . Si ce style de rédaction peut paraitre
plus pragmatique, il rend l'analyse des obligations en dehors de ces situations
plus difficile et incertaine.
CLAUSES FINANCIERES
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| article 1148 | |
| Il n'y a lieu à aucuns dommages et intérêts lorsque, par suite d'une force majeeure ou d'un cas fortuit, le débiteur a été empêché de donner ou de faire ce à quoi il était obligé, ou a fait ce qui lui était interdit. |
Les clauses de force majeure ont pour objet d'étendre, ou parfois de restreindre, les conditions dans lesquelles l'inexécution pourra être légitimé. La jurisprudence française exige que l'évènement soit imprévisible, insurmontable et extérieur. La common law se réfère à l"'Act of god" et par ailleurs excuser l'inexécution lorsque la contrepartie ne peut être obtenu dans le cadre de la "frustration of contract". Diverses notions d'équité peuvent par ailleurs aboutir à des résultats similaires, telles que la doctrine des excuses en droit coranique.
La stipulation de clauses de force majeure permet d'inclure des évènements, tels que la grève dans l'entreprise ou dans le secteur, qui ne seraient pas autrement un évènement exonératoire. De façon générale la rédaction des clauses portera sur les aspects d'imprévisibilité, d'insurmontabilité et d'extériorité.
La clause attributive de compétence a pour objet de permettre aux parties de soumettre un litige éventuel à la juridiction qu'elles désignent. Les parties peuvent déroger aux règles de compétence d'attribution sauf dans les cas où elle est d'ordre public, soit aux règles de compétence territoriale.La dérogation aux règles de compétence territoriale n'est valable qu'en matière commercaile lorsqu'elle est convenu entre commerçants de manière apparente (art. 489 NCPC)
Calvo, Jean, Les clauses d'intuitus personae dans les contrats commerciaux, Les Petites Affiches, 05/07/1996, pp 10-13
|
Clause pénale |
||
| L'article 1226 définit la
clause pénale comme "celle par laquelle une personne, pour assurer
l'exécution d'une convention, s'engage à faire quelque chose en cas
d'inexécution".
Article 1229 : la clause pénale est la compensation des dommages et intérêts que le créancier souffre de l'inexécution de l'obligation principale. Il ne peut demander en même temps le principal et la peine, à moins qu'elle n'ait été stipulée pour le simple retard. |
Par la clause pénale un contractant s'engage en cas d'inexécution de son obligation principale ou en cas de retard dans l'exécution , à verse à l'autre une somme forfaitaire fixée à l'avance dans l' contrat. Il s'agit donc d'une fixation forfaitaire du préjudice de façon à éviter les contestations quant à l'étendue du préjudice subi. La clause pénale a une fonction de peine privée. | La Cour de Cassation a affirmé que " la clause pénale n'a pas pour objet de réparer les conséquences d'un manquement au contrat mais aussi de contraindre le débiteur à exécution" (Cass.com. 29 janvier 1991, Bull.civ. IV, 43) |
| L'article 1152 du Code Civil
"Lorsque la convention porte que celui qui manquera de l'exécuter payera une certaine somme à titre de dommages-intérêts, il ne peut être alloué à l'autre partie une somme plus forte, ni moindre.
|
La clause pénale étant
forfaitaire peut être soit abusivement sanctionnatrice, si elle est
très supérieure au préjudice, soit une limitation excessive de
responsabilité, si elle se révèle très nettement inféreieure au
préjudice.
Le législateur a donc reconnu au juge un pouvoir modérateur, qu'il doit au terme de la jurisprudence motiver |
Article 1152
Le juge peut, "même d'office, modérer ou agumenter la peine fixée dès lors qu'elle parait manifestement excessive ou dérisoire" (Cass.com. 11 fév. 1997, Bull.civ. IV, n.47) |
|
Clause résolutoire |
||
| Article 1154
La condition résolutoire est toujours sous entendue dans les contrats synallagmatiques, pour le cas où l'une des deux parties ne satisfera point à son engagement. Dans ce cas, le contrat n'est point résolu de plein droit. La partie envers laquelle l'enagement n'a point été exécuté, a le choix ou de forcer l'autre à l'exécution de la convention lorsqu'elle est possible, ou d'en demander la résolution avec dommages et intérêts. La résolution doit être demandée en justice, et il peut être accordé au défendeur un délai selon les circonstances |
||
| La clause résolutoire est une
clause par laquelle les parties stipulent que le contrat sera de plein
droit résolu du seul fait de l'inexécution par l'une des parties de
son obligation. Cette résolution intervient alors sans que le juge puisse disposer d'un pouvoir d'appréciation, son seul rôle étant de constater la résolution du contrat pour inexécution |
Les clauses pénales sont
dangereuses car elles permettent une sanction disproportionnée avec la
faute commise.
|
La clause doit être exprimée
de manière non équivoque
Cass.3ème Civ., 12 oct 1994, Bull.civ. III n° 178 En cas de mauvaise foi caractérisée du créancier, la clause devient inopposable Cass.3ème. Civ. 17 juillet 1992, Bull.civ. III n. 254 Cass.3ème Civ. 5 juin 1991, Bull. civ. III, n 163 |
La clause de non-concurrence est une stipulation contractuelle par laquelle un contractant s'engage à ne pas exercer une activité professionnelle susceptible de concurrence celle de son contractant.
La validité de la clause de non-concurrence est admise à condition qu'elle soit limitée dans le temps et dans l'espace et ne pas être disproportionnée au regard de l'objet du contrat
| limitations | proportionnalité | |
| La clause doit être limitée dans le
temps et l'espace
(Cass. 3ème civ. 7 avril 1993, D 1994 somm p 222 n. Y Serra |
"cette clause, même avec ces
caractéristiques, ne soit pas disproportionnée au regard de l'objet du
contrat "
Cass. com. 4 janv. 1994, D 1995, p. 205, n. Serra |
La clause de non concurrence non seulement engage la responsabilité de la partie contrevenante, mais elle constitue un des cas d'obligation de faire. L'acceptation d'une clause de non-concurrence est donc particulièrement importante.
La clause pénale peut être considérée comme abusive dans les contrats avec les non professionnels ou les consommateurs (Cass. com. 9 octobre 1990, Bull. civ. IV, 228)
Les clauses constitutives au sens de l'article 7 du 1er décembre 1986 qui prohibent les clauses "lorsqu'elles ont pour objet ou peuvent avoir pour effet de fausser le jeu de la concurrence sur un marché, les actions concertées, conventions, ententes expresses ou tacites, coalitions".
Les clauses prévoyant qu'en cas de dépôt de bilan, admission au redressement judiciaire ou à la liquidation judiciaire du cocontractant le contrat sera résilié de plein droit sont dépourvues d'effet en raison de l'article 37 de la loi du 25 janvier 1985. Cette article prévoit que "nonobstant toute disposition légale ou toute clause contractuelle, aucune indivisibilité, résiliation ou résolution du contrat ne peut résulter du seul fait de l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire".
|
|