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CODES
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LOI n° 2011-267 du 14 mars 2011 d'orientation et de programmation
pour la performance de la sécurité intérieure (1)
NOR: IOCX0903274L
L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Vu la décision du Conseil constitutionnel n° 2011-625 DC du 10 mars 2011
;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
-
Annexe
A N N E X E
RAPPORT SUR LES OBJECTIFS ET LES MOYENS
DE LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE À HORIZON 2013
LA SÉCURITÉ PARTOUT ET POUR TOUS
I. ― Assurer la sécurité partout et pour tous
grâce à une approche globale de la politique de sécurité
1. Mobiliser tous les acteurs au service de la sécurité de nos
concitoyens
2. Mieux répondre aux besoins de sécurité des différents
territoires
3. Mieux mobiliser les différentes réponses : prévention,
dissuasion et répression
4. Mieux lutter contre les différentes formes de délinquance
5. Préparer l'avenir
II. ― Optimiser l'action des forces de sécurité intérieure
dans le cadre du rapprochement police/gendarmerie
1. Optimiser la coopération et la complémentarité
opérationnelles
2. Systématiser la mutualisation des moyens et des actions de
gestion en matière de ressources humainesIII. ― Accroître la
modernisation des forces
en intégrant pleinement les progrès technologiques
1. Des policiers et des gendarmes mieux équipés pour faire face
aux nouvelles menaces
2. Des technologies nouvelles au service de la sécurité du
quotidien
3. La modernisation du système d'alerte des populations
4. Des technologies nouvelles au service des victimes
5. Moderniser le parc automobile dans le cadre d'une politique
de développement durable
IV. ― Rénover le management des ressources
et les modes d'organisation
1. Mettre un terme à l'emploi des policiers et des gendarmes
dans des fonctions qui ne sont pas strictement liées à leur cœur
de métier
2. Faire de l'immobilier un levier de la modernisation
3. Des carrières modernisées pour des professionnels mieux
accompagnés
Les forces de police et de gendarmerie, dans la lutte qu'elles
mènent contre toutes les formes de délinquance, ont enregistré
des résultats majeurs entre 2002 et 2008. Tandis que le nombre
total des crimes et des délits constatés affichait un recul de
13,5 %, la délinquance de proximité, celle qui est susceptible
de toucher le plus grand nombre dans son quotidien, baissait de
34,07 %. Dans le même temps, les différents indicateurs de suivi
de l'activité des services étaient révélateurs d'un niveau
d'engagement particulièrement élevé, avec un nombre
d'infractions révélées par l'action des services en hausse de
50,74 %, un taux d'élucidation passant de 26,27 % à 37,61 %, un
nombre de personnes placées en garde à vue progressant de 51,52
% et un nombre total de personnes mises en cause en augmentation
de 29,26 %.
L'année 2009 a été révélatrice des nouveaux enjeux de la
politique de sécurité. L'ensemble de la société est en effet
confronté à une évolution du monde contemporain qui modifie
profondément l'approche des problématiques de sécurité et remet
en cause les cadres d'action habituels des forces de police et
de gendarmerie. Les services de l'Etat doivent répondre à une
demande de sécurité de plus en plus diversifiée et la police et
la gendarmerie doivent faire face à une triple attente de la
population : une attente de protection, une attente d'autorité
et une attente de justice. Cette attente est d'autant plus
pressante que les lignes bougent.
Ainsi, la mondialisation a remis en cause la notion même de
frontières et de territoires, lesquels sont traversés de flux
humains, matériels et immatériels, de plus en plus difficiles à
contrôler. La « judiciarisation » de la société contribue à la
rendre plus complexe. Dans le même temps, l'évolution des modes
de vie, une plus grande mobilité ou l'allongement de l'espérance
de vie, laquelle contribue au vieillissement de la société,
débouchent sur de nouveaux besoins de sécurité.
Plus exposées aux risques et aux menaces, nos sociétés modernes
sont plus exigeantes en matière de sécurité et leur demande en
la matière augmente d'autant plus que l'insécurité présente une
physionomie à la fois mouvante et évolutive. Si des formes
anciennes de délinquance persistent, comme les violences aux
personnes ou le trafic de produits stupéfiants, d'autres,
d'apparition plus récente, s'inscrivent dans le champ de la
criminalité émergente. C'est le cas, notamment, de la
cybercriminalité, mais également de l'activité délictuelle liée
au phénomène des bandes ou de l'économie souterraine sous ses
divers aspects.
D'autres préoccupations prennent une nouvelle dimension, comme
le développement des pratiques délinquantes ou criminelles parmi
les mineurs ou les facilités apportées aux délinquants et
criminels par certains progrès technologiques. Cette tendance
est également confortée par les progrès de la prévention
situationnelle dans la mesure où la protection renforcée des
biens peut entraîner une vulnérabilité accrue des personnes.
Faire face à cette situation nécessite de sortir des schémas de
pensée traditionnels, d'une part en réexaminant dans le détail
les modes d'action et leur efficacité, d'autre part en
travaillant autrement et avec d'autres acteurs, chaque fois que
nécessaire. Cette stratégie passe, en premier lieu, par un
recensement hiérarchisé des risques et des menaces, pour ensuite
fixer des objectifs en délimitant précisément les territoires
concernés, tout en priorisant les actions à conduire et en
adaptant le mode de fonctionnement des organisations.
Il s'agit de continuer à améliorer les résultats en matière de
délinquance afin de répondre aux besoins de sécurité des
personnes résidant sur le territoire de la République. Dans une
situation budgétaire contrainte où tout doit être fait pour
maîtriser la dépense publique, ce qui oblige à faire preuve de
responsabilité en matière de ressources humaines, il convient
d'améliorer la performance par la mise en place de moyens
juridiques et technologiques innovants.
L'action engagée pour faire reculer la délinquance et lutter
contre toutes les formes de criminalité s'organise dès lors
selon quatre axes principaux. Assurer la sécurité partout et
pour tous grâce à une approche globale de la politique de
sécurité
La diversité des risques et des menaces conduit à concevoir une
politique de sécurité globale qui dépasse le clivage
traditionnel entre sécurité intérieure et sécurité extérieure.
C'est précisément ce à quoi invite le livre blanc sur la défense
et la sécurité nationale, publié en 2008 à la demande du
Président de la République. Il s'agit, en effet, d'assurer à
l'ensemble de la collectivité un niveau suffisant de prévention
et de protection contre ces menaces, de quelque nature qu'elles
soient et en quelque endroit qu'elles se manifestent. Cela
signifie de prendre en compte l'échelle des territoires qui peut
considérablement varier, l'impact des différents flux sur la
sécurité intérieure, le renseignement pour déceler les signes
annonciateurs de crise et enfin les événements naturels,
accidentels ou provoqués, qu'il faut savoir anticiper, gérer et
maîtriser.
Optimiser l'action des forces de sécurité intérieure dans le
cadre d'un rapprochement police/gendarmerie fondé sur la
complémentarité, la coopération opérationnelle et la
mutualisation des moyens
La
loi n° 2009-971 du 3 août 2009 relative à la gendarmerie
nationale a garanti le respect de l'identité des deux forces de
sécurité et, tout particulièrement, l'identité militaire de la
gendarmerie. Il n'y a donc pas fusion mais rapprochement. Ce
rapprochement n'est pas synonyme de compétition ou de
juxtaposition, mais s'inscrit dans une démarche de
complémentarité et d'efficacité opérationnelle. Si des résultats
tangibles ont déjà été obtenus grâce à la mutualisation des
fonctions support, la coopération doit être développée dans le
domaine opérationnel, comme c'est déjà le cas au sein des
groupes d'intervention régionaux (GIR), des offices centraux, du
réseau des attachés de sécurité intérieure ou de la coordination
des forces mobiles. Cette synergie et cette complémentarité
opérationnelles sont un des enjeux majeurs de l'adaptation de
nos forces de sécurité intérieure d'ici à 2013 et l'une des
conditions de la baisse durable de la délinquance.
Accroître la modernisation des forces de sécurité en intégrant
pleinement les progrès technologiques
Cette modernisation conditionne l'amélioration des capacités
d'élucidation et contribue à substituer une culture de la preuve
à une culture de l'aveu. Elle a pour finalité d'accroître les
performances des outils de prévention, de détection et de
protection, afin de s'adapter aux nouvelles menaces et aux
formes naissantes de délinquance. Elle veillera notamment à
mettre de nouveaux outils à la disposition des services
enquêteurs afin de lutter contre les infractions à caractère
sériel et la criminalité organisée.
Cette modernisation porte également sur la protection des
policiers et gendarmes, le renforcement des moyens de police
technique et scientifique et le développement des outils
d'investigation technique, de recueil et de traitement du
renseignement. Elle a également pour but de systématiser le
recours aux moyens vidéo, de doter les services de nouveaux
types d'équipement et d'armement, en particulier les moyens de
force intermédiaire, de renforcer les moyens de lutte contre la
cybercriminalité et d'intensifier le recours aux moyens aériens.
Rénover le management des ressources humaines et les modes
d'organisation
L'évolution des modes d'organisation et de gestion des
ressources humaines et matérielles doit correspondre aux
évolutions de la société. Aussi convient-il de :
― ouvrir encore plus largement le recrutement à toutes les
catégories de la population,
― développer les logiques de formation permanente, de validation
des acquis et de promotion sociale,
― permettre la fidélisation sur les zones difficiles en
accroissant les efforts d'accompagnement social, notamment par
un accès privilégié au logement, que ce soit par des logements à
loyer modéré ou par l'accession sociale à la propriété,
― privilégier les logiques fonctionnelles et les filières de
métier dans l'organisation des services ; à ce titre, la
rénovation de la gestion des ressources humaines de la police
nationale passe à la fois au niveau central par la fusion des
deux directions de l'administration et de la formation et au
niveau déconcentré par le développement de projets de service,
― moderniser le maillage territorial au service de la sécurité
au quotidien, en vue d'assurer l'égalité de tous les citoyens
devant le droit à la sécurité.
Le protocole « corps et carrières » de la police nationale
continuera naturellement d'être mis en œuvre, comme prévu,
jusqu'en 2012. La gendarmerie mettra en place la nouvelle grille
indiciaire « défense » et respectera le calendrier et les
objectifs du plan d'adaptation des grades aux responsabilités
exercées (PAGRE), d'ici à 2012.
La loi d'orientation et de programmation pour la sécurité
intérieure (LOPSI) n° 2003-2007 avait programmé, pour la police,
2 750 millions d'euros, dont l'essentiel (57 %) pour les crédits
du titre 2 et, pour la gendarmerie, 2 800 millions d'euros (dont
40 % de crédits du titre 2).
Les crédits de paiement des missions « Sécurité » et « Sécurité
civile », hors charges de pensions, évolueront sur la période
2009-2013, sous réserve des dispositions des lois de finances et
des lois de programmation des finances publiques, conformément
au tableau suivant :
(En millions d'euros)
CRÉDITS DE PAIEMENT
hors comptes d'affectation spéciale |
2009 |
2010 |
2011 |
2012 |
2013 |
Sécurité |
11 456 |
11 437 |
11 526 |
11 478 |
11 451 |
Sécurité civile |
381 |
381 |
393 |
405 |
415 |
Total |
11 837 |
11 818 |
11 919 |
11 883 |
11 866 |
Au sein de ces crédits, la LOPPSI identifie et programme les
ressources indispensables qui permettront à la gendarmerie, à la
police et à la sécurité civile sur la période 2009 à 2013
d'améliorer la modernisation, la mutualisation et le management
de la sécurité intérieure. Ces ressources incluent les effets du
plan de relance, qui réalise une anticipation d'achats de
véhicules : 100 millions d'euros de dépenses ont ainsi été
anticipés en 2009, qui devaient initialement être réalisés à
hauteur de 45 millions d'euros en 2011 et 55 millions d'euros en
2012.
Les ressources consacrées à la modernisation évolueront sur la
période 2009-2013, sous réserve des dispositions des lois de
finances et des lois de programmation des finances publiques,
conformément au tableau suivant :
(En millions d'euros)
CRÉDITS DE PAIEMENT
hors comptes d'affectation spéciale |
2009 |
2010 |
2011 |
2012 |
2013 |
Total |
Titre 2 |
67 |
124 |
192 |
241 |
282 |
906 |
Hors titre 2 |
120 |
251 |
332 |
264 |
283 |
1 250 |
Total |
187 |
375 |
524 |
505 |
565 |
2 156 |
La mise en œuvre de ces moyens fera l'objet d'un rapport annuel
présenté au Parlement dans le cadre du débat budgétaire portant
sur les missions « Sécurité » et « Sécurité civile ». Le premier
rapport présenté après l'adoption de la présente loi précise les
conditions du déploiement des programmes prioritaires décrits
ci-dessous.
Ces projets marquent la volonté des institutions de se doter de
moyens faisant appel à la haute technologie, au service de la
sécurité publique générale et de la lutte contre toutes les
formes de délinquance.
I. ― Assurer la sécurité partout et pour tous
grâce à une approche globale de la politique de sécurité
Assurer la sécurité partout et pour tous est une mission dont la
responsabilité incombe, au premier chef, à la police et à la
gendarmerie nationales. Mais la prise en compte des nouveaux
enjeux impose de recomposer l'architecture générale de la
sécurité, avec une meilleure répartition des tâches entre les
acteurs concernés pour clarifier les missions des uns et des
autres et recentrer policiers et gendarmes sur leur cœur de
métier. Cela suppose de mobiliser l'ensemble des ressources au
sein de territoires aux périmètres redéfinis et de mettre en
cohérence les différentes réponses à apporter, qu'elles soient
préventives, dissuasives ou répressives. L'approche globale des
problématiques de sécurité induit, nécessairement, une politique
transversale et partenariale.
1. Mobiliser tous les acteurs au service
de la sécurité de nos concitoyens
La nécessité d'apporter une réponse globale aux problèmes de
sécurité conduit tout d'abord à instaurer et à développer des
procédures d'action interministérielles.
Plusieurs ont été récemment engagées ou confortées. Ainsi, une
circulaire commune a été signée le 23 septembre 2009 avec le
ministre chargé de l'éducation nationale afin de renforcer la
sécurité des établissements scolaires. Elle prévoit, notamment,
de multiplier les opérations de sécurisation aux abords des
établissements et de généraliser la pratique des diagnostics de
sécurité, éventuellement complétés de diagnostics de sûreté,
dont les préconisations, comme le développement de la
vidéoprotection, doivent être mises en œuvre pour renforcer la
prévention situationnelle des lycées et collèges.
Ce même jour était signé, avec le ministre chargé du budget, un
protocole précisant les modalités de l'implication de cinquante
agents du fisc dans la lutte contre l'économie souterraine dans
certains quartiers, en étroite collaboration avec les services
de police et de gendarmerie. L'objectif est de « redresser » les
activités lucratives non déclarées qui permettent à certains
trafiquants d'afficher un train de vie sans commune mesure avec
les revenus qu'ils sont censés officiellement percevoir. Dans ce
cadre, en liaison avec l'autorité judiciaire, le recours à la
procédure de saisie sera développé.
De même, un rapprochement opérationnel, notamment en matière de
lutte contre le trafic de stupéfiants, sera réalisé entre les
services de douanes, d'une part, et les services de police et de
gendarmerie nationales, d'autre part.
Parallèlement, la coopération entre les préfets et les
procureurs de la République a été renforcée avec la création à
l'été 2009 des états-majors de sécurité. Préfets et procureurs
réunissent ensemble et chaque mois les états-majors
départementaux de sécurité chargés d'impulser les politiques de
sécurité dans chaque département.
Ce travail partenarial doit être, à la fois, intensifié et
étendu à tous les acteurs institutionnels intéressés par les
problématiques de sécurité.
Les maires ont un rôle clé à jouer en matière de prévention de
la délinquance et il ne s'agit pas là d'une action subsidiaire
de lutte contre l'insécurité, mais d'un mode d'action à part
entière. La mobilisation de l'ensemble des acteurs de la chaîne
de prévention est un facteur de réussite fondamental. Le plan
national de prévention de la délinquance et d'aide aux victimes,
présenté le 2 octobre 2009, a pour objectif d'exploiter toutes
les possibilités offertes par la
loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de
la délinquance. Il vise, entre autres, à mieux coordonner
l'action des acteurs locaux de la prévention, en plaçant le
maire au cœur du dispositif.
C'est dans le même esprit que doit être systématisée et
développée la complémentarité avec les polices municipales.
Celles-ci jouent un rôle essentiel en matière de sécurité de
proximité et les modalités de leur coopération avec les services
de police et de gendarmerie devront être précisées au travers,
notamment, d'une nouvelle convention-cadre. En effet, si elles
sont un maillon important de la chaîne de sécurité intérieure,
leurs missions, leurs modes d'organisation et leurs moyens
affichent une grande hétérogénéité.
Les entreprises de sécurité privée sont également devenues un
acteur à part entière de la sécurité intérieure. Elles
interviennent dans des domaines où certaines compétences peuvent
être partagées, voire déléguées par l'Etat. Mais cette
répartition des tâches doit se faire dans la transparence et en
parfaite complémentarité entre des acteurs clairement
identifiés. Il conviendra, à cet égard, de définir le champ du
partenariat opérationnel à développer entre le ministère de
l'intérieur et les représentants du secteur de la sécurité
privée, en respectant une triple exigence d'éthique, de
compétence et de contrôle des secteurs ainsi délégués au secteur
privé.
La sécurité étant l'affaire de tous, la mobilisation doit
également s'étendre à l'ensemble des citoyens, qu'ils
participent aux réunions de quartier animées par les policiers
ou les gendarmes, qu'ils s'investissent plus activement au sein
du service volontaire citoyen de la police nationale ou qu'ils
rejoignent le dispositif de « participation citoyenne »
développé par la gendarmerie nationale.
2. Mieux répondre aux besoins de sécurité
des différents territoires
Les mutations de ces dernières années ont vu s'organiser
différemment une délinquance qui n'a pas attendu pour s'adapter
aux nouvelles concentrations de population, aux réseaux de
communication et aux modes de transports, s'affranchissant
depuis longtemps des frontières administratives.
La criminalité étant devenue plus mouvante, des bassins de
délinquance ont émergé, dessinant des zones incluant les lieux
de commission des infractions et ceux où résident habituellement
leurs auteurs, sans qu'il y ait nécessairement concordance avec
les frontières administratives de la circonscription, de la
brigade ou même du département. Pour autant, il importe que les
forces de sécurité soient en mesure de prévenir ces actes
délictueux et, dès lors qu'ils ont été commis, de poursuivre
leurs auteurs, sans que les limites administratives
territoriales n'entravent leur action.
L'analyse fine de la nature, du volume et de la fréquence des
actes de délinquance, ainsi que de l'amplitude de la mobilité de
leurs auteurs a permis de bâtir une cartographie définissant les
contours des bassins au sein desquels l'action des forces de
sécurité doit s'organiser de façon plus efficiente, sous un
commandement unique et cohérent.
C'est sur la base de ce constat que la « police d'agglomération
» a été mise en place, le 14 septembre 2009, en région
parisienne. Il s'agissait de mettre en œuvre une intégration de
l'organisation policière à l'échelle de Paris et des trois
départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine,
Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), c'est-à-dire sur un territoire
qui constitue une zone urbaine continue, aux dimensions limitées
et à forte densité de population.
Cette police d'agglomération, placée sous l'autorité du préfet
de police, favorise, grâce à la mutualisation des unités et
renforts projetables, une optimisation de la présence policière
sur la voie publique, aux heures et dans les lieux où la
délinquance est la plus forte. En permettant aux services de
police d'agir plus efficacement, elle améliore les conditions de
sécurité dans toute l'agglomération parisienne.
Ailleurs en France se dessinent des espaces urbains dépassant
largement les limites administratives des communes centre, les
flux de population se densifiant et s'accélérant grâce,
notamment, au développement important des réseaux de transports.
Ces flux concernent également la délinquance qui profite des
mêmes facilités de déplacement. Aussi a-t-il été décidé
d'étendre le dispositif de la police d'agglomération à d'autres
grandes villes comme Lille, Lyon et Marseille. En effet, pour
lutter plus efficacement contre le phénomène de délinquance,
chaque jour plus mobile, il faut mettre en place une
organisation supracommunale qui prenne en compte cette nouvelle
réalité qu'est l'agglomération et si possible la confier à une
seule et même force. Lorsque les territoires continuent de
relever de forces différentes, un renforcement de la coopération
s'impose naturellement entre police et gendarmerie. Cette
coopération doit être de première importance dans les zones
périurbaines, qui constituent des zones tampon entre la ville et
la profondeur des territoires. Cette évolution majeure dans
l'approche des problématiques de sécurité a vocation à s'étendre
à d'autres agglomérations. Par ailleurs, la logique qui préside
à l'organisation des forces de police dans les grandes
agglomérations doit également inspirer l'évolution du dispositif
sur le reste du territoire où existe un maillage hérité de
l'histoire qu'il convient d'améliorer en y apportant les
adaptations nécessaires. La sécurité doit être appréhendée,
aujourd'hui, sous un angle global et les citoyens qui ne vivent
pas dans les grandes agglomérations, qui circulent ou qui
séjournent temporairement hors de celles-ci, doivent bénéficier
d'un niveau égal de sécurité.
A une vision statique de la géographie sécuritaire, il faut
substituer une vision dynamique. A l'instar de la police
d'agglomération, la police des territoires doit mettre en œuvre,
avec les forces de la gendarmerie nationale, une stratégie
homogène de la sécurité au profit de la population répartie sur
des territoires étendus et hétérogènes.
La police des territoires doit être capable de contrôler des
espaces étendus, composés de petites villes, de zones
périurbaines et de zones rurales, ainsi que les flux nationaux
et internationaux de personnes et de biens qui les traversent.
Elle doit être parallèlement en contact permanent avec une
population dispersée. Tout en s'appuyant sur le maillage des
brigades et l'organisation intégrée de la gendarmerie, elle doit
favoriser la subsidiarité et la mobilité des unités appelées à
intervenir en dehors de leur périmètre d'action habituel.
Police d'agglomération, police des territoires et mise en
cohérence territoriale chaque fois que nécessaire constitueront
les éléments clés de l'action engagée pour adapter les forces de
police et de gendarmerie aux nouveaux bassins de délinquance.
3. Mieux mobiliser les différentes réponses :
prévention, dissuasion et répression
Il ne peut y avoir d'action efficace contre la délinquance qu'à
la condition d'agir de façon cohérente et combinée sur les
différents leviers que sont la prévention, la dissuasion et la
répression, sans omettre la communication qui permet d'expliquer
les raisons qui prévalent au choix du mode d'intervention.
La sécurité est une chaîne qui va de la prévention de la
délinquance à l'exécution effective d'une peine, mais également
jusqu'à la réinsertion du délinquant une fois que sa peine a été
exécutée. La prévention doit donc être considérée comme l'un des
volets essentiels de la lutte contre la délinquance. La mise en
œuvre, à compter du 1er janvier 2010, des dispositions du plan
national de prévention de la délinquance et d'aide aux victimes
permet de mobiliser l'ensemble des acteurs de la chaîne de
prévention et d'exploiter toutes les possibilités offertes par
la
loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 précitée. Cette mobilisation
porte tant sur les procédures que sur des objectifs renouvelés,
selon des modalités simples, opérationnelles et efficaces. Les
maires sont appelés à jouer un rôle fondamental dans la
coordination des différents acteurs locaux, en particulier dans
le cadre des conseils locaux de sécurité et de prévention de la
délinquance. Ils sont au cœur du dispositif.
Parmi les objectifs de ce plan gouvernemental figure, notamment,
le développement de la vidéoprotection, en association avec les
maires. La vidéoprotection a un effet préventif et dissuasif
certain et son exploitation facilite l'identification des
auteurs d'infractions. D'ailleurs, une majorité de Français est
favorable à l'installation de caméras pour améliorer la sécurité
générale. Selon un rapport de l'inspection générale de
l'administration (juillet 2009), les crimes et délits chutent,
en effet, deux fois plus vite dans les villes équipées que dans
celles où aucun dispositif n'est installé. L'objectif est de
tripler en deux ans le nombre de caméras installées sur la voie
publique (environ 20 000 en 2009).
C'est ce même souci d'une meilleure coordination des différents
leviers que sont la prévention, la dissuasion et la répression
qui a conduit à la mise en place des états-majors départementaux
de sécurité. Afin d'améliorer et de rendre plus efficace la
lutte contre la délinquance, il importait de faire en sorte
qu'existe une véritable continuité entre l'action menée sous la
responsabilité de l'autorité préfectorale et celle relevant de
l'autorité judiciaire. Organe opérationnel du comité
départemental de sécurité, l'état-major départemental de
sécurité, sous la présidence conjointe du préfet et du procureur
de la République, permet un pilotage plus fin et une réponse
mieux coordonnée de l'action menée au plan local contre les
différents phénomènes criminels et délictuels.
Agir efficacement contre la délinquance c'est, également,
mobiliser toutes les ressources juridiques qui peuvent aider au
quotidien l'action des services de police et de gendarmerie.
C'est notamment le cas des mesures de police administrative.
Elles constituent un moyen d'action dont l'utilité est avérée,
qu'il s'agisse des pouvoirs de police générale du maire et/ou du
préfet, ou qu'elles portent sur des domaines plus spécialisés
tels que les débits de boisson, les établissements de nuit, les
lieux festifs, les brocantes, vide-greniers, dépôts-vente ou sur
la sécurité des établissements recevant du public.
Au-delà de la mobilisation des instruments juridiques existants,
il convient d'adapter la législation et la réglementation aux
besoins de sécurité et aux évolutions de la délinquance. Les
attentes de nos concitoyens évoluent, les besoins de sécurité
évoluent, la loi doit aussi évoluer. C'est toute l'ambition de
la présente loi qui vise précisément à renforcer la protection
des citoyens et la tranquillité nationale. De nouveaux moyens
juridiques seront mis en place, comme celui permettant de
réprimer plus sévèrement les cambriolages ou les agressions de
personnes âgées, ou ceux permettant aux forces de police et de
gendarmerie de disposer d'instruments juridiques mieux adaptés
aux nouvelles formes de délinquance ou aux possibilités
technologiques.
4. Mieux lutter contre les différentes formes
de délinquance
Les services de police et de gendarmerie doivent être en mesure
de faire face plus efficacement aux différentes formes de
délinquance existantes, tout comme ils doivent être en situation
de prendre en compte les formes de délinquance émergentes,
telles celles relevant, par exemple, de la cybercriminalité.
L'action des forces de sécurité s'inscrit, en effet, dans un
environnement mouvant et incertain, car le phénomène de
délinquance est à la fois évolutif et protéiforme. La
délinquance présente une physionomie de plus en plus
diversifiée, qu'il s'agisse des délinquants eux-mêmes, avec la
part de plus en plus importante prise par les mineurs ou les
jeunes femmes, ou des modes opératoires qui s'adaptent en temps
réel aux évolutions technologiques ou aux modes d'intervention
des forces de sécurité.
La nécessité s'impose de renforcer l'action dans trois domaines
prioritaires : la lutte contre le trafic de drogue, la lutte
contre les violences aux personnes, et notamment contre les
bandes, enfin la délinquance des mineurs.
* Les trafics de stupéfiants constituent un véritable fléau par
la nature des problèmes qu'ils génèrent. Ils corrompent tout
d'abord la jeunesse, favorisent le développement d'une économie
souterraine de plus en plus puissante et engendrent de très
nombreux actes de délinquance pouvant aller jusqu'à la
professionnalisation de certains réseaux criminels.
Aussi le plan global de lutte contre le trafic de drogue
prévoit-il d'agir aussi bien contre les gros trafiquants que
contre les trafiquants de proximité. Le 11 décembre 2009 a été
installé auprès du ministre de l'intérieur un secrétaire général
chargé de définir et de mettre en œuvre la politique de lutte
contre le trafic de drogue dans le cadre d'une action
interministérielle très étroite. La mise en application de ce
plan exige une totale implication des états-majors
départementaux de sécurité, afin de décliner, au plan
territorial, les dispositions du plan national. L'action
s'organise à partir de l'élaboration d'une cartographie précise
des territoires où s'exercent les trafics. Des opérations «
coups de poing » sont organisées dans les quartiers les plus
touchés par le phénomène afin de déstabiliser les trafiquants et
faire reculer le trafic de proximité, tout spécialement aux
abords des établissements scolaires.
Si ce plan appelle à une plus grande mobilisation des structures
existantes avec, en particulier, un recentrage de l'activité des
groupes d'intervention régionaux (GIR), il prévoit, également,
un renforcement des moyens :
― humains, avec notamment l'affectation, depuis le 1er décembre
2009, de cinquante inspecteurs des services fiscaux au sein des
« groupes cités » des services de police et de gendarmerie, ou
la création de nouvelles unités cynophiles ;
― technologiques, dans les domaines, en particulier, de la
géolocalisation et de la télédétection ;
― ou juridiques, avec la création d'un cadre juridique adapté
pour améliorer la circulation et le partage des informations
entre les services administratifs, policiers et judiciaires
concernés et partager les informations soumises au secret
professionnel, pour faciliter l'identification et la saisie des
avoirs criminels.
Cet arsenal est complété par un important volet européen et
international de nature non seulement à harmoniser les
législations et les pratiques professionnelles, mais aussi à
échanger encore plus efficacement les informations
opérationnelles nécessaires pour combattre les trafics au plan
international.
* La lutte contre les violences aux personnes est une
préoccupation majeure, tant elle paraît difficile à mener, du
moins pour certaines composantes de cet agrégat. C'est le cas,
notamment, des violences intrafamiliales sur lesquelles les
services de police ou de gendarmerie n'ont qu'une influence
minime, dès lors qu'elles se déroulent dans l'intimité du foyer
familial et qu'elles ne font pas l'objet d'un signalement. C'est
en améliorant les conditions d'accueil dans les commissariats et
les brigades et en aidant et accompagnant celles et ceux qui ont
le courage de briser la loi du silence qu'on parviendra à
améliorer la prévention de ces comportements et à être plus
efficace dans la répression des auteurs de ces actes de
maltraitance. La mise en place, en octobre 2009, de brigades de
protection de la famille vise à mieux faire face à ces
situations difficiles qui touchent les publics particulièrement
vulnérables comme les femmes battues, les mineurs victimes de
violences et les personnes âgées maltraitées.
Mais les atteintes à l'intégrité physique sont aussi, et trop
souvent, le fait de bandes, plus ou moins organisées, qui
terrorisent un quartier, un immeuble et/ou un moyen de transport
et tentent d'imposer par la violence leur propre vision du
monde. Lutter contre ce phénomène étroitement lié à ceux de la
drogue et de l'économie souterraine est une nécessité absolue.
Dès le mois d'octobre 2009, des groupes spéciaux d'investigation
sur les bandes ont été mis en place dans les trente-quatre
départements les plus touchés par les violences urbaines et des
référents ont été désignés dans tous les autres services. Par
ailleurs, la création d'un traitement de données à caractère
personnel relatif à la prévention des atteintes à la sécurité
publique permet, désormais, de remplir plus efficacement la
mission de prévention des phénomènes de violence et donc de
mieux lutter contre les bandes. En région parisienne, la mise en
œuvre de la police d'agglomération qui permet de coordonner
l'action de 33 000 policiers sous le commandement unique du
préfet de police facilite les synergies opérationnelles et
renforce l'efficience des services dans la lutte contre les
violences et les bandes. Enfin, l'incrimination de
l'appartenance à une bande violente complétera utilement
l'arsenal législatif en la matière.
* La délinquance des mineurs constitue le troisième axe sur
lequel les forces de sécurité doivent faire porter leurs
efforts. En effet, la part des mineurs dans la délinquance
générale s'élève à 18 %. Le nombre total des mineurs mis en
cause a progressé de 15,21 % entre 2002 et 2008. De surcroît,
ces mineurs délinquants sont de plus en plus jeunes. Ces mineurs
sont majoritairement impliqués dans des faits de dégradations,
de vols, de violences ou d'infractions à la législation sur les
stupéfiants. La
loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 précitée établit un cadre
général d'action pour combattre la banalisation de la violence,
depuis les incivilités à l'école jusqu'aux bagarres entre
bandes. Au-delà de l'activité des brigades de protection de la
famille et des brigades de prévention de la délinquance
juvénile, les référents et correspondants police-jeunesse
développent des actions de prévention en direction de la
jeunesse. Les correspondants sécurité-écoles remplissent
également ce rôle dans le cadre du partenariat établi avec
l'éducation nationale. Les policiers et gendarmes formateurs
antidrogue sensibilisent les jeunes en milieu scolaire. Le
concept de sanctuarisation de l'espace scolaire (SAGES) mis en
place par la gendarmerie contribue à améliorer la sécurité des
établissements les plus sensibles. Le plan national de
prévention de la délinquance et d'aide aux victimes 2010-2012
prévoit une batterie de mesures pour mieux prévenir la
délinquance des mineurs, notamment de ceux qui sont
déscolarisés. Parmi celles-ci figurent la systématisation de
l'échange d'informations entre acteurs concernés pour faciliter
le repérage des mineurs dont la situation est préoccupante au
regard du risque de passage à l'acte ou de récidive ainsi que le
renforcement de la collaboration entre les institutions pour
assurer une réponse rapide et adaptée qui s'adresse tant aux
mineurs concernés qu'à leur famille. Les brigades de protection
de la famille sont mobilisées dans le cadre de ce plan, en vue,
également, d'initier et d'animer des actions de prévention. Des
mesures plus dissuasives sont à l'étude, comme celles consistant
à permettre aux préfets de décider d'un couvre-feu ciblé pour
des mineurs de 13 ans.
5. Préparer l'avenir
Il s'agit, d'abord, de faire en sorte que les forces de sécurité
puissent s'adapter aux évolutions de la délinquance liées aux
nouvelles technologies. Cela passe à la fois par la recherche,
mais également par l'acquisition de nouveaux équipements et la
formation des personnels. Le développement des nouvelles
technologies doit être mis à profit dans tous les domaines
intéressant l'activité des services, aussi bien dans les
missions de sécurité générale qu'en matière de lutte
antiterroriste ou d'investigation judiciaire : traitement de
l'information et des données techniques, moyens de
communication, d'observation et d'enregistrement,
vidéoprotection, biométrie, matériel roulant, moyens aériens et
nautiques, systèmes de signalisation, armement, équipements de
protection...
La préparation de l'avenir nécessite, aussi, de conforter la
protection du territoire et de la population, en France comme à
l'étranger, d'une part, contre les menaces terroristes ou
extrémistes et, d'autre part, contre les nouvelles formes
d'insécurité susceptibles de se développer au niveau mondial.
Déjà, la globalisation économique permet une propagation de la
criminalité organisée ; la multiplication des conflits
extérieurs porte la menace d'une possible transposition sur
notre territoire ; les infrastructures critiques d'importance
vitale constituent des cibles potentielles pour les
organisations criminelles et le cyberespace devient le champ
d'action des criminels de tous genres. La vigilance est donc de
rigueur et doit rester tendue vers la détection des signaux
faibles, précurseurs ou annonciateurs de menaces ou de crises
imminentes.
D'autres vulnérabilités, liées aux évolutions sociales et
sociétales, sont à prendre en compte dès à présent. C'est
précisément le cas du vieillissement démographique qui donne
naissance à de nouvelles fragilités. Les personnes âgées sont
notamment des cibles privilégiées dans le cadre du développement
des escroqueries et de la délinquance itinérante. Elles sont, en
outre, beaucoup plus sujettes aux pressions et sollicitations de
leur entourage, comme elles sont plus exposées aux infractions
sanitaires et sociales au sein des établissements spécialisés ou
à domicile. Cette problématique particulière a fait l'objet
d'une mission temporaire confiée par le Premier ministre à M.
Edouard Courtial, député, afin d'analyser les besoins de
sécurité liés au vieillissement de la population et de proposer
un plan d'action.
Préparer l'avenir, c'est aussi développer de nouvelles relations
entre les forces de sécurité et la population. Seules une police
et une gendarmerie exemplaires, c'est-à-dire agissant dans le
respect des valeurs républicaines, peuvent être efficaces. Cette
efficacité réside dans la qualité de la réponse que les deux
forces apportent aux attentes du corps social dont elles
procèdent et qui les a investies. La déontologie est donc au
cœur des relations entre les représentants des forces de
sécurité et les citoyens. C'est parce que la déontologie est et
sera respectée que s'établira un véritable lien de confiance
avec la population. C'est le respect de la déontologie qui
permet d'affirmer le sens du discernement et de conforter
l'éthique de la responsabilité, gages du professionnalisme des
policiers et des gendarmes.
La qualité de ce lien tissé avec la population sera d'autant
plus grande que les victimes seront prises en charge avec toute
la considération qui leur est due. L'aide aux victimes constitue
l'une des quatre priorités du plan national de prévention de la
délinquance. C'est dans ce cadre que sera développé le
dispositif des intervenants sociaux dans les services de police
et de gendarmerie, de même que les permanences d'associations
d'aide aux victimes. L'expérimentation de la pré-plainte en
ligne puis, le cas échéant, son extension, peut contribuer à
améliorer l'accueil des victimes en facilitant les démarches des
usagers, et des initiatives nouvelles seront prises pour
favoriser le dialogue entre les forces de sécurité et la
population et, notamment, avec les jeunes.
Tous les ans, l'Observatoire national de la délinquance et des
réponses pénales (ONDRP) procédera, en liaison avec l'Institut
national de la statistique et des études économiques, à une
enquête nationale de victimation dont les résultats seront
publiés.
Enfin, les états statistiques existants seront enrichis dans
leur contenu et adaptés dans leur présentation. Au terme de la
réflexion conduite avec l'ONDRP, seront proposés de nouveaux
outils qui offriront non seulement un support de communication
pertinent, mais également les moyens de mieux mesurer les
attentes de la population et de permettre un pilotage plus fin
de l'activité des services, ainsi que des indicateurs appropriés
pour évaluer la performance des différents services et des
principaux acteurs, et les résultats concrets obtenus en matière
de lutte contre l'insécurité.
II. ― Optimiser l'action des forces de sécurité intérieure dans
le cadre du rapprochement police/gendarmerie
La gendarmerie nationale est placée sous l'autorité
fonctionnelle du ministre de l'intérieur depuis le 15 mai 2002
pour ses missions de sécurité intérieure. La
loi n° 2009-971 du 3 août 2009 précitée a scellé son
rattachement organique, tout en garantissant le statut militaire
de la gendarmerie. Le rapprochement des deux forces sous un seul
et même commandement est une réforme majeure et structurante
pour les années à venir. Il ne s'agit pas d'instaurer une
concurrence entre police et gendarmerie, mais de développer les
complémentarités dans un but essentiellement opérationnel.
L'objectif est, en effet, de donner plus d'efficacité aux
dispositifs de sécurité, certes en mutualisant les moyens, mais
surtout en développant les synergies et en renforçant la
maîtrise des territoires. Beaucoup a déjà été entrepris en ce
sens, mais la symbiose ne pourra être effective qu'à la
condition d'être progressive et résolue pendant la période
couverte par la LOPPSI.
1. Optimiser la coopération
et la complémentarité opérationnelles
La coopération doit être développée dans le domaine
opérationnel, comme c'est déjà le cas au sein des groupes
d'intervention régionaux (GIR), des offices centraux, du réseau
des attachés de sécurité intérieure ou de la coordination des
forces mobiles.
Un travail d'analyse systématique des compétences
opérationnelles et des actions des deux forces a été engagé. Il
doit déboucher sur un schéma d'organisation des forces de
sécurité intérieure qui soit le mieux adapté à l'efficacité
opérationnelle dans les différents domaines d'activité, comme le
renseignement, la sécurité générale, l'ordre public, la police
judiciaire ou la coopération internationale. Ce schéma, qui
tendra à réduire les doublons et les redondances, proposera,
selon les cas, de désigner une direction pilote, de mettre en
place une structure d'action commune, d'élaborer un protocole de
coopération ou de dégager des doctrines d'emploi ou des règles
d'action communes. Cette démarche engagée au deuxième semestre
2009 sera menée à bien dans le courant de l'année 2010. D'ores
et déjà, il a été décidé de créer une structure d'action commune
dans le domaine de la coopération internationale. En outre, les
systèmes d'information et de commandement et les technologies de
la sécurité intérieure participant directement à l'efficacité et
à la modernisation des forces, il a été décidé de créer une
structure commune pour favoriser les synergies.
Au-delà de ces ajustements, il s'agira de réaliser une approche
plus globale en termes d'organisation, de couverture
territoriale et de fonctionnement des forces de sécurité
intérieure.
Ainsi, les ressources de la police et de la gendarmerie doivent
être optimisées pour répondre au mieux aux attentes de la
population en prenant en compte la réalité de la délinquance et
son évolution. L'effort doit porter sur la recherche de la
meilleure adaptation, localement, du dispositif tout en
préservant les liens de confiance avec la population, en
améliorant la capacité de lutte contre les diverses formes
d'insécurité et en mettant à profit le développement des
nouvelles technologies.
La mise en œuvre des redéploiements des zones de sécurité
publique entre les deux forces, associée à l'évolution des
charges auxquelles la gendarmerie et la police devront faire
face, nécessitera une adaptation des modes d'organisation et de
fonctionnement. Le cadre réglementaire régissant la compétence
territoriale de la gendarmerie et de la police nationales sera
aménagé afin d'assurer une plus grande cohérence opérationnelle
pour couvrir les différents bassins de délinquance.
Les missions de garde et d'escorte au profit des centres de
rétention administrative (CRA) seront intégralement transférées
à la police aux frontières ; le schéma des forces mobiles de la
gendarmerie sera aménagé pour tenir compte de ce transfert. Plus
généralement, l'évolution des missions des forces mobiles de la
gendarmerie et de la police rendra nécessaire une adaptation de
leurs conditions d'emploi.
Tout en garantissant une qualité de l'offre de sécurité égale
selon le mode d'organisation et de fonctionnement propre à
chaque force, l'attention sera portée notamment sur un
rééquilibrage des moyens entre les territoires. Les délais
d'intervention devront rester adaptés à la nature des zones, au
nombre et à la fréquence des sollicitations.
Tirant les enseignements de la généralisation des différents
contrôles automatisés, les modalités d'emploi des unités
spécialisées en sécurité routière seront également réaménagées
et un effort particulier sera consacré au réseau dit secondaire.
2. Systématiser la mutualisation des moyens et des actions de
gestion en matière de ressources humaines
Au plan de l'appui opérationnel, la lutte contre les violences
urbaines, les troubles graves à l'ordre public et l'immigration
clandestine imposent l'intensification du recours aux moyens
spécialisés.
Dans ce cadre, afin d'optimiser l'utilisation des matériels dont
les coûts d'acquisition et de maintenance sont particulièrement
élevés, les moyens aériens et nautiques, les véhicules blindés
et les fourgons-pompes de la police et de la gendarmerie seront
engagés au profit des deux forces. Les bornes de signalisation
par empreintes digitales de la police pourront dans certains
départements être ouvertes aux services de gendarmerie.
Pour ce faire, des protocoles seront systématiquement établis
pour compenser les coûts liés à l'augmentation d'activité,
coordonner l'engagement de ces moyens et garantir une réactivité
optimale.
La convergence sera activement engagée en matière d'équipements
automobiles et de moyens de communication. Les deux forces
opérationnelles se doteront massivement de systèmes embarqués
dans les véhicules d'intervention.
Après l'achèvement du déploiement du réseau de communication de
la police (ACROPOL), une convergence des nouveaux vecteurs de
communication des différents services de la sécurité intérieure
devra être recherchée pour une interopérabilité complète, à
terme, de leurs réseaux de transmission. Les réseaux seront
ouverts progressivement aux autres services contribuant à la
sécurité dans la limite des ressources disponibles du réseau.
Des modalités de gestion opérationnelle seront déterminées pour
gérer le partage des ressources des réseaux ACROPOL (police et
gendarmerie mobile) et ANTARES (réseau de communication des
services départementaux d'incendie et de secours et de la
sécurité civile) dans le cadre de la mise en place d'une
infrastructure partagée des télécommunications.
Sur la base de ces réseaux, les centres d'information et de
commandement (CIC) de la police seront modernisés pour fournir
une réactivité optimale des forces. S'agissant des forces de
gendarmerie, la poursuite du système départemental de
centralisation de l'information COG RENS (projet ATHENA adossé
au réseau RUBIS) offrira des fonctionnalités similaires.
L'optimisation des moyens de transports à vocation logistique
sera assurée entre la gendarmerie et la police aux niveaux
national et local.
La sécurité civile sera pleinement associée à cette démarche,
notamment en ce qui concerne les aéronefs, les bases et la
politique de maintenance. Dans le respect des objectifs
opérationnels, cette mutualisation sera particulièrement
recherchée outre-mer, où le ministère de l'intérieur, de
l'outre-mer et des collectivités territoriales se verra confier
à partir de 2012 de nouvelles responsabilités en lieu et place
des armées.
Le domaine des prestations de soutien constitue un champ de
mutualisation privilégiée entre police et gendarmerie, notamment
dans les domaines suivants : immobilier, moyens d'entraînement,
équipement et maintenance automobile, police technique et
scientifique, risque NRBC (nucléaire, radioactif,
bactériologique et chimique).
Mutualiser l'immobilier
S'agissant de l'immobilier, le redéploiement des zones de
compétence entre police et gendarmerie, au cours des cinq
prochaines années, conduira à un partage des implantations
immobilières selon la nature des futurs services compétents.
Ce redéploiement des zones de compétence s'accompagnera d'une
réorganisation de la conduite d'opérations. Les secrétariats
généraux pour l'administration de la police (SGAP) sont appelés
à devenir les services constructeurs de droit commun pour
l'ensemble du ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des
collectivités territoriales. Quant à la définition et la mise en
œuvre de la politique immobilière de la police et de la
gendarmerie, elles sont confiées au secrétaire général du
ministère sur la base des priorités définies par les deux
directions générales concernées.
Une expérimentation de mutualisation et d'externalisation de la
maintenance des infrastructures est actuellement menée en
régions Auvergne et Limousin. Les résultats de cette
expérimentation pourront conduire à une extension du dispositif
à d'autres régions.
Des moyens d'entraînement communs
L'utilisation d'un centre d'entraînement commun à la lutte
contre les violences urbaines sera favorisée dans l'optique du
développement de standards européens, dynamique déjà engagée,
par exemple, avec le Centre national d'entraînement des forces
de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne).
De même, la formation à des spécialités communes à la police et
à la gendarmerie pourra être mutualisée dans une même école ou
un même centre.
Mutualiser l'équipement et le soutien automobile
Sauf exception, la mutualisation des achats, des équipements
ainsi que du soutien automobile est désormais la règle entre les
deux forces.
En matière d'habillement, la police nationale a externalisé
cette prestation. La gendarmerie nationale mettra en œuvre des
modalités d'externalisation de la gestion de son habillement.
Le nouveau site logistique de la police nationale de Limoges
assurera désormais le soutien des armes et la transformation des
véhicules spécifiques pour les deux forces.
Ses activités sont complémentaires de celles du site de la
gendarmerie nationale du Blanc (Indre) qui se spécialisera dans
le soutien des effets de matériels de protection et la
mutualisation des transports de matériels en métropole et en
outre-mer.
La complémentarité de ces deux sites permettra de rendre plus
performante la coopération entre les deux forces, à commencer
par la mutualisation, au Blanc, de la chaîne de
reconditionnement des gilets pare-balles.
Le service de diffusion de la gendarmerie de Limoges exerce ses
activités au bénéfice des deux forces.
Sur l'ensemble du territoire, police et gendarmerie ont engagé
des actions en vue de mutualiser leurs ateliers de soutien
automobile. Plus de soixante-dix projets sont aujourd'hui en
cours d'étude, qui seront déclinés dans des plans zonaux de
mutualisation du soutien automobile.
Enfin, la passation de marchés mutualisés de véhicules
spécifiques a permis à la police et à la gendarmerie d'optimiser
leurs coûts d'achats et d'entretien.
La définition conjointe de futurs véhicules permettra une
optimisation financière dans la passation des marchés mais aussi
une rationalisation déjà engagée dans le soutien mutuel.
Complémentarité dans le domaine de la police technique et
scientifique
Dans le domaine de la police technique et scientifique, une
complémentarité technique des interventions sera organisée,
fondée sur la recherche du plus haut niveau de professionnalisme
disponible sur un territoire donné, à l'instar de l'unité
nationale d'identification des victimes de catastrophes (UNIVC).
De même, l'harmonisation des technologies de pointe utilisées et
leur concentration sur des sites uniques spécialisés par domaine
particulier seront examinées et mises en œuvre le cas échéant.
Une complémentarité technique pourra être étudiée dans certains
départements en matière de recherche et de traitement des
indices dans les plateaux techniques locaux. Des
expérimentations ponctuelles pourront être proposées pour en
évaluer les possibilités.
Une gestion partagée du risque NRBC
Comme le livre blanc sur la défense et la sécurité l'a souligné,
l'évolution des menaces et des risques NRBC (nucléaire,
radioactif, bactériologique et chimique) impose d'améliorer et
de renforcer la coordination des capacités de protection et de
conduire des programmes de recherche et d'équipement.
Cet effort s'impose en tout premier lieu à la direction de la
sécurité civile. Celle-ci devra disposer des capacités mobiles
d'identification des agents chimiques et biologiques. Ainsi, est
retenu l'objectif d'un parc de 16 véhicules de détection,
prélèvement et identification biologique et chimique, et son
évolution au fur et à mesure des avancées, pour assurer la
couverture des seize principales agglomérations de métropole. De
plus, le nombre de chaînes de décontamination mobiles sera
triplé (68 en 2008) d'ici à 2013, avec une attention
particulière aux moyens disponibles dans les départements et
collectivités d'outre-mer (DOM-COM).
Ainsi, l'interopérabilité entre le détachement central
interministériel (DCI), chargé de l'intervention technique sur
tout engin, et les unités d'intervention de la police et de la
gendarmerie, dont l'action est tournée contre les auteurs d'une
menace terroriste, sera développée. Cette complémentarité doit
être obtenue et exploitée tant lors des phases préventives
(détection, sécurisation des lieux, protection des cibles
potentielles) que lors des phases d'intervention (neutralisation
de la menace d'origine humaine, démantèlement de l'engin NRBC)
ou de police judiciaire (préservation de la preuve), en
garantissant la continuité des opérations.
Enfin, conformément aux préconisations du livre blanc, sera
projetée la création d'un centre national de formation en
matière NRBC. Ce centre aura vocation à regrouper l'ensemble des
services, civils et militaires, susceptibles d'intervenir à ce
titre. Il devra ainsi concourir à renforcer l'efficacité de
l'Etat.
Mutualiser des actions de gestion en matière de ressources
humaines
Au-delà des démarches déjà engagées de mutualisation dans le
domaine logistique, d'autres formes de partenariat seront
explorées, concernant notamment certains aspects du recrutement
et de la formation, ainsi que certaines mesures relatives à
l'accompagnement des gendarmes adjoints volontaires et des
adjoints de sécurité.
S'agissant du recrutement, le partenariat doit permettre des
économies d'échelle. Ainsi, dans le respect des conditions
d'emploi attachées à l'état de militaire ou de fonctionnaire
civil, la cohérence et la complémentarité des dispositifs de
recrutement des deux institutions, dans l'organisation
matérielle de la sélection, seront recherchées. En outre, les
emplois de soutien techniques et administratifs des deux forces
relèvent d'une même logique fonctionnelle et nécessitent le
recrutement d'agents titulaires de qualifications identiques.
La gendarmerie, qui développera largement le recours aux
personnels civils à l'occasion de la LOPPSI, fera appel aux
moyens ministériels pour former ses nouveaux collaborateurs.
La formation des plongeurs des deux forces de sécurité sera
assurée dans le centre existant de la gendarmerie implanté à
Antibes. Des projets de mutualisation des centres de formation
des maîtres-chiens et des motocyclistes sont actuellement à
l'étude, une expertise de la faisabilité des opérations de
regroupement étant en cours. La police, en étroite coordination
avec la gendarmerie, assurera des formations spécialisées dans
le domaine du renseignement et de la prévention situationnelle.
Enfin, la logique d'accompagnement des gendarmes adjoints
volontaires et des adjoints de sécurité dans leur recherche
d'emploi à l'issue de leurs contrats successifs est développée
par les deux forces de sécurité. Cette démarche d'accompagnement
sera étroitement concertée.
III. ― Accroître la modernisation des forces
en intégrant pleinement les progrès technologiques
1. Des policiers et des gendarmes mieux équipés
pour faire face aux nouvelles menaces
Des tenues plus protectrices
Les phénomènes de violences urbaines et les agressions dirigées
contre les forces de l'ordre, de plus en plus par usage d'armes
à feu, rendent nécessaire l'adaptation continue des équipements
des policiers et des gendarmes. Les exigences sont accrues en
matière de résistance des matériaux utilisés pour les tenues
ainsi que pour les véhicules : nouveaux textiles, nouvelles
matières pour les effets pare-coups, les casques, les visières,
les boucliers, etc.
Les risques croissants auxquels sont exposés les policiers
justifient de passer d'une logique de dotation collective à un
régime de dotation individuelle du casque pare-coups. Dans cette
perspective, 40 000 casques seront acquis pour compléter
l'équipement des policiers d'ici à la fin 2010.
Les militaires de la gendarmerie mobile seront équipés d'une
tenue d'intervention de nouvelle génération, de conception
modulaire (insertion de coques souples ou rigides selon le
besoin, protection contre les projections de produits
corrosifs), tout en maintenant un certain confort grâce,
notamment, à une meilleure isolation thermique. Par ailleurs, 4
000 gilets pare-balles à port apparent ainsi que des pare-coups
et des chasubles d'emport pour les pelotons de surveillance et
d'intervention de la gendarmerie (PSIG) viendront améliorer la
protection individuelle des gendarmes départementaux servant
dans les zones les plus exposées.
Des moyens gradués d'intervention, notamment les moyens de force
intermédiaire
La police et la gendarmerie se sont dotées depuis 1995 de
lanceurs de balles « Flash Ball Super pro » de calibre 44
millimètres et de la grenade de dispersion.
Depuis 2006, elles ont engagé conjointement des procédures
d'acquisition du pistolet à impulsions électriques, du lanceur
de balles de défense (LBD de calibre 40 × 46 millimètres) et du
dispositif d'interception des véhicules automobiles permettant
la neutralisation d'un véhicule en toute sécurité par le
dégonflage progressif des pneumatiques.
Au sein de la gendarmerie, le déploiement de dix stands de tir
mobiles (en mutualisation avec la police nationale) dans les
centres de formation et les départements les plus sensibles
(également mutualisés avec la police nationale) permettra de
parfaire la maîtrise des armes en dotation.
Le lanceur de balles de défense de 40 × 46 millimètres sera
généralisé par l'acquisition de 4 300 matériels supplémentaires
destinés aux unités spécialisées de la police (2 500) et de la
gendarmerie (1 800) nationales.
Différents équipements, armes et munitions seront développés en
partenariat pour diversifier la réponse à la violence :
munitions marquantes, lacrymogènes, cinétiques, éblouissantes,
incapacitantes, assourdissantes. Une attention particulière sera
portée au développement de technologies nouvelles (générateurs
de sons, munitions électriques...).
L'équipement de la gendarmerie mobile en moyens lourds de
dégagement et d'appui au déplacement (engin du génie EGAME)
ainsi que de neutralisation d'axes (dispositif de retenue du
public DRAP dans la catégorie des barres ponts) sera poursuivi.
Des moyens d'observation adaptés à l'intervention nocturne en
milieu urbain
Les équipements discrets pour les services de renseignement ou
d'investigation permettront d'établir la participation à des
faits délictueux et violents à base d'enregistrements
numériques.
Un équipement automobile, instrument de la lutte contre la
délinquance
Afin de prévenir toute contestation sur les modalités
d'intervention des forces de l'ordre, l'expérimentation de vidéo
embarquée dans les véhicules légers, engagée en 2006 dans la
police et la gendarmerie nationales, sera étendue. Cette avancée
technologique, corrélée à celle de la montée en puissance des
centres d'information et de commandement de la police et des
centres opérationnels de la gendarmerie, permettra un pilotage
en temps réel des interventions des effectifs de la police
nationale et des patrouilles de la gendarmerie nationale.
Le parc automobile s'adaptera aux phénomènes de violences
urbaines. Ainsi, les compagnies d'intervention de la police
nationale disposeront sans délai de véhicules adaptés à la
nature de leurs missions et aux risques auxquels les personnels
sont exposés.
Les policiers et les gendarmes, notamment ceux appelés à
intervenir dans les zones sensibles, seront équipés de véhicules
à la maniabilité et à la protection renforcées, intégrant des
dispositifs de liaison permanente entre les personnels embarqués
et au sol.
2. Des technologies nouvelles
au service de la sécurité du quotidien
Au-delà de la poursuite des programmes déjà engagés, de nouveaux
programmes visant une rupture technologique seront développés,
notamment en ce qui concerne la vidéoprotection, la biométrie,
les moyens aériens de type drones et les outils de traitement de
l'information.
Des technologies nouvelles embarquées pour un emploi plus
rationnel des effectifs
Elles offrent, grâce à la sécurisation et au développement de la
transmission des données, des outils de consultation des
fichiers et des moyens de contrôle sur le terrain qui permettent
aux policiers et aux gendarmes d'être plus efficaces dans leur
travail de contrôle, mais aussi plus réactifs vis-à-vis de la
population.
Dans cette optique, l'informatique embarquée dans les véhicules
de police sera développée afin de faciliter la consultation des
fichiers à distance.
D'ici à 2013, l'ensemble du parc des véhicules sérigraphiés de
la sécurité publique et des CRS (10 000 véhicules) devra être
équipé en terminaux embarqués polyvalents. La gendarmerie
nationale a achevé en 2009 l'équipement des terminaux
informatiques embarqués (TIE) de 6 500 véhicules et 500
motocyclettes.
La lecture automatique des plaques d'immatriculation
Le dispositif prévu par la loi de lutte contre le terrorisme de
janvier 2006, actuellement en cours d'expérimentation, sera
déployé par la police et la gendarmerie. Les douanes
s'associeront au programme qui sera constitué de systèmes fixes
et mobiles. Un système central permettra de traiter plus
spécifiquement des données liées à la lutte contre le terrorisme
et la criminalité organisée. 500 véhicules seront équipés du
dispositif mobile.
Le renforcement des moyens de renseignement et de lutte contre
le terrorisme
La collecte d'informations et le traitement des données seront
favorisés pour permettre de détecter les signaux faibles en
amont de la commission d'attentat. Les outils de fouille
opérationnelle, d'analyse de texte et des bases de données et la
lutte contre le terrorisme NRBC sont autant d'axes de
développement. L'effort d'équipement porte aussi sur le pistage
de nouvelle génération miniaturisé, le traitement des données
techniques liées à la téléphonie et à l'utilisation des réseaux
IP, l'interception et le renseignement transfrontière.
La capacité de contre-renseignement sera également accrue par le
déploiement de scanners plus performants, l'interception et le
brouillage des téléphones portables et satellitaires.
Une vidéo plus largement utilisée
L'usage de la vidéo sera intensifié pour améliorer l'efficacité
de l'action policière avec le développement d'une
vidéoprotection moderne et normalisée, des caméras embarquées,
des moyens vidéos pour lutter contre les violences urbaines,
etc.
L'enjeu sera avant tout de traiter les informations et
d'intégrer à l'ensemble des flux vidéos l'intelligence
logicielle capable d'apporter des réponses rapides pour prévenir
l'infraction ou encore apporter des éléments utiles aux
enquêteurs. Des outils d'exploitation seront mis en place aux
niveaux national et local. En particulier, le cas de
l'exploitation des données massives post-attentat fera l'objet
d'un projet dédié.
Un plan de développement de la vidéoprotection est en cours de
déploiement par le ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et
des collectivités territoriales, pour tripler (de 20 000 à 60
000) le nombre de caméras sur la voie publique et permettre aux
services de police et de gendarmerie d'accéder aux images. 75
villes ont bénéficié en 2009 d'un accompagnement financier par
le fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD)
pour compléter les installations existantes.
Au-delà de l'installation des caméras, l'effort portera sur la
qualité des matériels et des images, sur le raccordement des
centres d'information et de commandement (CIC) de la police et
des centres opérationnels de la gendarmerie (COG) aux
dispositifs de vidéoprotection urbaine et sur leur équipement en
moyens de visualisation des images.
A Paris, la préfecture de police bénéficiera du renforcement de
son réseau de vidéoprotection pour le porter au total à environ
un millier de caméras. Afin d'optimiser le coût global de cette
opération, une solution de contrat en partenariat public-privé a
été retenue et sa mise en œuvre est en cours.
Des outils plus performants au service de l'investigation
judiciaire et de la lutte contre la cybercriminalité
Les outils technologiques devront contribuer de façon majeure à
l'investigation judiciaire pour faire sensiblement progresser
l'élucidation.
Les outils de lutte contre la cybercriminalité seront
généralisés et renouvelés pour permettre d'être en phase avec ce
type de criminalité très évolutive. En particulier, la lutte
contre les usages illicites d'internet, comme la radicalisation
religieuse ou la pédopornographie, fera l'objet de mesures
particulières.
Pour améliorer le taux d'élucidation de la délinquance et mettre
davantage en évidence le caractère multiréitérant de nombreux
auteurs de faits, les forces de sécurité s'engageront dans le
déploiement de dispositifs de détection des phénomènes sériels.
La multiréitération pourra ainsi être mieux prise en compte sur
le plan pénal.
La modernisation de la gestion de l'urgence et des grands
événements
Les centres d'information et de commandement (CIC) de la police
nationale seront modernisés. Ils constitueront ainsi de réels
centres opérationnels recueillant l'ensemble des données
permettant une analyse des situations.
Après les 35 premiers centres achevés et livrés fin 2009, la
poursuite du déploiement devra tenir compte des besoins nouveaux
affichés : équipement de la préfecture de police, équipement des
aéroports et des centres zonaux de la police aux frontières,
équipement des centres de commandement autoroutiers CRS. Ces
sites seront équipés de nouvelles installations qui permettront
notamment de mettre en place la géolocalisation des équipages en
véhicules et à pied, de rationaliser et professionnaliser la
gestion des appels de police secours, de mettre à disposition
des référentiels cartographiques, d'exploiter les données de
vidéoprotection urbaines et d'optimiser l'emploi des forces dans
la logique de la police d'agglomération.
Avec le développement et la réalisation du projet ATHENA, la
gendarmerie lancera la modernisation des COG dans chaque
département. Le système de centralisation de l'information
départemental offrira des fonctionnalités nouvelles dans la
centralisation des appels, la gestion du renseignement et la
gestion des interventions par géolocalisation.
La gendarmerie poursuivra le déploiement de systèmes de
retransmission des images captées par les caméras
gyrostabilisées installées sur les nouveaux hélicoptères légers
de surveillance. Ce moyen constituera un dispositif d'aide à la
décision précieux à l'occasion des événements majeurs. Il sera
donc interopérable avec les systèmes d'information de la police
afin de renvoyer les images dans les CIC et les COG.
La police déploiera son programme de minidrones d'observation et
poursuivra la location d'avions pour les missions d'observation
et d'appui. L'usage des moyens aériens sera mutualisé entre les
deux forces, en liaison avec les moyens techniques, logistiques
et humains de la sécurité civile.
Pour faire face aux situations de crise, la police mettra en
place un système spécifique de gestion de crise et de prises
d'otages. Il accompagnera la montée en puissance de la force
d'intervention de la police nationale (FIPN).
Parallèlement, la gendarmerie poursuivra la montée en puissance
de son état-major de projection et de gestion de crise. Conjugué
à la réorganisation récente du groupe d'intervention de la
gendarmerie nationale (GIGN), ce dispositif permettra
d'accroître les capacités de riposte face aux situations
extrêmes, telles que les prises d'otages de masse ou complexes,
tant sur le territoire national qu'à l'étranger. Doté de
structures modulaires transportables avec systèmes de
communication intégrés, cet état-major viendra appuyer les
échelons de commandement locaux pour la planification et la
conduite de services majeurs de sécurité occasionnés, notamment,
par des déplacements d'autorités de premier plan ou par de
grands rassemblements de personnes.
Un renforcement des moyens de la police scientifique et
technique
En priorité, une solution immobilière sera trouvée pour
l'implantation des laboratoires de la région parisienne. Leur
relogement devra prendre en compte, d'une part, la forte
augmentation prévisionnelle des effectifs de la police
scientifique parallèlement à la poursuite de la substitution
entre actifs et administratifs, d'autre part, la nécessaire
modernisation des moyens de fonctionnement des laboratoires. Ce
sera aussi l'occasion de renouveler certains outils de
laboratoire.
Dans le même temps, le transfert de l'institut de recherche
criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), dont la
construction du pôle génétique est déjà amorcée, et du service
technique de recherche judiciaire et de documentation (STRJD)
sera conduit à son terme sur le site de Pontoise. L'ensemble des
capacités judiciaires nationales spécialisées de la gendarmerie
seront ainsi regroupées sur ce site dans une logique de
cohérence des procédures et des protocoles d'enquêtes.
Le changement de génération du fichier automatisé des empreintes
digitales (FAED) et du fichier national des empreintes
génétiques (FNAEG) permettra le traitement des empreintes
palmaires, l'échange avec les pays signataires du traité de Prüm
et l'accélération des temps d'exploitation des traces.
La modernisation des moyens employés sur la scène de crime doit
permettre de doter les techniciens de police technique et
scientifique de tous les moyens de détection utilisables pour
accéder et faciliter a posteriori le traitement des données
recueillies.
L'accroissement du nombre de personnes signalées dans le FNAEG
conduira à une augmentation des prélèvements sur les scènes
d'infractions liées à la délinquance de masse afin d'améliorer
le taux de résolution des affaires. Les laboratoires de police
scientifique (INPS et IRCGN) devront être en mesure de traiter
de nouveaux flux (individus et traces) en se dotant de chaînes
analytiques adaptées.
La gendarmerie renforcera ses outils permettant une élucidation
des infractions à partir de l'analyse des phénomènes sériels et
d'une analyse des phénomènes de flux de délinquance.
Une recherche en sécurité au service de la performance
technologique
Facteur plus général de changement, la recherche en sécurité
doit s'inscrire au cœur de l'action de soutien aux forces de
l'ordre.
La création d'un centre de recherche moderne au périmètre élargi
aux forces de sécurité intérieure et doté de moyens renforcés
apparaît à ce titre indispensable. Il veillera à la bonne
application des orientations retenues sous la gouvernance d'un
conseil scientifique qui sera créé.
La recherche visera notamment à trouver les solutions innovantes
dans des domaines tels que les dispositifs d'arrêt de véhicules,
la détection de drogues et d'explosifs, la protection des
fonctionnaires, la miniaturisation des capteurs, la
vidéoprotection intelligente, la transmission de données
sécurisée, la fouille des données sur internet, la
reconnaissance faciale, les nouvelles technologies de
biométrie...
Une ligne de crédits sera donc dégagée pour favoriser
l'implication des petites et moyennes entreprises innovantes
dans ces travaux et participer aux travaux de normalisation
intéressant la sécurité.
3. La modernisation
du système d'alerte des populations
En dehors des 2 000 sirènes communales, le réseau national
d'alerte, composé de 4 300 sirènes dont 3 900 opérantes, date de
1950. Ni sa technologie obsolète, ni sa vocation, ni son
implantation ne répondent plus aux objectifs actuels, a fortiori
ceux de demain. Il est donc indispensable d'adopter un nouveau
système d'alerte.
Celui-ci, présent dans les grandes agglomérations et les bassins
de risques, devra pouvoir utiliser les technologies les plus
modernes et être déclenché de manière sélective. En particulier,
le nouveau système d'alerte devra être en mesure de répondre aux
risques de tsunami.
Le nouveau système sera réalisé d'ici à la fin de la période de
programmation de la LOPPSI : il comprend une modernisation du
réseau traditionnel, ainsi que la mise en œuvre d'un système
permettant la diffusion de l'alerte dans un périmètre défini par
l'envoi de messages SMS à tout détenteur de GSM (système dit «
cell broadcasting »), ainsi que l'établissement de conventions
de partenariat avec les médias.
4. Des technologies nouvelles au service des victimes
Les moyens technologiques doivent contribuer à la qualité du
service offert aux citoyens et en particulier aux victimes,
au-delà de l'amélioration de l'efficacité des forces de l'ordre
en matière de prévention des crimes et délits et de leur
élucidation.
Des procédures dématérialisées
L'utilisation d'internet pour le signalement des faits et la
disponibilité des bases d'information ou documentaires sont des
vecteurs d'amélioration de la satisfaction des citoyens. Ces
innovations doivent être envisagées en toute sécurité pour ne
pas altérer la confiance que le public porte aux forces de
l'ordre.
Des auditions des gardes à vue enregistrées pour une plus grande
sécurité
Dans le cadre de la réforme de la justice, ce dispositif
contribuera à mieux sécuriser les procédures et donc à améliorer
la qualité du service fourni aux victimes.
Un accueil irréprochable
Il reste une priorité en phase avec les nouveaux modes de vie de
nos concitoyens. La confidentialité des échanges sera facilitée
par un réaménagement des locaux d'accueil. Un réseau de bornes
visiophoniques, déployé dans les 4 300 unités de gendarmerie,
permettra de mieux répondre aux sollicitations du public et des
plaignants.
Ces efforts d'accueil devront d'ailleurs s'inscrire dans une
démarche globale de qualité, pour offrir le meilleur service au
public. Le développement de projets de service aux différents
niveaux de l'organisation garantira l'adaptation permanente du
service public aux exigences de la population et à l'évolution
de la société.
5. Moderniser le parc automobile dans le cadre
d'une politique de développement durable
Fortes collectivement de quelque 245 000 agents, la gendarmerie
et la police se situeront au premier plan de l'action publique
en faveur du développement durable. Une modernisation du parc
automobile sera entreprise par un plan de réforme des véhicules
les plus anciens, souvent les plus polluants et entraînant des
coûts de maintenance élevés.
Une dotation de référence sera définie afin de ramener le parc
automobile de la police vers une cible de 28 500 véhicules, pour
31 500 aujourd'hui. Cette baisse qui dépasse l'évolution
programmée du plafond d'emplois témoigne de l'effort
d'optimisation de la gestion du parc automobile. Pour ce qui
concerne la gendarmerie, le même effort de rationalisation
permettra une réduction de son parc automobile de 3 000
véhicules d'ici 2012, ramenant sa dotation à 29 000 véhicules.
Les deux forces se fixent pour objectif de parvenir à ce que 50
% des véhicules acquis chaque année rejettent moins de 130
grammes de dioxyde de carbone au kilomètre.
Enfin, les procédures de certification des garages de la police
seront généralisées afin de parvenir à une gestion rigoureuse
des déchets industriels. S'agissant de la gendarmerie, la
gestion de ces déchets est externalisée.
IV. ― Rénover le management des ressources
et les modes d'organisation
1. Mettre un terme à l'emploi des policiers et des gendarmes
dans des fonctions qui ne sont pas strictement liées à leur cœur
de métier
L'efficacité des forces de gendarmerie et de police impose
qu'elles se consacrent à leurs métiers et ne soient pas
employées dans des tâches auxquelles elles ne sont pas
destinées. Le transfert des tâches administratives et techniques
actuellement remplies par des policiers et des gendarmes à des
agents spécialisés dans ces fonctions sera mis en œuvre avec
ambition.
Au sein de la police, les effectifs des personnels
administratifs, techniques et scientifiques représenteront au
moins 21 000 ETPT (équivalent temps plein travaillé) d'ici à la
fin de la période de programmation de la LOPPSI. Cet objectif
évoluera en fonction des restructurations de services
territoriaux et de la montée en puissance des applications
métiers.
Au sein de la gendarmerie, le système de soutien doit
radicalement évoluer au travers d'une politique volontariste de
transformation de postes de sous-officiers et officiers de
gendarmerie en personnels militaires du corps de soutien de la
gendarmerie et en personnels civils dont le nombre passera de 6
000 à 10 700 en 2017.
En outre, l'apport des nouvelles technologies conduira à
rechercher la suppression des missions de garde statique et de
toutes les tâches non directement liées aux missions de sécurité
pour permettre un réengagement plus dynamique des forces dans le
domaine de la sécurité publique.
En tout état de cause, les évolutions annoncées de l'emploi
public au cours des années à venir rendent indispensable que
gendarmes et policiers soient déchargés d'activités non
directement liées à leurs missions de sécurité.
Dans ce cadre, à l'instar de la fonction habillement au sein de
la police, la solution de l'externalisation sera examinée à
chaque fois qu'elle est susceptible d'assurer un service de
qualité au moins égal avec un coût moindre par rapport à
l'organisation actuelle. Tel sera particulièrement le cas pour
les fonctions logistiques comme l'habillement dans la
gendarmerie, la gestion immobilière et celle du parc des
autocars.
2. Faire de l'immobilier un levier
de la modernisation
Au-delà de l'enjeu majeur que représentent le relogement et le
développement des capacités des laboratoires de police technique
et scientifique évoqués supra, l'adaptation du patrimoine
immobilier des forces de sécurité intérieure constitue un levier
majeur de la modernisation des services et de la rationalisation
des dépenses de fonctionnement.
Les procédures innovantes de construction prévues par la loi
d'orientation du 29 août 2002 seront pérennisées tout en
veillant à ce que le coût global des opérations immobilières
soit maîtrisé.
Le patrimoine immobilier des forces mobiles
La rénovation du patrimoine immobilier des CRS sera réalisée
dans le cadre d'une rationalisation de l'implantation des
structures correspondant aux besoins opérationnels. Des
économies d'échelle seront recherchées par un regroupement des
implantations territoriales.
Un regroupement dans les grandes agglomérations et, en
particulier, autour de Paris, sera opéré afin de rapprocher les
forces mobiles de leurs terrains privilégiés d'intervention.
De nouveaux cantonnements seront construits en Ile-de-France
afin de réduire les coûts d'hébergement des unités.
Les sites de formation
La gendarmerie est en passe d'achever le schéma directeur de ses
écoles et centres de formation qui vise, dans une démarche de
gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des
compétences (GPEEC), à mettre en adéquation la capacité
d'acquisition des compétences avec l'estimation du besoin en
formation sur les années à venir.
Quatre sites de formation initiale de la gendarmerie nationale
ont ainsi été fermés en 2009 : Libourne, Châtellerault, Le Mans
et Montargis. Le choix de ces quatre écoles s'est opéré en
tenant compte des besoins de formation de la gendarmerie, tant
pour les sous-officiers que pour les gendarmes adjoints
volontaires, des modalités fonctionnelles propres à la formation
initiale de ces personnels et de l'état du patrimoine existant.
Huit centres de formation de la police (CFP) ont été fermés et
trois autres ont été transformés en 2009 conduisant à une
rationalisation des capacités de formation. Compte tenu des
besoins prévisionnels de la formation initiale au sein de la
police, plusieurs écoles seront fermées en 2010 et 2011. Les
critères retenus seront équivalents à ceux retenus pour les
écoles de la gendarmerie.
Une solution de relogement sera étudiée pour l'Ecole nationale
supérieure des officiers de police, actuellement installée à
Cannes-Ecluse (77).
L'institut de formation des personnels administratifs,
techniques et scientifiques de la police, implanté à
Gif-sur-Yvette, sera transformé et installé à Lognes, nouveau
pôle de formation mutualisée pour l'ensemble des services du
ministère. Le Centre national d'études et de formation de
Gif-sur-Yvette (CNEF) sera lui aussi adapté et transféré sur le
site de Lognes.
Un service public rénové dans les quartiers en difficulté
Les besoins immobiliers de la préfecture de police et de la
sécurité publique dans les circonscriptions couvrant des zones
sensibles, en particulier en Ile-de-France et dans les grandes
agglomérations, seront traités avec la plus grande attention.
L'état de vétusté du parc, l'insuffisance des capacités
immobilières et les niveaux de délinquance des zones concernées
constitueront les principaux critères de choix des projets.
Les conditions d'accueil des usagers, notamment des victimes,
seront une des priorités de la modernisation immobilière des
services de police. L'accueil devra permettre une prise en
charge individualisée des victimes et des conditions favorables
pour les dépôts de plaintes.
L'intervention complémentaire de personnels spécialisés dans la
prise en charge des victimes (psychologues, assistants sociaux)
devra être prise en compte dans les projets immobiliers de la
sécurité publique par la mise à disposition de locaux
appropriés.
Parallèlement, l'immobilier de la sécurité publique devra mettre
l'accent sur la poursuite de la modernisation et de
l'humanisation des locaux de garde à vue.
Consolider le patrimoine immobilier de la gendarmerie
A l'occasion de la loi de programmation précédente, un effort
marqué a été engagé au profit de l'immobilier de la gendarmerie.
Il est nécessaire de le prolonger dans le cadre de la LOPPSI et
d'achever la réhabilitation du parc en veillant à assurer aux
personnels et à leurs familles des conditions de travail et de
vie en rapport avec les normes actuelles, tout en garantissant
un haut niveau de qualité environnementale.
Un effort tout particulier de maintenance préventive à des
niveaux conformes aux standards du marché permettra de conserver
toute sa valeur au patrimoine immobilier de l'Etat et d'éviter
l'entretien curatif particulièrement onéreux.
3. Des carrières modernisées
pour des professionnels mieux accompagnés
Policiers et gendarmes exercent un métier particulièrement
exigeant et souvent dangereux. Cette réalité, a fortiori dans
une période marquée par de nombreuses réformes et un objectif
accru d'optimisation des moyens, exige un accompagnement
renforcé des personnels dans leur vie professionnelle et privée.
A cet effet, un observatoire des emplois, des métiers et des
compétences commun à la police et à la gendarmerie sera mis en
place et un bilan social annuel sera élaboré pour la police
nationale dès 2010.
La charte du dialogue social sera mise en œuvre.
a) Une formation moderne, rigoureuse, adaptée aux nouveaux
enjeux.
La gendarmerie maintiendra la formation d'un encadrement
spécialisé en logistique opérationnelle en mesure d'être engagé
en situation de crise sur le territoire métropolitain, outre-mer
et en opérations extérieures.
Par ailleurs, les officiers de gendarmerie issus du rang,
désormais recrutés par concours, recevront une formation d'une
durée d'un an adaptée à leurs futures responsabilités. Réalisée
par l'école des officiers de la gendarmerie nationale, elle
permettra l'acquisition des connaissances indispensables à
l'exercice d'un commandement et sera sanctionnée par
l'attribution d'un diplôme.
Les policiers doivent faire face aux exigences d'une police
nationale efficace, proche des citoyens, réactive et capable
d'anticiper les nouvelles formes de criminalité. Chaque agent
est concerné par les enjeux d'une formation moderne, rigoureuse
et adaptée aux priorités que sont :
― le développement de pôles d'excellence pour la formation
initiale ;
― l'élargissement du domaine de la police technique et
scientifique ;
― l'accentuation de la formation continue, condition d'une
promotion tant personnelle que sociale à laquelle chaque
policier doit pouvoir accéder tout au long de sa carrière.
La formation initiale fera une place importante à trois domaines
essentiels : la déontologie, la communication, pour être en
capacité d'expliquer, de justifier l'action menée et les mesures
prises, et l'international, qui va intéresser un nombre de plus
en plus grand de policiers en raison de la mondialisation des
problématiques et de l'européanisation des procédures.
Les formations initiales des commissaires, des officiers et des
gardiens de la paix viennent d'être rénovées. Celles des agents
des corps administratifs, techniques et scientifiques seront
développées pour tenir compte de leurs responsabilités
nouvelles.
En outre, le caractère obligatoire des formations continues
liées aux franchissements de grades sera élargi aux changements
professionnels importants, tels que la prise du premier poste de
chef de circonscription par un officier ou celle de directeur
départemental. Dans un même esprit, les gradés du corps
d'encadrement et d'application disposeront d'une préparation
accrue dans les domaines correspondant aux fonctions, jusque-là
exercées par des officiers, auxquelles ils sont progressivement
appelés.
Enfin, une attention particulière sera portée à l'accueil en
nombre croissant de stagiaires étrangers et au renforcement de
la dimension internationale des cycles de formation pour les
commissaires et officiers de police.
b) Des déroulements de carrière répondant aux besoins des forces
et reconnaissant les mérites individuels.
Donner toute sa place à la filière administrative, technique et
scientifique
La montée en puissance des personnels administratifs, techniques
et scientifiques sur les emplois relevant de leurs compétences,
en lieu et place des personnels actifs revenant sur leur cœur de
métier, constitue une priorité de la LOPPSI.
Cette ambition passe par la définition précise des besoins et,
par conséquent, par la mise en œuvre d'un recrutement spécifique
adapté à ces métiers.
Le choix du développement de filières spécifiques de
fonctionnaires sous statut ou de contractuels se pose d'autant
plus que beaucoup de ces métiers nécessitent une technicité
particulière, a fortiori au moment où les différents services de
police s'engagent dans l'utilisation renforcée de technologies
sophistiquées.
A cet égard, une attention toute particulière sera portée aux
besoins spécifiques de la direction centrale du renseignement
intérieur (DCRI), en cohérence avec les préconisations du livre
blanc sur la défense et la sécurité.
Le régime indemnitaire de ces personnels sera fixé en fonction
des responsabilités leur incombant.
Des outils de motivation accrus
Introduite dans la LOPSI 2003-2007, confortée par le protocole «
corps et carrières » de la police, la culture du résultat
constitue désormais un axe stratégique de la gestion des
ressources humaines pour mieux récompenser la performance
individuelle et collective.
La manière de servir et les résultats obtenus doivent
progressivement devenir un élément essentiel de l'évaluation
annuelle, mais également d'une part du système indemnitaire. Ce
mode de management devra être développé. Il convient désormais
de parfaire les nouvelles grilles d'évaluation des commissaires
de police et des officiers en y intégrant les éléments relatifs
aux objectifs qui leur sont fixés (objectifs, actions et
indicateurs).
L'expérimentation de la contractualisation sur les postes
particulièrement difficiles, et pour lesquels des difficultés de
recrutement existent, prendra fin au début de l'année 2010. Elle
sera intégrée dans le nouveau système d'indemnité lié à la
performance et concernera 250 postes, conformément au protocole
signé avec les organisations syndicales le 8 avril 2009. Elle
pourra être étendue au corps de commandement.
Les régimes indemnitaires pour les corps de conception et
direction et de commandement devront davantage être liés à la
difficulté des responsabilités exercées, aux résultats, à la
manière de servir et non plus seulement au grade détenu.
La prime de résultats exceptionnels a été consolidée et dotée de
25 millions d'euros en 2008, ce qui constitue un montant minimal
pour les années ultérieures. Afin de récompenser de façon
substantielle la performance individuelle et collective, elle
sera attribuée à environ 30 % des effectifs du programme «
Police nationale ».
En outre, la culture du résultat s'inscrira dans la mise en
place de projets de service pour chaque service de police en
relation avec le public. Ces projets relèveront des règles de
l'assurance qualité qui permettront d'évaluer l'atteinte des
objectifs. Chaque chef de service répondra de leur mise en
œuvre.
Optimiser le temps de travail effectif des fonctionnaires de
police et leur répartition sur le territoire
Cet objectif majeur du protocole « corps et carrières » sera
atteint en 2012. Les régimes de travail ont connu, au cours des
dernières années, des modifications qui ont eu pour effet de
produire des heures supplémentaires sans que la productivité du
processus soit systématiquement assurée. L'institution ne peut
conserver une telle contrainte opérationnelle et financière. Les
négociations avec les organisations représentatives des
personnels devront aboutir à une solution pérenne préservant le
potentiel opérationnel des forces de police.
Dans ce cadre, en application du protocole signé à l'automne
2008, ont été supprimés l'heure non sécable ainsi que plusieurs
jours de RTT.
Enfin, les mesures prises depuis 2002 pour adapter la
répartition des effectifs sur le territoire aux besoins
opérationnels seront consolidées et amplifiées. La définition
des effectifs départementaux de fonctionnement annuel sera
affinée, tout particulièrement à partir des évolutions de la
démographie et de la délinquance.
Une nouvelle politique de fidélisation en Ile-de-France
La région parisienne souffre d'un déficit structurel de
candidats aux différents métiers de la police. Les lauréats de
concours qui ne sont pas d'origine francilienne ont souvent
l'objectif de retourner dans leur région d'origine en raison du
coût de la vie, plus particulièrement du logement, et des
conditions de travail dans certaines zones sensibles.
Dès lors, les services de police, qui sont fréquemment
confrontés aux missions les plus difficiles, disposent de
personnels peu âgés, sans l'expérience nécessaire aux
contraintes opérationnelles et pressés de trouver une autre
affectation.
Au-delà des dispositions statutaires qui obligent désormais les
fonctionnaires de police à rester pour une durée minimale de
cinq ans dans leur première région administrative d'affectation
(principalement la région parisienne), de nouvelles mesures
seront progressivement mises en œuvre dans le prolongement de
celles déjà intervenues ou en cours d'exécution :
― création d'un concours à affectation nationale et d'un
concours à affectation régionale en Ile-de-France assorti d'une
durée minimale d'exercice de fonctions de huit ans par le
décret n° 2009-1551 du 14 décembre 2009 ;
― prise en compte de l'expérience acquise par les agents
affectés dans des circonscriptions et services territoriaux
difficiles d'Ile-de-France ; une voie d'avancement consacrée à
la reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle
sera créée pour ces agents, conformément au
décret n° 2009-1551 du 14 décembre 2009.
En outre, la poursuite de la refonte du dispositif indemnitaire
de fidélisation permettra de mieux rémunérer les fonctionnaires
actifs exerçant leurs missions en Ile-de-France, tandis que des
mesures d'accompagnement, notamment pour le logement,
contribueront à cet effort (cf. d ci-après).
Une meilleure respiration des carrières au sein de la police
Le protocole « corps et carrières » a eu notamment pour objectif
de mieux distribuer les fonctions entre corps. Des ajustements
complémentaires aux mesures de repyramidage et d'accès au corps
supérieur, comme l'amélioration de la voie d'accès
professionnelle au corps de commandement, sont nécessaires.
Rendre plus attractives les carrières au sein de la gendarmerie
Offrir des parcours de carrière attractifs et rémunérer ces
professionnels à hauteur des contraintes, des sujétions et des
responsabilités exercées constituent les deux objectifs
prioritaires de la gendarmerie.
Le niveau de recrutement au concours externe (universitaire)
sera aligné sur celui des officiers recrutés en sortie des
grandes écoles militaires. La carrière des officiers les plus
performants sera accélérée grâce à la modification du
décret n° 2008-952 du 12 septembre 2008 portant statut
particulier du corps des officiers de gendarmerie. En outre, la
prise de responsabilités élevées, notamment lors de l'accession
à des postes de commandements territoriaux, sera mieux
valorisée.
Pour ce qui concerne les sous-officiers, trois voies
d'avancement coexisteront, permettant à chaque personnel
méritant d'accéder à une promotion :
― une voie « encadrement-commandement », qui représentera au
moins 80 % des promotions, pour les titulaires des diplômes
d'officier de police judiciaire, d'arme, de spécialité, du GIGN,
avec promotion systématique au grade de maréchal des logis-chef
l'année qui suivra l'obtention des titres requis, sauf cas
particuliers ;
― une voie « professionnelle », au choix et jusqu'au grade
d'adjudant-chef, dans la limite de 10 % des promotions
annuelles, pour les sous-officiers expérimentés possédant au
moins quinze ans de service pour l'accession au grade de
maréchal des logis-chef et qui ont exercé des responsabilités
avérées ;
― une voie « gestion des fins de carrière », au choix et
jusqu'au grade d'adjudant, dans la limite de 10 % des promotions
annuelles pour les sous-officiers du grade de gendarme les plus
méritants.
Le repyramidage initié depuis 2005 par le PAGRE sera poursuivi.
Il visera à assurer des normes d'encadrement comparables avec
celles en vigueur dans les corps similaires de la fonction
publique civile et à assurer la juste reconnaissance des
responsabilités exercées par des parcours professionnels
attractifs et valorisants. Ce pyramidage sera mis en œuvre
jusqu'en 2012 et atteindra les cibles suivantes : 62 % de
gendarmes et maréchaux des logis-chefs, 29 % d'adjudants,
adjudants-chefs et majors et 9 % d'officiers.
c) Des carrières plus ouvertes.
Des passerelles statutaires entre police et gendarmerie
Le rapprochement des deux forces, avec le développement de la
mutualisation et de la coopération dans de nombreux domaines,
conduira à la mise en place de passerelles statutaires
permettant aux policiers d'intégrer la gendarmerie et,
réciproquement, aux gendarmes de rejoindre la police.
La réalisation de cet objectif se traduira notamment par
l'ouverture aux adjoints de sécurité du concours d'accès au
corps des sous-officiers de gendarmerie, d'une part, aux
gendarmes adjoints volontaires du concours interne d'accès au
corps d'encadrement et d'application, d'autre part.
Une autre passerelle statutaire, entre les titulaires des grades
de gardien de la paix et de gendarme, sera instaurée afin de
faciliter la mobilité entre les corps des deux forces. Les
statuts seront modifiés en conséquence.
Un recrutement plus diversifié
De manière plus générale, le statut particulier du corps des
sous-officiers de gendarmerie sera modifié pour ce qui concerne
le recrutement. Le concours pour tous et la détention du
baccalauréat seront la règle pour les recrutements externes tout
en maintenant, au titre de la politique d'intégration et de
l'égalité des chances, une proportion d'au moins un tiers de
recrutement interne sans exigence de diplôme.
Par ailleurs, des mesures spécifiques seront prises pour aider
les jeunes diplômés de milieux défavorisés à accéder aux corps
d'officiers de gendarmerie. Ainsi, une classe préparatoire
intégrée sera créée pour favoriser la réussite au concours
d'entrée à l'école des officiers de la gendarmerie nationale.
Le dispositif des cadets de la République sera adapté et
consolidé, notamment pour tenir compte des niveaux de
recrutement dans la police et la gendarmerie ainsi que des
besoins dans le secteur de la sécurité privée.
Consolider le recours à la réserve militaire
La politique de la réserve militaire, véritable service citoyen,
sera poursuivie. L'admission dans la réserve reflète aujourd'hui
un véritable modèle tant opérationnel que d'intégration. En
2008, plus de 26 000 réservistes servaient en gendarmerie,
dix-huit jours par an en moyenne, rémunérés en missions
opérationnelles, aux côtés de leurs camarades d'active. Cette
réserve opérationnelle constitue un relais essentiel entre la
société civile et l'esprit de service indispensable à la
sécurité de nos concitoyens. Elle est mise en œuvre dans un
cadre territorial de proximité. La ressource allouée sera
consolidée sur la période 2010-2013.
Elargir l'accès à la réserve civile et poursuivre sa montée en
puissance
La réserve civile de la police nationale répond aujourd'hui aux
objectifs qui lui ont été fixés depuis 2003. Elle apporte un
appui essentiel aux fonctionnaires en activité dans l'exercice
de leurs missions. Aussi, pour ajuster la capacité
opérationnelle des services de police, voire la renforcer en cas
de crise grave, il est prévu de doubler, au moins, son potentiel
d'ici à la fin de la LOPPSI.
L'harmonisation des réserves de la police et de la gendarmerie
sera renforcée par l'ouverture de la réserve civile de la police
à d'autres publics que les retraités des corps actifs.
Cette orientation développera le lien police-population et
l'adhésion aux enjeux de sécurité. Une telle diversification du
recrutement prolongera les dispositions déjà prises par la
gendarmerie.
La future réserve de la police aura donc vocation à accueillir
aussi bien des jeunes intéressés par une expérience valorisante
que des spécialistes sur des fonctions correspondant à leurs
compétences dont la police serait déficitaire.
Les réservistes disposeront d'une formation pour des missions
d'un format comparable à celles confiées aux réservistes de la
gendarmerie. La définition de ces missions prendra en compte les
spécificités de leur environnement et l'organisation des
services. Enfin, la formation des réservistes leur permettra
d'acquérir la qualification d'agent de police judiciaire
adjoint.
Inciter les adjoints de sécurité (ADS) à mieux préparer leur
projet professionnel
Les ADS, agents contractuels, interviennent en appui des
fonctionnaires de police. Leur cadre d'emploi constitue une voie
privilégiée pour l'intégration de jeunes issus de milieux en
difficulté.
Si, pour la plupart d'entre eux, ces agents intègrent le corps
d'encadrement et d'application par la voie du concours interne,
le dispositif actuel ne les incite pas suffisamment à préparer
leur projet professionnel.
Dans cette perspective, la formule de deux contrats de trois ans
viendra se substituer au contrat actuel de cinq ans. De même,
pour pallier les risques inhérents à la recherche d'un emploi
au-delà de la limite d'âge actuelle, qui est de vingt-six ans,
celle-ci sera portée à trente ans.
Ce dispositif sera accompagné d'un effort accru en matière
d'aide à la reconversion.
d) Des agents soutenus dans leur vie professionnelle et privée.
La gendarmerie s'est dotée d'un dispositif de soutien
psychologique placé au niveau central, compétent sur la totalité
du territoire national. Compte tenu de la montée exponentielle
des besoins exprimés par les unités opérationnelles, la
gendarmerie étudiera la nécessité de créer une chaîne
territoriale de soutien psychologique de proximité dont la
vocation sera d'assurer le suivi des personnels confrontés à des
événements traumatiques importants liés au service.
De son côté, la police renforcera l'accompagnement de ses agents
dans leur vie quotidienne :
― le nombre de réservations de logements, en particulier pour
les policiers affectés en Ile-de-France, aura doublé au terme de
la LOPPSI ;
― la création annuelle de 100 places supplémentaires de crèches
sur la période 2009-2013, en Ile-de-France, apportera une aide
significative à la petite enfance ;
― toutes les familles monoparentales d'Ile-de-France disposent,
depuis 2009, d'un chèque emploi-service universel ; ce
dispositif pourra progressivement être étendu aux bassins
d'emploi rencontrant sur le territoire national une situation
identique à celle de l'Ile-de-France.
L'accompagnement des agents dans le déroulement de leur carrière
sera de règle. En particulier, l'accompagnement de la mobilité
tiendra compte de tous les impacts de celle-ci sur la vie des
agents. Les nouveaux dispositifs d'évaluation mis en place
devront aussi permettre, grâce à la généralisation des fiches de
poste, une meilleure lisibilité des carrières à travers la mise
en œuvre de véritables plans de carrière.
e) L'application de la parité globale.
Dans le respect de l'identité des forces de gendarmerie et de
police, une parité globale devra assurer l'équilibre de
traitement pérenne voulu par le Président de la République.
Par une approche concertée, l'harmonisation devra être
constamment recherchée pour corriger les disparités susceptibles
d'apparaître dans le domaine de la gestion des ressources
humaines.
Au-delà des différences structurelles, la mise en œuvre de
composantes communes permettra, tout en gommant les points de
divergence, de concrétiser une fonction publique policière
cohérente et moderne.
La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 14 mars 2011.
Nicolas Sarkozy
Par le Président de la République :
Le Premier ministre,
François Fillon
Le ministre de la défense,
et des anciens combattants,
Gérard Longuet
La ministre de l'écologie,
du développement durable,
des transports et du logement,
Nathalie Kosciusko-Morizet
Le garde des sceaux,
ministre de la justice et des libertés,
Michel Mercier
Le ministre de l'intérieur,
de l'outre-mer, des collectivités territoriales
et de l'immigration,
Claude Guéant
La ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie,
Christine Lagarde
Le ministre du budget, des comptes publics,
de la fonction publique et de la réforme de l'Etat,
porte-parole du Gouvernement,
François Baroin
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